RESPLENDISSANT
Cet oiseau, que les premiers naturalistes qui Tont décrit avaient nommé faisan Impey, que les naturels nomment montaul ou mofiaul, est peut être le plus beau de tous les gallinacés.
Le mâle a 0"72 de long et 0"9i d'envergure ; Taîle 0'"31, la queue 0^33. La femelle moins brillante est un peu plus petite.
€ Lelophophore resplendissant est, dit Breinn, d'une beauté remarquable et difficile à décrire. Sa tote est comme surmontée d'un bouquet d'épis d'or d'un beau vert métallique, ainsi que la gorge. Il a la nuque rouge-pourpre ou carmin, avec tout l'éclat du rubis; le bas du cou et le dos d'un vert de bronze, à reflets dorés; le manteau, les couvertures supérieures des ailes et de la queue d'un vert violet ou bleuâtre; la face inférieure du corps noire, à reflets verts et pourpres au milieu de la poitrine, terne et foncée au ventre; les rémiges noires, les rectrices d'un brun-cannelle; l'œil brun, entouré d'un cercle nu bleuâtre; le bec couleur de corne foncée; les pattes d'un vert sale. >
C'est sur les monts Himalaycns, depuis les premiers contreforts qui descendent vers l'Afghanistan jusque dans
f Oiseau.
le Sikim et le Boutan, à une altitude de 2,000 à 3,300 mètres au-dessus du niveau de la mer, qu'habite ce splendide
A partir des prenûères cimes qui dominent la plaine et atteignent la limite des forêts, partout on rencontre le monaul. Pendant Tété, on le voit rarement, à cause des lianes dont la végétation luxuriante empêche le re^rd de plonger dans la profondeur des bois, maison peut, surtout le matin et le soir, le découvrir au voisinage des champs de neige. Lorsque les froids arrivent, faisant tomber les feuilles, la forêt semble remplie de ces oiseaux. Cest le moment où ils se réunissent en grandes bandes ; et, si rhiver est rigoureux, on voit les femelles et les jeunes aller alors dans les champs, se rapprocher même des villages, tandis que les vieux mâles ne quittent jamais les forêts, que les autres regagnent dès l'arrivée du printemps.
Du mois d'avril jusqu'à l'entrée de l'hiver, cet oiseau se montre craintif et prudent; mais, sous l'influence du froid et de la neige qui lui rendent plus pénible la recherche de sa nourriture, il se départ un peu de sa circonspection, même dès le mois d'octobre.
Le vol du monaul est très singulier; quand il lui faut franchir un long espace, on le voit glisser dans l'air sans battre des ailes, se bornant à agiter ses rémiges d*un mouvement tremblotant. C'est alors qu'il apparaît dans toute sa splendeur.
Son cri est un sifflement plaintif, que l'on entend au loin dans la forêt tout le jour, notamment soir et matin. Dans la saison froide, les bandes, un peu avant de se percher sur des arbres ou sur des rochers pour y faire leur nuit, ne manquent jamais de lancer leurs voix sifflanteset gémissantes.
Le monaul se nourrit de racines, de feuilles, déjeunes pousses d'herbi?s, de toute espèce de baies, de noix, de
graines, d'insectes; en automne, il chasse ces derniers dans les feuilles sèches ; en hiver, il va souvent paître dans les champs de blé et d'orge. Son bec est du reste parfaitement conformé pour fouir le sol.
La saison des amours commence avec le printemps. La femelle construit son nid sous un buisson, dans une touffe d'herbes, et y pond cinq œufs. Les jeunes éclosent à la fin de mai. Après le rapprochement, le mâle ne semble nullement s'inquiéter de sa compagne et de sa progéniture.
« Il n'est pas surprenant, dit Brehm avec raison, qu'un oiseau si remarquable parla richesse de son plumage, si précieux par la saveur et le volume de sa chair, ait excité le zèle des ornithologistes, et, en effet, plus d'une tentative a été faite pour son introduction et s* reproduction en Europe. »
Cependant les lophophores sont rares dans nos jardins zoologiques et leur prix est très élevé ; on en achète tant qu*on veut aux Indes, mais, habitués à l'air vif des montagnes, ils ne supportent pas le séjour de la plaine et périssent presque tous pendant la traversée. Les adultes qu'on peut amener sains et saufs s'acclimatent bien, résistent à l'hiver comme le faisan et se montrent toujours très craintifs.
On obtient facilement des reproductions ; seulement les jeunes, à la mue d'octobre, périssent d'ordinaire, et jusqu'à présent on ne peut citer, parait-il, que M. Pomme qui soit parvenu à conduire à l'âge adulte deux de ses élèves, grâce à des soins éclairés et à une installation vaste et întelIigeDte.