CHASSE DU CUPIDON DES PRAIRIES
Tous les carnassiers et les rapaces de rÂmérique du Nord, le loup des prairies, le renard, la marte, le putois, les faucons, les hiboux, sont pour cet oiseau des ennemis terribles. L*homme est certes à lui seul aussi redoutable, mais il raisonne, et il n'a pas tardé à se convaincre que le cupidon serait promptement détruit si on ne prenait pas des mesures pour sa conservation.
II y a soixante-dix ans au moins qu*a été promulguée une loi protectrice de ces oiseaux qu'on traquait en toutes saisons, loi qui frappe d'une amende de dix dollars quiconque les tue lorsque leur chasse n'est pas ouverte, c'està-dire en dehors des mois d'octobre et de novembre. Cette loi, sérieusement observée, a eu pour conséquence une multiplication considérable de ces oiseaux dans certaines régions. Il en arrive en effet depuis de grandes quantités sur les marchés, tous les hivers, et on peut parfois acheter des centaines d'individus vivants.
On chasse ces oiseaux de diverses façons. Autrefois, il s*en tuait beaucoup aux lieux de combat sur lesquels on répandait une couche de cendres qui aveuglait les lutteurs, et on les assommait à coups de bâton ; plus tard, avec les armes à feu, on a fait, sur ces mêmes places, de véritables
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Oft (UftpM6 aux «nd^eits où Us vont mMger n^onmitement force lacets mais encore é9% ftteto; parfois^ en les surprend la nuit. « J'avais remarqué, dit Audubon, que, plusieurs nuits de suite, des ctipidons s^étaient rendus dans une prairie touffue, non loin de ma maison, et je résolus de les surprendre. Je me munis d*un grand tilet et je fbe rendis à cet endroit aveâ q(t^l(iue$ nèg^^ fortant des lanternes et des grands^ bâtons. Les filets ayant été disposés, la chasse commença. Le premier cupi don surpris s^envola droit contre le filet, et les autres le suivirent. On abattit aussitôt le filet à terre* et on enleva les oiseaux Vun apràs Tautre. Nous renouvelâmes trois fois noire feor tative et fes trois fois avec le même succès. Je dus alors cesser ma chasse, car les nègres ne pouvaient' plus contenir leurs rires bruyants. Nous rentrâmes chargés de gibier. Le lendemain matin^ on ne pouvait plus apercevoir suf les lieux un seul cupidon ; des' centaines cependant avaient échappé, a
Nous avons dilphis haut que le cupidon, lorsqu'il voit de loin venir Le danger et qu'il a un espace libre devant lui, court très rapidement vers quelque touffe d'herbe, quelque buisson, et s*y rase jusqu*à ce que le chasseur en soit très près. Si Ton a pu suivre de rœil toute cette manœuvre, on va droit à la cachette, Toiseau part et on fait feu ; mais si le terrain s'oppose à la remarque de la remise, avec wti bon chien on peut retrouver l'oiseau blolli et le tirer encore à belle, bien qu'il ne tienne jamais TaiTèt^ quelque sage et prudente que soit la quête du toutou.
LE LAGOPÈDE BLANC
Le Itgopède blaïae {lagopède des martd» ou des neigei^ tient teimilien^ pour la; taille, eotre le lyrare des bûuDsaux et la perdrix grise. Le mâle a 0™41 de long et Of^l d'ea- Tsrgure; FaHeest dH 0*21,. la queue de 0"42«.Lft femelle «st d'un qaatoF2âènie environ plus petite.
Le pinmaga varié suivant les saisons. En hiver, Kespèœ est oitièrfflnent d'un biane éclatant, aTec les rectnces d'un nuit foncé, à tiges et à racines blanches,, et tes six rémiges les plus extérieures d'un brun-noir le long du ra^is. k L- époq%ie des amours,, la teinte fondamentale est brun-roux, parsemée de noir et de blanc, et ces couleurs pâlifiseRt dans le cottrant de Tété. Il aembleratt dès tors que ces oiseaux n*ont que deux mues par ui, au lieu de (fuaJbre qu'on leur supposait, Fune en automne qui frappe toot le pluiDage,. Fautre au printemps qui ne porte que sur lea petite» plumes.
Cet oiseau est répandu dans tout le nord de F Ancien et du NouveaurBbmde. II se montre commun surtout en ScaadinavLe depuis, le Wermelang jusqu'au ca|>. Nord, en Finlande,, en Russie, dans les provinces russes de la Bai* tique, ea Livonîe, en Esthonie, en Ck)urlande, jusq^si m LîttMzanie, et dans* plusieurs parties de la Sibérie. Radde Va Uoiivé daas le Sajan oriental à une altitude de 1,$Q0- çnqtrea au moina aurdessus du niveau de la: mec,
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dans les vallées qui sont couvertes de buissons de bouhaux. Dans le nord de rAmérique, ce lagopède habite, d*après Richardson, toutes les contrées à p^leteries, entre le 50^ et le l(f de latitude; mais, dans ces limites, il serait rbiver plus ou moins un oiseau voyageur. En Ecosse, le lagopède blanc est remplacé par une autre espèce qui pourrait bien n^être qu'une variété.
