CHASSE DES HOCCOS
Au sein des forêts, loin des habitations, les hoccos n*ont pas peur de Thomme. Sonnini raconte en effet « qu'il s'est souvent trouvé au milieu d'eux dans la Savane, sans qu'ils fissent mine de s'enfuir. Aussi peut-on alors les
prendre sans peineet en tuer plusieurs sans que les autres s*éIoignent; ils regardent avec terreur leur compagnon mort, mais ils ne quittent Tarbre que pour se porter sur un autre peu éloigné, où on peut encore aller faire feu. » Il n'en est pas de même dans le voisinage des lieux habités. Là, ces oiseaux se montrent au contraire craintifs et méfiants ; chaque bruit les épouvante, la vue d'un homme les met en fuite, et on ne peut les fusiller qu'au moment des amours, époque pendant laquelle ils trahissent leur présence par force cris retentissants. « (Test alors, dit H. de Saussure, que la chasse devient réellement liacile, parce que les désirs amoureux sont plus forts que les instincts de conservation, de sorte qu'ils perdent toute prudence et se laissent approcher sans s'inquiéter beaucoup de ce qui se passe autour d'eux. Quelquefois, plusieurs mâles poursuivent une femelle qu'ils ne quittent pas même à la vue du chasseur; si ce dernier peut alors la tuer, il est bien rare que ces mâles ne restent point stupéfaits à côté du cadavre et qu'ils ne se dispersent qu'après avoir essuyé de nouvelles décharges. »
LES PÉNELOPES
Les pénélopes sont des pul vérateurs. On en connaît trois espèces : le pénélope à sourcils (vulgairement peoa^ jacupema), le pénélope à huppe blanche et le pénélope aracuan (ortalida).
Le second est le plus grand ; il a 0""80 de long, tandis que le premier ne mesure que 0"66 et le troisième seulement 0»56.
Ces oiseaux diffèrent plus ou moins entre eux par le plumage, mais leurs habitats et leurs mœurs sont sensiblement les mêmes.
Ils habitent les grandes forêts de TÂmérique centrale et de TAmérique méridionale, depuis le sud du Texas jusqu'au Chili et au Paraguay. Les diverses espèces y vivent d'ordinaire les unes à côté des autres, parfois même mélangées, celles-ci sur la côte, celles-là sur les montagnes, et quelques-unes jusqu'à plus de 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Les grandes espèces sont solitaires, tandis que les petites se réunissent en bandes, parfois de plusieurs centaines, qui obéissent d'habitude à un mâle et au sein desquelles règne toujours la plus parfaite harmonie.
Généralement, ces oiseaux se dissimulent dans la cime des arbres les plus touffus, ou bien sur les basses branches, ou enfin sur les buissons très épais; attentifs à tout
ce qui se passe autour d^eux, ils ne se laissent guère approcher.
Une voix singulière correspond au développement tout particulier d&Ia tradhée-artèredes pénélopes. Leur cri n'est pas désagréable mais difficile à noter; on peut cependant dire que leurs noms vulgaiœs, schakou^ jacou^ gouan^ par^ rakoua, apetU abourri, ^n -sont -des onomatopées assez satisfaisantes. Ils annoncent la venue du soleil avant tous les autres oiseaux et se font encore entendre dans le cours de la journée.
Ces pulvérateurs se nourrissent surtout de baies et de fruits. .Dans Ueaiomac de.eeux.qutil ^ 4ués, Je ,prinfie*de Wied a toujours vu des débris d'insectes.
Ils construisent leurs nids 6ur les arbres,. exceptionnellement à terre. Ces nids sont formés de brindilles assez négligemment coordonnées, àTinstardes pigeons..Ghaque couvée.con)port(e de trois .à. six œufs; le m&ie aide-^t-illa femelle dans l'incubation ? C'est ce qu'on ignore.; mais on jsait en «tout cas qu'elle guide rseuleJéle\age.d^Jeun^s, qui, à peine éclos, grin^pent «surJes bnanct^.où.il3.«ont nourris pendant quelques jours. Peu ii ;Pfiu» ils id^cei> dent à terre .et suivent leur mère qui, iplus tard, des conduit le .matin dans lesxlaicières oùâls .troav^nt ides herbes tendres à manger; cpui^ .ators, «dès.queje.aoldil devientjplus ardent, nn, les .voit,rentrer.5ausiiDis.pQur ^ cacher. Une fois capables de .voler, alsubandonoent. leur mère, qui^peut-fetre.alQCsélève.une tseooncle.Qoavée.
