CHASSE DU COUGUAR
Le caïman est un des plus redoutables ennemis du couguar, et en effet, comme le dit La Condamine, une lutte entre ces deux monstres doit être un émouvant spectacle.
Le carnassier, connaissant l'endroit vulnérable, enfonce ses griffes dans les yeux du reptile ; celui-ci plonge, entraînant le couguar qui se laisse noyer plutôt que de lâcher prise, ou peut-être bien parce qu'il ne peut retirer assez vite ses griffes engagées trop profondément.
Quoi qu'on pense de ces terribles rencontres, qui doivent d'ailleurs être fort rares, il n'en demeure pas moins certain <}ue l'adversaire le plus dangereux du couguar c'est
l'iioinme, soit qu'il le prenne dans des pièges, soit qu'il l'attaque avec l'aide du chien.
I^es Gauchos trouvent un plaisir tout particulier à chas> ser le couguar dans les pampas de la Plata. Ils lâchent de grands chiens sur lui en rase campagne, et, lorsque ces derniers l'ont arrêté, ils le tuent avec les botas (ou boules) qui se lancent à la main. D'autres fois, ils le poursuivent sur leurs rapides coursiers, lui jettent le lasso autour du cou et, partant au galop, ils le traînent derrière eux jusqu'à ce qu'il soit étranglé.
Ordinairement, dès que le couguar aper^it un bomme, il disparaît aux yeux avec promptitude, parce qu'il sait admirablement se cacher. On ne peut guère l'atteindre en forêt; car, dès que les chiens leroeltentdebout, il saute sur un arbre, pasbe sur un autre et ainsi de suite, si bien qu'on le perd vite de vue. Ce n'est que dans son premier sommeil du matin qu'il est facile de le surprendre avec la meute; dans ce cas, force luiestdese défendre; mais il succombe presque toujours, si peu queles chiens soient grands,,forts, mordantset bien dressés. Au besoin, du reste, les chasseurs sont à portée et peuvent, pendant qu'une dizaine de toutous le tiennenten respect, lui enfoncer une pique dans le cœur ou lui envoyer une balle dans la tête.
Cette chasse, pour peu qu'on soit prudent, n'offre aucun danger ; il n'y a en ^et pas grande crainte à avoir de cet animal, même blessé et surexcité par la douleur, puisqu'il ne montre pas seulement le courage du désespoir, tant sa lAcbeté est grande 1