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L'ARGUS GÉANT

Co»mi depuis 1780 par des peaax préparées qui excitérent alors une admiration générale en Europe, cet oiseau, (|iie personne n'a cherché à habituer à on régime qui periDît de nous l'anîener vivant, reste pour presque tout le monde un être plus ou moins ignoré.

11 a 1"80 à 2"00 de long, sur lesquels 1""30 appartiennent aux rectriccs médianes; Taile proprement dite mesure 0'»47 et la plus longue plume de Tavant-bras 0"78. La femelle est un peu plus petite.

Le phimage de Targus géant (1) est remarquable, moins par la vivacité des teintes que par rélëgance du dessin. Il y a là un mélange de couleurs chatoyantes, de points blancs encadrés de noir ou de jaune, une profusion merveilleuse d'yeux éclatants de blancheur et moirés liarmonieusement, que la plume ne saurait décrire avec exacti* tude ; il suffit de voir un sujet monté pour s'en convaincre complètement. Le plumage de la femelle est moins accentué et plus simple.

Cet oiseau, tout à fait propre à quelques îles de la Malaisie, habite les forêts les plus épaisses de SuDiatra, où il est assez commun.

On le re&contre ordinairement par paires, bien que les

(1) On a décrit dernièrement deux nouvelles espèces d'argus d'après des peaux ; mais on ne sait si leur existence, en tant qu'espèces, est bien justifiée.

indigènos, qui le nomment kuau, disent qu'il vit en polygamie. Ils prétendent aussi qu'il joue le gaUmgan^ c'està-dire qu'il danse par orgueil, comme le paon.

L'argus, en liberté, se nourrit d'insectes, de limaces, de vers, de bourgeons et de graines; pour ces dernières, rien cependant n'est moins sûr.

Tant que l'amour ne l'excite point, il a le port et les allures du paon, rabat ses ailes contre le corps et étend sa queue horizontalement; mais, lorsque vient cette saison K critique, il se montre dans toute sa beauté, marchant

fièrement, les ailes entr'ou vertes et traînant à terre, la queue relevée, et dansant au milieu des clairières. C'est alors qu'on entend le cri singulier, ronflant, par lequel il appelle les femelles, qui ne ressemble en rien à son cri plaintif ordinaire kuau.

La femelle, dans un nid grossièrement construit et caché sous un buisson, dépose de sept à dix œufs, un peu plus petits que ceux de l'oie domestique. Les jeunes n'acquièrent toute leur splendeur qu'après plusieurs mues.

Pris dans ses forêts natales, l'argus captif s'apprivoise, mais ne vit guère qu'un mois. Blyth mentionne cependant sa présence dans une collection à Barakpore, et un oiseleur expérimenté affirme qu'il ne supporte pas la captivité parce qu'on s'enlëte aux Indes à lui donner des graines pour nourriture, bien qu'il soit insectivore. Si cela est vrai, nous verrons bientôt des argus vivants en Europe.

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