CHASSE DES GANGAS
La chasse des gangas au chien d'arrêt sur les terrains presque nus, où ils se tiennent constamment, ne peut
réussir qu'avec des oiseaux qui n'ont pas encore vu le feu. Lorsqu'on a cette dernière ciiance favorable, on. en tue parfois jusqu'à quinze d'un seul coup de fusil, comme cela est arrivé à Brehm et à d'autres. Mais, si les gangas ont acquis quelque expérience à leurs dépens, s'ils ont appris à ne pas se croire invisibles, dès qu'ils sont lapis, se liant trop à leur plumage qui se confond admirablement alors avec le sol, ce serait folie pure que de vouloir les joindre à portée dans les steppes. Force est en pareil cas de les aflùter autour des rares sources et des mares qui leur servent d'abreuvoir et qu'ils fréquentent invariablement vers neuf heures du matin, un peu plus tôt, un peu plus tard, suivant la saison.
« IjCS Espagnols, très friands de la chair des gangas, les chassent, dit Brehm, de toutes les façons et sans trêve. Devenus fort craintifs, ces oiseaux cherchent, autant que possible, à gagner la source des ruisseaux et, pour apaiser leur soif, ils se rendent dans les montagnes, sur les lieux élevés. Une fois qu'ils ont adopté un endroit, ils y reviennent tous les jours aux mêmes heures ; le chasseur peut donc être sûr de les voir. Il se cache, tout au voisinage du point où il a remarqué leurs traces sur le sable, ordinairement dans une hutte construite en pierres; mais, par mesure de précaution, il doit être dans cet affût une bonne heure avant l'arrivée des gangas, s'y bien cacher et ne faire aucun mouvement, attendu que ces oiseaux méfiants inspectent soigneusement la localité avant de se poser, et qu'ensuite, tapis à terre, ils collent l'oreille au sol pour mieux écouter, fuyant alors au moindre bruit. Rassurés, ils vont boire rapidement; c'est alors qu'il faut les fusiller sans retard. »
En Afrique et en Asie, on opère de la même façon qu'en Espagne; mais c'est seulement à l'automne et l'hiver, saisons où les gangas se réunissent en grandes bandes, que cet affût devient très fructueux, car parfois alors un
seul coup de fusil peut faire quinze à vingt victimes.
Quelque destructives que soient ces chasses, il est malheureusement bien certain que les pièges sont encore plus funestes aux gangas. Les indigènes du nord-est de l'Afrique cultivent trop la paresse pour se donner la peine de disposer des lacets et des gluaux, mais, dans le nordouest, on capture ces oiseaux en énormes quantités.
■ Les gangas, écrit BoUe, n*aiment guère, vu la brièveté de leurs pattes, à passer par dessus de grandes pierres et préfèrent le sol uni. Les piégeurs tirent avantage de cette habitude : après avoir fait, à Taide de pierres rangées les unes à côté des autres, un sentier qui conduit vers Teau, ils y niénagent un espace juste suffisant pour donner passage à un de ces oiseaux et ils le garnissent de collets. Cette tendue procure un grand nombre de gangas vivants. »
Ces oiseaux supportent assez bien les projectiles, et ceux qui n*ont pas été atteints aux ailes ou aux organes importants s*envolent encore loin avant de tomber. Par suite de cette résistance, il convient donc, si on veut diminuer les pertes, de n'employer le plomb numéro 8 que jusqu'à vingtcinq mètres au plus et de prendre du numéro 6 pour tirer au-delà.
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LE SYRRHAPTE PARADOXAL