D'ABYSSINIE
Ouand on a dépassé les premiers contreforts des haut montagnes de l'Abyssinie et que, laissant derrière soi 1 plaines arides du Samcbara, on s'avance dans les vallé à vf^gétation splendide où retentit le cri harmonieux i flûtiste, on aperçoit partout les pigeons-perroquets, c'es à-dire les plus beaux de tous les pigeons du nord-est l'Afrique.
Cet oiseau, dont les allures et les couleurs rappellent perroquet, brille par son plumage. Il a le dos vert-oli p≤ le ventre jaune clair; la tête, le cou, la poitrine d'i verl cendré ; les épaules d'un rouge vineux ; les couve tures des ailes noirâtres, largement bordées de jau clair; les rémiges noirâtres, à liseré clair; les rectric noires dans leur moitié antérieure, d'un gris d'argent da leur moitié terminale; la pupille entourée d'un lisï étroit, bleu foncé ; le reste de l'iris rouge pourpre ; l'c entouré d'un cercle nu, rouge bleuâtre; le bec blanc reflets bleuâtres & la base, rouge pâle à la pointe ; la c rouge-de- corail sale ; les pattes d'une jaune orange fon^
Sa longueur est de (TSS ; l'envergure de (TSS, l'aile (ri9 et la queue de (Vis. \a femelle est un peu plus pet que le mâle.
Le phalacrotrépon habite tout le centre et le sud de TAfrique. Le Vaillant l'a observé dans le pays des Grands- Namaquois ; d'autres naturalistes l'ont vu dans l'ouest de l'Afrique et en Abyssinie.
C'est à tort que Temminck en a fait un oiseau voyageur ; tous les auteurs récents sont unanimes à le dire sédentaire.
Ces oiseaux, en petites familles, n'habitent pas seulement les vallées profondes et riches du Samchara au pied des montagnes; on les voit encore dans le sud du Sennaar, sur les bords du Nil Blanc, et dans le Kordofahn.
Ils se tiennent sur les hautes mimosées, les superbes tamarins, les kigélics à la cime touffue, et parfois, matin et soir, sur des sycomores isolés qui leur servent de lieux de rassemblement. Les bandes sont composées de huit à vingt individus vivant en paires ; chaque couple se perche et vole à part.
Cette espèce, comme nous l'avons déjà dit, a beaucoup de ressemblance avec les psittaciens. Ainsi que les perroquets, elle grimpe de branche en branche et prend des postures fort singulières ; on la voit encore, à la façon d'un engoulevent endormi, se tapir sur la braocbe où elle est posée.
Son vol rapide est accompagné d'un bruit sifflant, qui diffère tout-à-fail de celui des autres pigeons.
Sa voix n'a rien d'agréable ; elle resseml)le assez à un hurlement; jamais on n'a entendu cet oiseau roucouler.
< Le phal^crotrérond' Abyssinie surpasse tous les autres pigeons en tendresse ; il donne à sa compagne des témoignages tout particuliers de son amour. Comme eux^ il se presse contre elle» la caresse, s'élève bruyamment dans les airs pour en redescendre doucement. On le voit aussi étaler avec grâce et élégance ses ailes au-dessus de l'objet de son amour; exécuter enfin, pour lui plaire, des évolutions que seuls d'ordinaire accomplissent les perroquets. Malheureusement, ajoute Brehm, mon séjour dans
ces contrées ne coïncida pas avec l'époque des amours de ces oiseaux, et je ne pus observer leurs allures à cette période.
f Dans l'estomac de ceux que j'ai tués, j'ai trouvé des baies de diverses espèces, et les indigènes m'ont assuré qu'on ne rencontrait cet oiseau que là où croissaient des arbres ou des buissons à fruits. Ce régime explique comment l'oiseau ne vient jamais à terre et n'est jamais vu que perché. »
Le Vaillant dit que cette espèce niche dans le creux des arbres et qu'elle y pond quatre œufs, sur un tas de mousse et de feuilles sèches. Cette assertion nous étonne ; elle a besoin d'être contrôlée.
CHASSE DU PHALACROTRÉRON
Le phalacrotréron, très prudent et très craintif, ne se laisse pas approcher et fuit toujours hors déportée. Il faut donc recourir à l'affût près d'un de ses arbres favoris et se cacher avec le plus grand soin. On devra de plus ne pas se laisser tromper par ses postures vraiment singulières et le prendre pour un perroquet. Les plus malins sont abusés, et cette erreur ne saurait étonner personne.
LA COLOMBI-PERDRIX
CYANOCÉPHALE
Getoiseau/)e plas anciennement connu du genre auquel il sert de type, a 0*83 d'envergure ; la longueur de Taileet de la queue est de 0^4.
La colombbperdrix est d*un beau brun chocolat qui, au ventre, passe au rouge-brun, et au rouge-vineux à la poitrine; le sommet de la tête et quelques plumes du cou sont d*un bleu-ardoise ; la face, la nuque et la gorge noirs ; une bande de blanc pur, qui va par le nez jusqu*à l'œil, entoure la gorge ; les rémiges brun foncé, bordées en avant de brun-rouge, offrent à leur face inférieure un reflet gmcendré ; les couvertures médianes de la queue sont dHm brun chocolat, les externes d'un brun*noîr; rœil brun foncé; le bec rouge de corail à la base, bteuètre à kt poîfittt ; les pattes d*un blanc rougeâtre, avec les écailles qui revêtent les tarses rouge-carmin ; les doigts d*un rouge bleuâtre foncé ; les articulations des phalanges bleu de ciel.
Ce superbe oiseau est originaire de Tile de Cuba, d*où il se répand au nord jusque dans la Floride, au sud jusqu'au Venezuela. D'après Burmeister, on le verrait sur les bords du fleuve des Amazones. Sa présence à la Jamaïque semble bien douteuse.
Ricord, dont Gundiaeh n*a fait que confirmer les dires sans y ajouter rien d*essentiel, raconte comme il suit les mœurs de la colombi -perdrix : « Elle vit très retirée dans les forêts vierges du Cuba. Elle est extrêmement difficile à observer, soit par suite du progrès des défrichements qui diminuent son champ d'activité, soit par suite de la chasse que lui font les créoles qui, pour se procurer sa chair délicate et d'un prix assez élevé sur les marchés, ne laissent perdre aucune occasion de la tirer. >
On rencontre à Cuba ces oiseaux en assez grande quantité, dans certaines saisons, sur les pois sucrés (pois goulus) dont ils vident les cosses. Ceux que vit Audubon dans la Floride se trouvaient au voisinage de Teau ; ils étaient en train de picoter dans le gravier et s'enfuirent rapidement dans le fourré, où, malgré de patientes recherches continuées pendant tout un jour, l'illustre naturaliste ne put parvenir à les retrouver.
. Gundlacb décrit en deux lignes le mode de reproduction de ces oiseaux : «Ils construisent leur nid au milieu de plantes parasites, dans les forêts épaisses de haute futaye, dépourvues de buissons. »
Les jardins zoologiques d'Europe peuvent à bas prix se procui*er des colombi-perdrix, mais, jusqu'à ce jour du moins» ils ne sont point parvenus à les garder longtemps, parce qu'elles ne supportent pas les variations atmosphériques de notre climat.