CHASSE DU PHAPS LUMACHELLE
« Pendant la longue sécheresse de l'hiver 1839-1840, Gould se trouvait au Brésil où, au dire des indigènes, il n*y avait d'eau que dans une citerne naturelle, creusée dans le roc et remplie par les pluies de plusieurs mois, qui était très proche de sa tente. Tous les oiseaux des environs, les insectivores exceptés, y affluaient, venaient se poser au bord de cette citerne et buvaient sans souci de sa présence. Les phaps lumachelles n'y apparaissaient presque jamais de jour ; ils arrivaient après le coucher du soleil, un à un ou par paires, se posaient d'abord à terre, y restaient quelque temps immobiles, se glissaient prudemnjent vers la citerne, puis s'envolaient du côté de l'endroit où ils passaient la nuit.
€ Le vieil habitant des bois dit en avoir tué, dans sa soirée, huit à dix qui venaient ainsi s'abreuver, et il ajoute que le lever de Tétoile du soir est pour le chasseur le signal de se rendre à l'affût. »
Après la saison des amours, on fait à ces pigeons de grandes chasses, et parfois un bon tireur en tue alors, dans sa journée, un trentaine de paires. On abat fort bien ces oiseaux avec du plomb numéro 6, en réservant le numéro 4 pour les coups de longueur.
Tout le monde, chasseurs comme voyageurs, vante à l'envi la délicatesse de la chair du phaps lumachelle.
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