Pris jeunes, les pénélopes s'apprivoisent iaciiemeal/, Jte aimeat.àëtre caressé§i ^vivent.en bonne ^intelligence avec la .basse-.cour, et .préfèrent .passer la nuit j^n.plein air^ur les,fatLstge3 ou sur les.arbr,os.
Ces oiseaux ne.se reproduisent .pointen .captivita.etf«u:it du reste incapables de résiÂter.auXirigueurs4e,nûti:e<oIimat d'Europe.
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CHASSE DES PÉNÉLOPES
L*excellence de la chair savoureuse des pénélopes explique la chasse effrénée que l'homme fait à ces oiseaux. Il y faudrait cependant un peu plus de modération, car, dans certaines localités, des espèces ont déjà entièrement disparu, tandis que d'autres ont considérablement diminué de nombre.
Les poursuites réitérées, presques continuelles, rendent d'ailleurs ces oiseaux d'une défiance extrême. « Ainsi Schomburgk raconte que les pénélopes qui vivent à la Guyane sont d'une prudence incroyable et qu'on ne peut les surprendre que quand ils sont en train de manger. »
L'Européen parvient donc à grandpeine à tirer un coup de fusil, qui lui procure une victime: après quoi, il lui faut chercher à surprendre une autre bande, opération très difficile. En cas de réussite, comme on tire toujours de près, le plomb numéro 6 sufllit pour tuer ce beau gibier.
« Si un chasseur indien a la chance de s'approcher d'une bande de pénélopes, il fait au milieu d'eux de terribles ravages. Avec sa sarbacane, il peut en tuer trois ou quatre au moins avant que les autres s'en aperçoivent et se sauvent. Frappé par la flèche silencieuse, l'oiseau tombe au bas dQ l'arbre sans que ses voisins interrompent leurs occupations; c'est tout au plus si, le cou tendu, ils regardent la chûto de leur compagnon et s'ils en cherchent la cause. On dit que les vieux pénélopes ne sont mangeables que lorsquiu ont été ainsi frappés par une flèche imprégnée de curare, ce poison rendant leur chair tendre
et délicate, de dure qu'elle était. »
LES CRYPTURIDES
Ces pulvérateurs ressemblent encore aux gallinacés, mais, OD le reconnaît sans peine & première vne, ils établissent la transition de ces derniers aux rallidés.
Le Tinamou Tataupa, qui est sans conteste l*un des plus beaux crypluridés, a la tête, le cou et la poitrine gris ; le dos, les ailes et les couvertures de la queue d'un brunrouge ; les plumes du croupion noires, bordées de blanc et de jaune; l'œil d'un Jaune rougeâtre; le ttccnmgvd» corail; les pattes couleur de cliair. Sa longueur est de 0-26, l'envergure 0"« et l'aile 0"i3.
Chez tous ces oiseaux, dont la queue est sensiblement nulle, les femelles portent te même ptumat^equc les mAW et ont exactement les mêmes dimensions.
Répandus dans une grande partie de l'Amt^rique du Sud, les crypturidés habitent les localités les plus diverses : quelques-uns ne fréquentent que des lieux découverts, d'autres ne vivent que dans les forêts les plus épaisses ; ils se tiennent en plaine ou en montagne ; il en est même qu'on ne trouve qu'à plus de 4,000 mètres audessus de la mer.
Ils sont en quelque sorte liés au sol, car ils volent rarement et très lourdement, tandis qu'ils courcnt-avec rapidité dans les buissons et les hautes herbes, à l'instar des cailles. Sont-ils effrayés, le danger les frappe de stupeur ;
- ira —
ils S4' tapissent alors à ieri*e ou se cachent au niiUeii des graminées. Ceux qui vivent en forêt sont les seuls qui se branclient pour passer la nuit.
Leur voix se compose de plusieurs sifflements, forts ou faibles, se suivant parfois régulièrement comme une gamme et diGTérant tellement des cris des autres oiseaux que Tattention des étrangers, des indigènes même, en est vivement frappée. On entend d'habitude ces sons à la tom* bée de la nuit, mais rarement de jour.
I^s crypturidés se nourrissent de graines, de fruits^ de feuilles et d*insectes. Plusieurs dentre eux s'attaquent surtout aux fruits des cafeiers et des pahhiers.
On ne connaît pas encore d'une manière complète leur mode de reproduction ; on sait cependant que Ht plttfNirt vivent par paires, que tous nichent sur le iol, qa*i)s y creusent à cet effet une légère dépression où Us déposent un certain nombre d'œufs unicx)Iore<, que la mère guide ses petits pendant quelque temps, mais qu'ils ne tardent guère à se rendre indépendants.
