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LE CHIONIS BLANC

Ce pigeon, ou poule antarctique des navigateurs, a O'^ST de long et 0"60 d'envergure ; Taile au repos est de O^as.

« Il a tout le plumage d*une blancheur éblouissante ; la partie dénudée de la face et le tour des yeux couleur de chair, tournant au Jaunâtre; le bec verdâtre, avec la pointe noire et une tache d*un rouge-brun vers le milieu ; riris gris-bleu, entouré d'un cercle rouge-brun près de la pupille. »

Cet oiseau est confiné dans les terres australes. Beaucoup de navigateurs, depuis Forster, l'ont rencontré aux îles Malouines.

Il vit plutôt isolé que par troupes, ce qui ne dénote point de sa part des habitudes très sociables.

On le voit sur les rochers à fleur d'eau qui bordent les plages, mais on le rencontre aussi à une grande distance des terres, soit que le vent le jette au large, soit que l'espèce entreprenne des voyages. On en a vu en pleine mer se poser sur l'eau, sur les vergues des navires, ce qui a permis de constater que leur vol lourd n*est pas analogue à celui des oiseaux de haute mer.

Nous ne savons presque rien du genre de vie des chionis ainsi que de leur mode de reproduction. « Leurs mœurs, dit Lesson, sont farouches, et, bien que nous en

vissions de petites troupes, nous ue pûmes en tuer que deux. »

Il Taut du plomb numéro 6 au moins pour abattre ce pigeon, qui porte bien le coup.

A en croire Forster, cet oiseau serait immangeable ; ce

n*est cependant point Tavis des navigateurs Andersen, Guoy et Lesson, qui déclarent que sa chair, semblable à

celle du pigeon, est excellente pour la table.

L'HUITRIER-PIE

Lkpiede nier, pie de rivage^ pie^bécasse, bécasse de tner a 0"44 de long et 0"87 d'envergure ; Faile 0"26 et la queue O""!!. La femelle est plus petite.

« Le mâle a le dos, le devant du cou, la gorge d'un noir légèrement brillant; le bas du dos, le croupion, la région sous-oculaire, la poitrine et le ventre blancs ; les rémiges primaires et les rectrices noires, blanches à leur racine ; hris rouge de sang vif, orange au bord, entouré d'un cercle nu rouge-vermillon; le bec rouge- vermillon ; les tarses rouge de chair foncé. Il a, en hiver, à la gorge une tache blanche demi-circulaire. »

Cet oiseau se trouve sur toutes les côtes d'Europe, du cap Nord au cap de Tarifa ; il se montre aussi dans les îles de la mer du Nord et de l'océan Glacial, jusqu'au Groenland.

On ne le voit que bien rarement dans l'intérieur des terres, lors de ses migrations annuelles, parce qu'il n'aime pas à traverser les continents, préférant suivre les côtes et franchir même au vol des bras de mer. Aussi les huitriers, qui quittent les rivages de la Baltique et de la mer du Nord, vont-ils hiverner sur les côtes de France et d'Espagne, tandis que ceux qui habitent les mers de la Chine émigrent jusque dans le sud de l'Inde.

Cet oisea|i est aussi agile qu'il parait lourd et maladroit.

Il court par saccades et avec rapidité quand il le veut, mais d*ordinaire il marche ou trottine. Grâce à ses larges pattes, il peut se soutenir sur les sols les plus mous, les plus vaseux. Il ntge bien et le fuit sans y être contraint.

Son vol est rapide, vigoureux, généralement rectiligne, mais fortement ondulé, plus planant que celui des autres oiseaux de rivage.

A tout instant, il lance son sifflement huip, précédé d'ordinaire d*un cri prolongé kwihrrr; parfois, il crie kwik kwik kewik kewik. Au moment des amours, dit Brehm, il fait entendre des trilles harmonieux, variés, soutenus, br«f un véritable chant qu'on n'altefkhtàt guère d'un oiseau de ce^nre.

