‹ Les chasses du globeChapitre 145 sur 206 · AUX PIEDS ROUGES · texte numérisé non relu

AUX PIEDS ROUGES

IjSl longueur de cet oiseau est de 0^40, son envergure de 0^74, l'aile de 0"25 et la queue de 0*08.

c lia, dans son plumage du printemps, à Tocciput une ligne étroite derrière le cou et le manteau noirs, à reflets verdâtres pour ce dernier; la queue d*un gris-cendré; le reste du plumage blanc, avec un léger reflet rose sur la moitié antérieure du corps. L*œil est d*un rouge-carmin superbe; le bec noir; les tarses sont d'un rouge-carmin pâle ou rouge-rose. Les teintes, chez la femelle, se montrent seulement un peu moins vives. »

L'échasse aux pieds rouges habite le sud et le sud-est de TEurope, le centre de l'Asie et le nord de l'Afrique ; elle appartient donc à la zone chaude et tempérée. On la compte cependant, et avec raison, parmi les oiseaux de l'Europe centrale, car on l'y a observée plusieurs fois, et elle s'y est même reproduite. On commence à la trouver en grand nombre en Hongrie; on dirait qu'elle ne fait que traverser TEspagne et la Grèce lors de ses migrations, et qu'il en est de même pour le sud de l'Italie. On la voit toute l'année, en nombre considérable^ dans le sud de la Russie et en Egypte, d'où elle se répand dans les pays du cours supérieur du Nil, de même qu'elle va des grands lacs salés de l'Asie centrale jusqu'aux Indes.

bans la ïDoyenne et basse Hongrie, on trouve Fécha.-se auprès de tout étang salé d'une certaine étendue; mais elle est bien plus commune en Egypte, où des bandes de deux à trois cents peuplent \es lacs, vivent près et même dans rintérieur des villages, habituées à Thomme plus que partout ailleurs, par lu raison bien simple que les Arabes, qui se [)laisent à les voir, n'ont jamais songé à leur faire du mal.

Cette espèce parait phis sociable que tous les autres totanidés. Elle habite les mêmes lieux, mais, grâce à ses longues jambes, on la voit aller plus avant dans Feau pour chercher sa nourriture ; on remarque encore que sa démarche n*est ni maladroite ni v^c^lantp.

liC vol de réchasse se montre léger, beau, rapide, gracieux ; en s'enlevant de terre, elle bat des ailes avec rapidité et, arrivée h une certaine hauteur, elle navigue dans l'air plus lentement, plus pogémenl; avant de s'abattre, elle décrit toujours en planant une ou plusieurs lignes ondulées. Lorsqu'elle vole, comme elle étend directement en arrière ses longues pattes, cela lui donne up aspect si singulier qu'on la reconnaît <jle suite.

o Baldamus a noté parfaitement la voix de cet oiseau : houiltj houett, liouitt, houett, houitty hùuetU witi^ witt, wetU wetL C'est surtout pendant la saison des amours qu'il fait entendre son cri, et il ne le pousse qu'en volant ou quand il va prendre son essor. »

Les échasses se nourrissent principalement sinon exclusivement d'insectes. On les voit occupées tout le jour à leur faire la chasse, à les prendre dans l'eau, dans la vase ou bien au vol.

Cet oiseau niche en Egypte vers avril ou çiai, peut-être un peu plus tard du côté de la Hongri.0 et de la Russie. Le nid grossier n'est qu'une couche d'herbes sèches à peine suffisante pour mettre les œufs, au nombre de quatre, % l'abri de l'humidité ; il paraîtrait qne sa structure par

trop rudinientaire se perfectionne au cours de Tincubation. Combien dure-t-elle et comment les jeunes s'élèventils y Nous ne le savons pas.

« Nul, dit Brehm, n'a jamais vu de ces oiseaux en volière, et nul n'a jamais ouï dire qu'on en ait tenus en captivité. »

Page 1