Cet oiseau habite les plaines des hautes montagnes et leurs versants très peu escarpés. Sur ces plateaux élevés et dans le Tundra, ils sont assez communs ; quant aux vallées, ils n*y font jamais que de courtes apparitions, leur existence étant liée à la présence des saules et des bouleaux, qui ne se montrent qu*au*dessus de la limite des conifèi'cs.
Les couples vivent voisins; chacun cependant a un domaine de quatre-vingt à quatre-vingt-dix mètres de rayon. Au printemps, le mâle défend son terrain avec énergie ; mais, ime fois que les jeunes ont pris un certain accroissement, les femelles se réunissent en grandes bandes qui errent en commun sur un vaste espace. La vie de ces oiseaux en hiver, du i^este, diffère beaucoup de celle qu'ils mènent en été.
De tous les gallinacés, c'est sans contredit un des mieux doués, des plus vifs, des plus alertes. Adroit dans tous ses mouvements, il ne reste pas souvent au repos. Ses pattes larges, au plumage épais, lui permettent de courir avec assurance sur le frêle tapis de mousse qui recouvre le marais, comme sur la neige récemment tombée; il est même probable qu'elles lui suffiraient pour nager.
Sa démarche varie. D'ordinaire, il court pas à pas, le corps ramassé, le dos bombé, la queue pendante, suivant chaque accident du sol ; si quelque chose attire son attention, il grimpe sur une petite éminence pour inspecter les alentours. Le poursuit-on, il continue son chemin tout droit avec une rapidité incroyable. Grâce du reste à
Tacuité de ses organes des sens, il lui est facile de reconnaître à temps le danger qui le menace, et il sait parfaitement s'y soustraire. Hardi et courageux naturellement, on ne le voit devenir timide, prudent et méfiant qu*à la suite d'attaques souvent répétées.
Son vol, léger et facile, ressemble plus à celui du lyrure des bouleaux qu'à celui de la starne grise. L'oiseau donne quelques coups d'aile précipités, puis glisse dans l'air assez longtemps, et le mâle lorsqu'il s*abat fait toujours entendre un cri perçant : err^ reck, eck, eck, eck, tandis que la femelle reste muette.
Le milieu favori du lagopède blanc, c'est la neige. Il s'y creuse de longs couloirs pour rechercher la nourriture qu'elle recouvre ; lorsqu'un rapace le serre de près, il se laisse tomber verticalemement et y plonge littéralement; enfin il y trouve un refuge assuré contre le vent et les tempêtes.
Sa nourriture se compose surtout de substances végétales. En hiver, il ne mange que des bourgeons, des baies sèches ; en été, des feuilles, des fleurs, de jeunes pousses, des baies et des insectes. Il aime en outre les graines de toute espèce.
Les amours du mftle donnent linu à maintes batailles, qui continuent longtemps encore après la ponte.
Sur un versant bien exposé au soleil, dans une touffe de bruyères, dans un buisson de saules, de bouleau nain ou de genévrier, la femelle creuse une légère dépression et la tapisse de quelques herbes sèches et de plumes.
Terminée à la fin de mai, la ponte est de quinze à seize œufs que la femelle couve avec ardeur sous la garde du Di&le qui, à force de vouloir protéger le nid, semble plutôt faire son possible pour trahir sa place. En cas de danger, la couveuse ne quitte son poste qu'à la dernière extrémité et, comme le mâle, elle a recours alors à la ruse pour en éloigner tout péril.
Les jeunes éclosent à la fin de juin, et toute ia fiamille se rend ensemble vers 1^ marécages, où les petits trouvent en abondance des larves de mouches k aiguillon, nourri* ture dont ils s'accommodent le mieux.
Avec une bonne lunette, il est facile alors d'observa* leurs mœurs. Le mâle semble prendre une grande part à réducatton des petits; il marciie le premier, Fair grave et fler« la tête haute, regardant sans cesse de tous côtés et annonçant le moindre danger par son cri, goteouA- H conduit ainsi sa famille vers les lieux les plus riches en aliments.
Couverts d'un plumage qui se confond avec la teinte du sol, vifs et alertes, les petits courent sur la vase et apprenr nent à se servir de leurs petites ailes, échappant ainsi aux périls du jeune âge. Ils muent en septembre, passent Thiver avec leurs parents et les quittent au printemps pour rechercher une compagne.
Il parait que ces oiseaux, très rares en captivité, se seraient déjà reproduits^ mais que les jeunes aiu^arent péri de bonne heure.