CHASSE DU TÉTRAGALLE DE L'HIMALAYA
Ces oiseaux vivent à des hauteurs qui les mettent à Tabri de la plupart des dangers auxquels sont exposés leurs congénères. Ils ont néanmoins des ennemis sérieux dans les rapaces de forte taille et, si Ton s*en rapporte à Mountaineer, ils seraient surtout en butte aux attaques de Taigle à ventre fauve {haliaëtos futviventer)^ bien que €e pirate des airs ne soit pas très commun dans les hautes régions. Un aussi grand oiseau que le tétragalle, circulant presque en terrain nu, ne saurait guère en effet échapper à la vue perçante de ce rapace, qui le poursuit alors, le fatigue, répuise et finit par Tétouffer dans ses serres.
L'homme chasse bien aussi les tétragalles, mais, heureusement pour eux, tout le monde ne peut aller les poursuivre dans les terrains élevés qu'ils habitent, sans compter que de plus les peuples du Sud ne sont que des chasseurs médiocrement passionnés. Il en résulte que ces oiseaux n'ont autant à dire à redouter que d'assez rares Européens.
< Le tétragalle n'est ni sauvage ni timide. S*approchet-on de lui, lorsqu'on en est à une centaine de brasses environ^ il se met à marcher lentement en montant ou en longeant les flancs de la montagne. Si on ne le poursuit pas, il ne va guère loin ; mais, si on l'aborde en descendant, il s'envole aussitôt. Il ne court jamais qu'au moment de prendre son essor. Toute la bande s'envole ensemble avec rapidité; elle descend d'abord, puis se détourne de côté et enfin remonte à la hauteur de son point de départ.
« Quand le flanc d'une montagne présente sur une
grande étendue la même physionomie, les tétragalles traversent souvent au vol un espace considérable et s'élèvent haut dans les airs. Sur les plus basses montagnes, sur celles où ils passent Thiver, par exemple, ces oiseaux ne volent jamais à de grandes distances et rôdent dans un espace très limité. »
Qu*un chasseur intrépide, mettant à profit les intéressantes observations de Mountaineer, entréprenne cette pénible chasse, et il réussira si la marche en montagne lui est familière, pour peu qu'il soit robuste, prudent, calme surtout, et que ses armes lui permettent de tirer avec fruit de 100 à 150 mètres.
On fait feu parfois à 50 ou 60 mètres, et alors le plomb numéro zéro est très convenable; mais plus loin il faut employer la balle franche. Le chasseur doit donc être muni d'une carabine à deux canons, dont un rayé et un lisse. Nous ajouterons ici que pour le tir à balle on trouve toujours à appuyer Tarme dans ces montagnes rocheuses.