CHASSE DU COURVITE ISABELLE
« Le trompeur d'enfants, comme on l'appelle aux Canaries, déjoue toutes les poursuites, non-seulement du jeune garçon qui espère le prendre à la course, mais encore celles des chasseurs, en maintenant invariablement une distance telle que le plomb ne saurait l'atteindre.
" Pour approcher cet oiseau, dit Bolle, il faut tourner tout autour de lui, en décrivant de grands cercles que l'on rétrécit modérément de plus en plus et ce sans avoir Tair de s'en occuper. Mais il faut encore une grande adresse pour le tuer à la course; un cavalier l'aborde bien plus près qu'un piéton; seulement le lir devient plus diflicilc. *
« I^s courvites que je vis k Alexandrie dans l'hiver de 18S0, dit Brehm, élaicnt devenus si défiants par suite de la chasse que nous leur fîmes, que nous ne pûmes plus les approcher, ni à pied ni à âne; nous dûmes nous tenir cachés dans des fosses, derrière des amas de pierres, et les faire rabattre sur nous. Ceci prouve lo développement de leur intelligence. ■
■ Aux Canaries, on prend beaucoup de ces oiseaux par un procédé très simple. Sous une grande ocuelle inclinée on dispose, dit Bolle, des grappes de nmïs; les courvites ne mangent pas de grains, mais ils becquèlont le maïs pour chercher les vers qui s'y trouvent, et, dès qu'ils touchent à une grappe, l'écuelle tombant les fait prisonniers. ■
La chairde ces oiseaux, celle des jeunes surtout, passe pour être très délicate.
LA GLARÉOLE PRATINCOLÊ
La f^aréoie pralincole on des prés, dite ausdi glaréole à collier et coiinae vulgairement souft les noms de pmleftes MObles, ktrmiielle de marais, perdrix àe tner, est un cliarinant oiseau.
Sa iMigueur est de (TSS, l'envergure de (r62, l'aite de (n9 et la queue de 0^7. Le mêle et la femelle sont presqae de mente taîMe.
Il a le dos gris-bruD ; le croupion, le bas de ta poitrine et le venb>e blancs; la gorge d'un jaune roussftire, mtourée d'un cercle brun ; la tête gris-brun ; les «trémilés des rectrices et des rémiges noires; l'œil brun foncé; le bw rouge de corail à sa oaissanoe, noir dans le reste de son étendue ; les pattes brun-noir.
Les pletges qui bordent la Héditerpanée et la mer Noire, les plaines qui longent le Danube et le Volga, les steppes de Ut Russie et de la Sibérie sont les points de l'Europe qu'babite cet oiseau.
■ I) est décile de confondre le glaréole avec un autre volatile, surtout avec nn écbaasier. Sa coarse très rapide est saccadée comme celle du pluvier, avec cette différence qu'elle hoche continuellement de la queue. Son vol ressemble plus à celui de la mouctic qu'à celui d'un échus-
sier ; il est remarquable par sa rapidilé, ses beaux Uétuurs, ses crocliets brusques, par son extrême variété- >
Sa voix peut se rendre par kliet; souvent ce cri esl suivi d'un ton ronflant, kerr. Naumann rend ces cris par karjiach et wedre.
La vue est sans conteste le sens le plus développé cliei cet oiseau.
Les glaréoles, courant ou volant, font pour vivre la chasse aux insectes, aux larves, aux libellules, aux sauterelles. Planant sans cesse (même lard le soir, comme les oiseaux crépusculaires) au-dessus des champs et des marais, elles se précipitent tout à coup, ouvrant leur bec largement Tendu, et, avec un claquement qui porte assez loin, elles liappent un insecte posé sur un brin d'herbe ou volant dans les airs. Ne fdt-ce qu'à cause des sauterelles qui, en certaines saisons, forment la base de sa nourriture, cet utile oiseau mériterait d'être sérieusement protégé.
Quand vient l'époque des amours, les glaréoles quittent les côtes de la Méditerranée; beaucoup s'arrêtent déjà dans les marais de la Hongrie, mais la masse se porte sur Ifîs bords des lacs du sud de la Russie, du centre de la Sibérie, du nord-ouest de l'Afrique et de l'Asie-Mineure.
• \ peine parvenus dans les localités où ils veulent se reproduire, ces oiseaux se séparent par paires et s'emparent d'un petit domaine qu'ils occupent sans le moindre combat. Chaque couple vit pour lui, et il esl bien rare d'en trouver plus de deux dans un voisinage immédiat. >
Pour nicher, ils recherchent les rives légèrement inclinées des marais, les p&turages des steppes dégarnis d'arbres et tes champs à demi -cultivés. La femelle dépose et couve quatre œufs dans une petite excavalion tapissée de chaumes et de racines. Sa tendresse pour ses petits lui inspire des ruses, qui souvent vont jusqu'au sacrifice de sa vie.
Les jeunes abandonnent le nid aussitôt nés ; d'instinct.
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ils savent Irts bien se cacher en se rasant à tei're. Leur croissance est extrêmement rapide.
En captivité, ces oiseaux s'apprivoisent au bout de quelques jours.