Aucun habitant de la côte n*edt aussi vif, agile, courageux, agaçant, querelleur. On peut dire qull a péellemeDt horreur de Timmobllité. D*une vigilance sans pareille, rim de ce qui «e passe sur la plage ne ki échappe ; aussi les autres oiseaux se n>glent-ils ^ur lui pour fuir le danger. Vienne un ennemi, un corbeau, une corneille, une grande mouette! au signal donné, tous les huitriers se lèvent, fondent dessus et Tattaquent avec fureur. S*ftgit-il d'un homme ! partout ils savent l'éviter. Ils connaissent le berger et le pêcheur dont ils n'ont rien à craindre et les laissent approcher; mais ils regardent d'un œil défiant tout autre individu, le chasseur notamment, et se tiennent invariablement hors de la portée du fusil.

Cet oiseau ne péchant pas les huîtres et étant de plus incapable de les ouvrir, on ne sait d'où vient son nom d'huRrier. Sans doute, il mange bien par ci par là quelques petits mollusques, crustacés et poissons, voir même des insectes; mais sa nourriture principale consiste en vers qu'il trouve en retournant les coquilles et les pierres.

« Le moment des amours venu, les bandes se séparent et les couples s*isoIent. On entend sans cesse alors, dit

Brclim, les chants des niàles et on peut assister aux combats qu*ils se livrent en Thonneur d*une femelle.

« Quelques hultriers, devenus pour ainsi dire sédentaii*cs, commencent à faine leurs nids au miUeu.d'avril, tandis que ceux qui émigrent ne s'en occupent qu*un peu plus tard. Tous semblent rechercher pour cette installation les prairies à herbe courte situées près de la mer ; à défaut, ils s'établissent au milieu des fucus rejetés sur la plage par les vagues.

« Le nid consiste en une légère dépression que Toiseau creuse lui-même. Chaque ponte est de trois œufs, qui sont couvés avec ardeur par la femelle, excepté dans le milieu du jour. Le mâle ne la relaye pas, mais il la remplace quand elle vient à périr.

« Les jeunes éclosent au bout de vingt-un à vingt-deux jours^ et sont guidés par leur mère. En cas de danger, ils se blottissent d'habitude, bien qu'ils sachent se mouvoir dans Teau, nager et plonger parfaitement, voir même courir au fond près d'une minute et plus. Les deux parents, alors qu'ils conduisent des petits, sont plus prudents et plus hardis qu'à toute autre époque. »

Les hultriers, vieux ou jeunes, se nourrissent et s'apprivoisent fSacilemeht. Ils s'habituent vite à la captivité, pour peu qu'on les soigne bien, et font du reste commerce d'amitié avec les autres oiseaux de la basseHM)ur, à l'égard desquels ils reprennent le rôle de gardiens et de sentinelles contre les rapaces de l'air.

— 'jmul —

CHASSE DE L'HUITRIER

« La chasse de rbuitrier est diflBcile, car cet échassier sait parfaitement distinguer les gens dangereux de ceux qui ne le sont point pour lui. Cest, au dire de Brelim, pendant son sommeil de midi qu*on peut rapprocher le mieux ; mais son ouïe est si fine qu*il faut s'avancer avec une extrême prudence; le bruit des pas suflSt pour le réveiller. »

Gomme on tire généralement cet oiseau d'assez loin, comme de plus il a une grande résistance vitale qui lui permet de supporter de graves blessures, le plomb numéro 6 est le plus petit que Ton doive employer.

Des amateurs prennent de temps à autre quelques huitriers à Taide de collets amorcés, dans le but de les garder en volière.

Leurs œufs, à tort ou à raison, passent pour un mets délicieux ; nous n'en dirons pas autant de leur chair, dont nous avons tité en Algérie à deux reprises différentes ; elle a en effet un goût tellement désagréable qu'il est impossible de la manger; un vieux corbeau flatterait mieux le palais!...

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