CHASSE DES ANIS
Le tyran (1) est l'ennemi intime de Tani ; il ne le tue pas souvent, mais il le maltraite tellement, dès qu'il le voit voler avec lourdeur, qu'on trouve rarement un seul de ces oiseaux dont la longue queue soit en parfait état. Ce n'est du reste qu'en se réfugiant dans l'herbe ou au milieu d'un épais buisson d'épines que la victime peut échapper à son bourreau.
. Le faucon, aussitôt qu'il apparaît au-dessus de la savane, est signalé par un des anis; le silence alors règne parmi toute la troupe ailée; blottie, elle ne bouge plus. Souvent, par suite de cette intelligente manœuvre, la chasse de cet oiseau est manquée.
c Gomme d'autres volatiles du désert, dit Humboldt, les anis se défient si peu de l'homme qu'un enfant peut souvent les prendre avec la main. Dans la vallée d'Aragua, où ils
(1) Le pternure tyran, rUrutaurana des Amôrîcains du Sud, fort bel aquiUdé.
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LE PTERQGLOSSE ARACARI
L'aracari, Faraamri des Brésiliens, est une des espèa les plus belles et les plus communes du genre. Il mesui 0"47 de long, l'aile 0"16 et la queue O^IS.
Cet oiseau a les parties supérieures d'un vert foncé, éclat métallique; la tète et le cou noirs; les joues d'u brun-violet, à reflets; la poitrine et le ventre d'un ver jaune clair; une bande qui occupe le milieu du ventre i le croupion rouge ; la queue d'un vert noir à la face sup Heure, d'un gris-vert à la face inférieure; l'œil brui entouré d'une place nue d'un noir-ardoise ; la mandibu supérieure d'un blanc jaunâtre, sauf l'arête qui estnoii ainsi que l'angle de la bouche et la mandibule inférieur cette dernière étant bordée de blanc vers sa base; 1< pattes d'un gris verdâtre.
L'aracari, au dire du prince de Wied, habite toutes k forêts vierges du Brésil et de la Guyane anglaise, où il ei assez commun.
Il vit par paires et, hors l'époque des amours, par petitE bandes, qui parcourent la contrée j usqu'au printemps. A I saison froide, surtout au moment de la maturité de laplt part des fruits, il quitte souvent les forêts pour la côte < le voisinage des plantations.
Le vol de ces oiseaux est ondulé, saceadé, et n'exige pa
de fivqueots coups d*ailes. Ils se rassemblent ToIoDtiers puur harceler les npaces et les hiboux.
Le ptêavlosse mange des firuits, mais là ne se boroe pas son ordinaire; il y ajoutedes insectes de toute sorte et même des coléoptères assez gros.
Bum^eister donne du reste une description courte mais saisissante des allures de ces oiseaux. « Une famille d'aracaris était établie à la cime d*un arbre très grand et était occup^^ à en cueillir les fruits; toute la hsnde manifestait son ontenteniait par des caquetages« Je croyais rencontrer des perroquets, et je m^étonnais déjà de ne point les voir s envoler en poussant de grands cris; leurs allures étaieat en effet semblables, avec moins de prudence toutefois. Absorbés par la cueillette, ils s*appelaient de temps en temps et se laissaient observer à loisir. Quand op les effraie, chaque paire, comme chez les perroquets, tire de son côté. »
Les aracaris au repos hochent la queue à Finstar des pies. Ils nichent dans les creux des arbres et y pondent des œufs par couvée.
Sohomburgk nous apprend que les Indiens prennent souvent et élèvent des ptéroglosses, lesquels s'apprivoisent rapidement.
CHASSE DES ARACARIS
A répoque de la maturité des fruits, ces oiseaux fi*équeri les plantations, où on en tue beaucoup et où oq les prend aux pièges. Leur chair alors est grassç et exccill^nte.
« Bâtes raconte un fait singulier concernai^. ces vola-
lit-il, tiré UQ aracari perclié sur un arbre
imbre ravin. Il n'était que blessé et criait
ces au moment où j'allais le prendre. Au
out le ravin s'anima comme par enchan-
: les camarades de la victime, dont aupa-
pas vu un seul. Sautant de branche en
branche, ils arrivaient sur moi, se suspendant aux lianes.
i j'avais eu un (;rand bâton à la main, j'en aurais facile-
lent assommé plusieurs- Après avoir achevé le blessé, je
le mis en devoir de châtier leur témérité-, mais, dès que
?s cris de ma victime eureot cessé, tous ses compagnons
'enfuirent dans le plus épais du feuillage, et ils avaient
isparu jusqu'au dernier avant que j'eusse rechargé mon
jsil. >