Schomburgk dit qu'on rencontre souvent chez les Indiens des crypturidés captifs. On en a vus quelquefois aussi en Europe. Tout ce que l'on peut en dire, c'est qu*!ls sont fort ennuyeux en volière.
CHASSE DES CRYPTURIDÉS
Comme gibier, les crypturidés remplacent nos perdrix dans l'Amérique du 8ud ; on les y connaît sous ce nom ou so\i8 celui de cailles. Hommes et enfants les chassent, et tous les carnassiers, tous les rapaces rivalisent oncore
avec riiorume dans cette poursuite impitoyable. Certains insectes même, les fourmis qui voyagent en grandes bandes par exemple, détruisent beaucoup déjeunes.
Ces malheureux oiseaux ont peu de moyens d'échapper à tant de périls : leur vol est trop lourd, leur intelligence trop obtuse. Aussi deviennent-ils souvent la proie du chasseur le plus maladroit.
On les tue au fusil, on les prend aux pièges, on les chasse a cheval avec le lasso, on les force avec des chiens.
c Tschudi raconte que les Indiens dissent parfaitement leurs chiens à cette chasse. Lorsqu'un crypturidé est découvert, il s'envole mais se pose bientôt à terre; le chien le fait lever une seconde fois et, à la troisième, il s'élance sur lui et le tue. »
Les bons chiens d'Europe ne peuvent utilement chasser ce gibier; ils arrêtent bien, mais les hautes herbes empêchent le chasseur de les voir, et de plus l'oiseau ne part que s'il est bourré vivement. Les chiens indiens, au contraire, dressés à piller, chargent ces oiseaux, qu'ils saisissent presque toujours avec une adresse remarqua* bie et qu'ils rapportent plus ou moins bien à leurs maîtres.
TRACHYPELME DU BRESIL
Ce crypturidé, que les Brésiliens appellent macua ine8ure0"61 de longueur, l'aile (r25 et la queue 0"H ; so envergure est de 0"^. Ce qui le différencie des autre crypturidés, c'est qu'il possède une queue pourvue d véritables rectrices.
Il a le dos brun-roux, rayé transversalement de noir le ventre et la poitrine gris-jaune ; la gorge blanchâtre le cou marqué d'une bande jaune-roux, se dirigeant d chaque côté en arrière ; l'oeil gris-brun ; le bec brun fonc en dessous, gris clair sur les côtés ; les pattes gris-de plomb.
« Répandu dans toute la partie chaude de l'Amériqu du Sud, cet oiseau n'habite que les grandes forêts viergei Le jour, il se tient à terre où il court très rapidement vers le soir, il se lève bruyamment et se pose sur quelqu basse branche pour y passer la nuit.
« D'ordinaire, il trahit sa présence par son cri, qu' pousse le matin et le soir, quelquefois dans la journée, < qui consiste en un sifflement assez bas, sourd, sur un seule note, retentissant au loin mais bien rarement répét
■ Il se nourrit de fruits et d'insectes. Le prince de Wie a trouvé, dans l'eslomac de ceux qu'il a tués, des bail
rouges et des fruils durs, toujours du sable el du gravier, et enfin des restes de coléoptères et d^autres insectes.
« Le jnacoca se creuse dans le sol une légère dépressiou dans laquéfe, vers septembre, il pond neuf à dix œufe, quelquefois plus, grands, beaux, d'un vert bleu, que la femelle c^uve avec ardeur. Souv^at les cbiens du [MÎDoe se sont emparés de pauvres trâtîbypçlm^ qtli.OBfQttviieot alors se résoudre à quitter le nid.
CHASSE DU MACUCA
D'après fiurmeister, le macuca est un <)e$ gibiers favonç des Brésiliens; nous comprenons pariai4çfnwt;O0tte disr tinction Qatteuse, sachant combien est délicate et savoureuse la chftir de cet oiseau.
Pour s*en emparer, on avance silencieusement et ptrur depiment sous bois afin de le surprendre, eon^me Iq^ cbez nous les chasseurs du tétras urogaUe. Qs^ imite en outre le sifflement du macuca, qui répond au cri et.4^1p par Ik sa présence. Puis le fipsil faille te^ dto qi^on aperçoit Voiseau.
• C^rnooe on tire généralement à qo^rte distanqa d^ns cep l'opôt^ vierges, le plomb nun)éro 8 pourrait peut^t^tre ^ufr tire ; nous préférons n^annH)ii;is le numéro. 6.
P-ar ies Ruits tr^s sombres, on prend quejquefi^ les (rachypelmes dans des pièges.