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CHASSE DES PINTADES

Ces malheureux oiseaux sont décimés par tous les féliens d* Afrique, le léopard, le guépard, le lynx-caracal et le chat sauvage, sans compter les renards et chacals qui en détruisent énormément. Viennent ensuite les muslélidés Taisant ventre des œufs, des poussins, et puis, pour couronner Tœuvre, apparaissent les grands et moyens rapaces, pour lesquels la pintade est une proie facile à capturer. A qui croirait que voilà tout, il nous faut bien dire que la dent des i-eptiles ne saurait être négligée, puisque Brchm a trouvé une pintade adulte dans Testomac d*un boa de 2"'60 de long.

Le chasseur qui affûte ou qui cherche à approcher ces oiseaux n*est pas pour eux un ennemi bien terrible, parce que, malgré mille précautions minutieuses, il ne réussit que très rarement à faire feu à bonne portée, et encore presque toujours dans de mauvaises conditions de succès, par la double raison que les poursuites continuelles dont ils sont Tobjet rendent ces oiseaux très craintifs, très méfiants, et qu*à une certaine distance le plomb souvent ne fait que glisser sur leur plumage épais, serré, fort résistant.

Ce mode de chasse ne valant rien, il faut changer son fusil d*épaule et tirer parti de ce que Ton sait; or, les pintades, qui ont une peur bleue de tous les quadrupèdes en général, sont mises complètement hors d*elles mêmes par la vue d'un chien, vue qui leur fait négliger à tel point la présence de Thomme qu'on peut quelquefois alors les saisir avec la main. Cette terreur e.xtraord maire s'explique

par le fait que ces oiseaux, incapables (l*un vol soutenu, se fatiguent très vite dans Tair, sont dès lors forcés proniptement de prendre terre où, nonobstant la rapidité de leur course, ils ne peuvent échapper à un chien agile et pourvu d'un bon nez.

Si donc le chasseur, mettant à profit cette connaissance, emmène avec lui son fidèle compagnon et le lance sur la piste toute chaude des pintades venant de se poser, il verra ces oiseaux se brancher de suite et il s'approchera tant qu'il voudra de l'arbre, où il choisira sa victime tout à son aise. Effrayée par la détonation, la bande s'envolera, mais, ne prenant point terre par peur du chien, elle gagnera un autre arbre et la manœuvre se continuera ainsi jusqu'à destruction complète.

Les habitants des steppes du Kordofahn s'emparent souvent avec leurs rapides lévriers des pintades qui courent à terre, surtout en lançant ces chiens au moment où elles vont prendre leur essor.

€ A la Jamaïque, on sème sur les places fréquentées par ces oiseaux des grains imbibés de rhum ou de liqueur de cassave ; ils les avalent, s'enivrent, perdent toute conscience, titubent et vont enfin se poser à un endroit où ils se croient en sûreté. Le piégeur, qui les a attentivement suivis de l'œil, va alors les ramasser, et souvent il en trouve qui sont morts.

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