LES TOUCANS
Les diverses espèces connues ont toutes le bec très grand, très épais à la base, fortement comprimé à la pointe, à arête aigûe; les tarses forts, élevés, recouverts de grandes écailles plaies; les doigts longs; la queue courte, arroDdie; les ailes courtes et obtuses. Leur longueur varie de 0"60 à 0"51 ; l'aile de (Tii k (n9 ; la queue deO-î4àO-n.
Comme ces espèces ont absolument les mêmes mœurs, il suBSra de rapporter à chacune d'elles ce que nous allons dire sur le toucan de Temminck, qui est le mieux connu, el qui se tient dans les forêts longeant les cêtes du Brésil.
Ces oiseaux vivent par paires depuis la saison des amours jusqu'au moment de la mue ; après, on les trouve en sociétés de quatre à cinq individus sur les arbres élevés, où ils se meuvent avec une légèreté qu'on ne leur supposerait point au premier aspect.
Perchés sur le faite d'un arbre ou h. l'extrémité d'une branche, ils se reposent après la recherche de leur nourriture et fontalors entendre leurvoix grondeuse ou sifilante, qui a quelque analogie avec les syllabes tacano. Les Indiens croient fermement qu'ils crient surtout k l'approche de la p uie.
I Ils votent assez bien en ligne droite et borizontalement,
battent des ailes bruyamment à intervalles inégaux et avancent plus vite qu'on ne le supposerait en les voyant. Pour passer d'un arbre à l'autre, ils planent lentement. Au vol, leur tête est toujours un peu penchée vers la terre.
Les toucans sont agiles, gais, craintifs et cependant curieux. Bien armés, vigoureux, ils mettent régulièrement en fuite tous les petits rapaces. Leur déâance, extrême tant qu'ils sont en minimes sociétés/ disparait lorsqu'ils se réunissent en grand nombre après la mue^ qui a lieu de mars à juin.
Leur nourriture ne se borne pointa des fruits; ils mangent encore des substances animales, de petits vertébrés, de petits oiseaux, voir même des poissons.
c Lorsque le toucan boit, dit Humboldt, il se csoniporte d'une façon bien singulière: enfonçant dans Teau la pointe de son bec, il aspire fortement le liquide i après quoi, relevant le bec, il le porte à droite et à gauche par des mouvements saccadés. »
On manque de détails sur le mode de reproduction de ces oiseaux ; on sait seulement qu'ils nichent dans les cavités des arbres, y pondant deux œufs; que les jeunes revêtent bientôt le plumage des adultes, mais que ce n'est qu'à deux ou trois ans que le bec prend sa couleur définitive
Les naturels ornent élégamment leurs têtes de parures faites avec les plumes rouges et jaunes que les toacais ont à la naissance de la queue. Quelques-uns en fabriqaent des coiffures et même des manteaux.
Pris jeunes, ces oiseaux deviennent des captifs très agréables ; ils s'apprivoisent, se montrent courageux et régnent dans la maison, où, à l'instar du corbeau et de la pie, ils volent tout ce qu'ils peuvent accrocher.