CHASSÉ DU CHEVALIER À PIEDS VÈÎ^TS
c Cet oiseau est excessivement craintif; Tinstinct de la conservation lui inspire dans tous ses actes une extrême prudence ; il iae faut dès lors point être surpris d'apprendre que sa châsse est fort difficile. »
< A la vue d*uh piéton,. d*un homme à cheval ou d'un batelier, si peu que leurs allures lui semblent suspectes» il s'envole de loin^ rhonte haut dans les airs et ne s'abat qu'à une grande distance. Aussi ne le tire-i-on pour ainsi dire jamais qUe dans ses quartiers d'hiver, IS où il est souvent en contact avec des hommes qui ne lui font aucun mal.
Il résulte de ce qui précède que le plomb numéro 6 est le plus petit qu'on puisse employer pour abattre cet oiseau.
c On le capture quelquefois dans des pièges ; mais, suivant Naumann, il se montre très prudent, bien qu'il réponde à l'appel de l'oiseleur. Il regarde avec méfiance la hutte d'où part le cri d'appel, les engins disposés autour
et demeure longtemps immobile avant de s'avancer; rare-
mont il s abat sous le liiet ; il se pose d*habitude à quelque distance et y arrive en marchant- Il faut cesser d^appeler dès qu*il a pris terre, car sa prudence est en éveil, son oreille est difficile à tromper et tout bruit inaccoutumé, se produisant dans la butte, le chasse pour toujours. A-t-il vu le fllet tomber et a-t-il pu s'échapper, il ne reviendra jamais. Plusieurs chevaliers se montrent-ils en même temps, loiseleur doit se contenter d*en prendre un ou deux, attendu quMls n*arrivent jamais tous ensemble sous le piège. »
lA capture d*un oiseau aussi rusé fait bien plus de plaisir que la prise si facile d'un grand nombre de stupides tringidés. « Jadis il y avait à Halle, dit Brehm, des gens qui aimaient cette chasse avec une telle passion qu'ils faisaient volontiers trois lieues pour aller s'y livrer sur les bords du lac salé. Ces amateurs ne se croyaient pas payés suffisamment de leurs peines si, parmi leurs prises, ne se trouvait au moins un hennick^ comme ils appelaient le chevalier à pieds verts.
« Ces oiseleurs étaient très habiles pour imiter son cri d'appel ; ils le faisaient d'ordinaire avec la bouche, quelques-uns seulement avec un sifflet en os. >
Pour tous les chasseurs aux filets, la capture de cet échassier a une grande importance, parce que les autres oiseaux arrivent à son cri d'appel ; aussi s'efTorcent-ils d'abord d'en prendre un. Quand ils y sont parvenus* des centaines d'autres espèces aquatiques tombent à l'envi dans leurs filets.
L'ECHASSE