CHASSE DES TOUCANS
Les toucans fuient l'homme, et il faut être habilt expérimenté pour les surprendre. On serait tenté néi moins de croire qu'ils aiment, comme les geais, à aga le chasseur; ils volent devant lui par petites traites, m toujours hors de portée et en ayant soin, lorsqu'ils posent, de choisir un endroit bien caché.
Par tout le Brésil, on les poursuit activement, tant pi avoir leurchair délicate et leurs superbes plumes que pi se procurer des oiseaux d'appartement. < fiâtes raco que tous les habitants d'Ega, village des bords du Qei des Amazones, se livrent avec ardeur k cette chasse lors( leurs bandes se montrent dans les forêts voisines, pai raison qu'à cette époque ils sont peu craintifs et offr des proies bien plus faciles que le restant de Tannée. ■
Si tous les Indiens chassaient les toucans comme à E la race aurait bientôt disparu. Par bonheur, presque t tes les peuplades, peu soucieuses de la chair et ne vis qu'aux plumes, ont imaginé un moyen de conservât fort ingénieux. Elles ne tirent ces oiseaux à la sarbac; qu'avec des flèches très petites et enduites d'une 1 faible dose de poison. La blessui'e faite par un pareil ti ne peut tuer le toucan, mais le curare suffit pour l'éto dir. Il tombe, on lui arrache les plumes d'ornement, [ on l'abandonne, et bientôt, revenu à lui, il s'envole, p être probablement plus tard tiré et déplumé une seco: fois.
Cet oiseau, aussi résistant que le corbeau, exige moins du plomb numéro 4-
LE BUCORAX ABYSSINIEN
Connu des indigènes sous le nom de abbagamba, cet oiseau est une des plus grandes espèces de la famille. Il a 1~20 de long et 1"93 d'envergure ; l'aile de 0"60 et la queue de 0"37.
Il est d'un noir brillant, avec les dix rémiges primaires d'un blanc jaunâtre; l'œil est brun foncé; le bec noir, sauf une tache à la mandibule supérieure, qui est rouge en arrière, jaune en avant ; le tour de l'œil et la gorge sont gris- de-plomb, et cette dernière est largement bordée de rouge vif. La femelle est plus petite que le mâle.
L'abbagamba habite, comme le tok, presque toute la partie de l'Afrique située au sud du 17* degré de latitude nord ; il est seulement beaucoup plus rare.
Ces oiseaux vivent d'habitude par paires; toutefois, après la saison des amours, quelques couples et leurs petits se réunissent souvent, et l'on rencontre alors ces bandes d'une dizaine d'individus, errant dans les champs. Le bucorax n'est pas un oiseau arboricole dans le vrai sens du mot ; il court sur la terre comme le corbeau, et ne cherche un refuge sur les arbres que quand il est effrayé ; il s'y perche cependant pour se reposer.
La physionomie de cet oiseau est tellement singulière qu'elle a du frapper tous les indigènes et même faire naitre
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en eux une certaine considération pour lui. Le aiâle, surtout quand il est excité, se comporte d'une façon extraordinaire. Il étale et reploie sa queue alternativement, à rinstar du dindon, gonfle son sac aérien guttural et rase le sol avec ses ailes. Il marche en vacillant un peu, comme s1l se dandinait.
Son vol est léger et facile. On le voit souvent planer quelques minutes à une grande hauteur, bien qu'il n*aime point à franchir d'une traite un long espace. Des arbres sont-ils proches, il s'y pose et de là inspecte les environs. Au premier indice suspect, comme il est craintif et prudent, s'il pousse un cri, c'est le signal de la fuite pour toute la troupe*
• Sa voix est un cri sourd qu'on peut rendre par bau ou kou; il est néanmoins retentissant, puisque Gourney déclare qu'on le perçoit jusqu'à trois kilomètres. Ge naturaliste ajoute que la femelle répond au mâle sur une octavo plus élevée et que la conversation à distance dure plus d'un quart d'heure.
c Le bucorax se nourrit de limaces^ de lézards, de gre* nouilles, de rats, de souris, de sauterelles, de coléoptères, d'insectes, auxquels Monteiro ajoute des reptiles, des oiseaux, des œufs, des racines de manioc. Gourney dit bien en effet qu'en creusant le sol de son bec vigoureux, s'il découvre un serpent, il appelle à son aide trois ou quatre de ses compagnons, aborde le reptile de côté, déploie ses ailes, en frappe le serpent ; puis, se retournant subitement, il lui porte avec le bec un coup vigoureux, en lui opposant après une de ses ailes dont il se sert comme d'un bouclier. Il renouvelle ses attaqués jusqu'à ce que le reptile soit tué. En cas de défense sérieuse, l'oiseau ouvre ses deux ailes, les porte en avant et garantit ainsi sa tête et sa poitrine. »
L'abbagamba niche dans des arbres creux* On ne sait pas encore quel est le chiffre de la ponte et si réelienient
le mâle enferme la couveuse, quitte à la nourrir par le petit orifice ménagé à cet effet. « Dans le nid que j'ai trouvé, dit Brehm, rien n'indiquait une pareille clôture ; il ne renfermait qu'un jeune déjà assez gros et tout noir, sauf le milieu des ailes ; son bec n'était encore surmonté d'aucun appendice. »
Les jeunes bucorax s'apprivoisent rapidement et se familiarisent même assez vile. On les nourrit avec du poisson ou de la viande crue.
CHASSE DE L'ABBAGAMBA
La plupart des indigènes d'Afrique se soucient peu de chasser l'abbagamba, l'oiseau mort ne leur rapportant rien et sa chair n'étant point délicate. Dans certaines régions, c'est même un animal sacré.
« Au Rordofahn, leur chasse se fait d'une façon toute particulière; on les prend vivants, et, pour cela, on les poursuit à cheval jusqu'à ce que, ditRûppell, leurs forces étant épuisées, ils ne puissent plus voler. »
Brehm ayant trouvé un jeune bucorax dans le creux d'un arbre, comme nous l'avons dit plus haut, pensa qu'en l'y laissant et en se cachant bien il aurait la chance de tueries parents; mais, après une longue faction qui le conduisit presque à la fin delà journée, il lui fallut battre en retraite et emporter le petit pour ne pas partir les mains vides. Avait-il été vu par ces oiseaux ?
LE PHALACROTRERON