‹ Les chasses de François Ier racontéesChapitre 4 sur 52 · V. Deville, Tombeaux de la cathédrale de Rouen, p · texte numérisé non relu

V. Deville, Tombeaux de la cathédrale de Rouen, p

3. V. baron Pichon, le Livide de chasse du grand sénéchal. — V. Étude de M. d'Arcy sur J. de Brézé. — Biblioth. de VÉcole des Chartes^ 2^ année, 2« série.

nous a donné une édition si curieuse par l'introduction et les notes qui l'accompagnent*.

Jacques de Brézé ayant surpris sa femme, Charlotte de France, dont il avait six enfants, en flagrant délit d'adultère, la tua elle et son complice. Cela se passait le 3i mai 1477. Condamné à mort, le 22 septembre 148 1, il obtint grâce de la vie moyennant une amende de 100,000 écus d'or, dont il se racheta par la cession de tous ses biens, le 6 octobre 1481. Dans le même mois, Louis XI les abandonnait à Louis de Brézé et aux autres enfants de Jacques. Cette date a son importance, car voici une lettre de Louis de Brézé du 6 janvier suivant, où il cherche par tous moyens à se bien mettre dans l'esprit et les bonnes grâces du soupçonneux monarque. L'exemple de son père lui avait profité.

« Sire,

« Tant et si humblement que faire puis à votre bonne grâce me recommande ; plaist vous sçavoir, Sire, que je vous envoie la plus viste levrière et la plus hardie de vostre royaulme, et si vous voulez

I. Le baron Jérôme Pichon est l'heureux possesseur du seul exemplaire imprimé connu, et d'un manuscrit du même livre acheté par lui à la vente Huzard. V. Introduction du Livre de chasse du grand sénéchal^ p. xviii et xix.

sous LES VALOIS. iS

jamais avoir de bonne race de l'ung de voz deux lévriers blancs, faictes en la saillie duquel qu'il vous plaira, car elle porte les plus puissants lévriers du monde et les plus beaux ; s'il vous plaist, quant elle sera saillie, me la laisser en garde, il n'y a homme au monde qui vous nourrisse mieulx les lévriers que je feray.

a Sire, je commence fort à apprendre à aller, et mais que j'en sois ung peu meilleur maistre, je iray devers vous pour vous monstrer que je voys de bon pie en avant; vous suppliant, Sire, qu'il vous plaist me commander vos bons plaisirs pour vous obéir» comme celui qui veult vivre et mourir en les accomplissant, priant le benoist Filz de Dieu qu'il vous donne très-bonne vie et longue, avec l'entier accomplissement de voz vertueux et magnanimes désirs. Escript en vostre chasteau de Rouen, le vi® jour de janvier 1 481 -1482*.

« Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

« Brézé. »

I. Bibliotli. impériale de Saint-Pétersbourg, Recueil de lettres originales du xv« siècle. Documents français, n» 71 . En Normandie, on se servait depuis longtemps de lévriers.

Le roi Jean-sans-Terre, le 11 février i2o3,fait passer Alain Wasteheuse de Barfleur en Angleterre, avec ses chevaux et ses lévriers. V. Rotuli Norm., p. 76.

l6 LA CHASSE

Louis de Brézé servit glorieusement sous quatre rois*; mais l'homme de guerre est méconnu, ses services oubliés. Ce qui lui a valu de rester dans la mémoire de tous, c'est d'avoir été le mari de Diane de Poitiers ; voilà son grand titre auprès de la pos* térité. Tout le reste, on ne s'en souvient plus.

Blois était le séjour préféré de François I"; il en avait en partie construit le château, commencé par Louis XIL Bernard de Médicis écrivait à Cosme I", de Fontainebleau :

« Le Roy a un peu de fièvre: dès qu'il ira mieux, il partira pour Blois ; on a de grands projets de chasse^. »

Blois, en effet, était admirablement approprié à la chasse. Le vénitien Navagero, qui nous a raconté son voyage en France, en i528, dépeint ainsi Blois et ses magnificences : « On y admire deux jolis jardins, et dans l'un des deux un labyrinthe avec un enclos en bois. A l'entrée du jardin on voit deux grandes

En 1200, ce même Alain se trouvait à Montfort-sur-Risle avec les chiens de Jean-sans-Terre. Id., p. 24.

Edouard III, nous dit Froissart, avait à sa suite trente fauconniers à cheval, chargés d'oiseaux, soixante couples de forts chiens et autant de lévriers^ dont il alloit chacun jour en chasse.

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