‹ Les chasses du globeChapitre 151 sur 206 · CHASSE DU BLONGIOS NAIN · texte numérisé non relu

CHASSE DU BLONGIOS NAIN

« Pour bien chasser le blongîos, il faut connaître à fond ses mœurs. Jamais, dit Naumann, on ne peut le faire partir en jetant des pierres dans les roseaux ou en les battant à coups de gaule. Vouloir le surprendre de jour, c'est se donner une peine inutile. Grâce à ses sens très développés, c'est lui qui le premier aperçoit le chasseur, et il est trop craintif pour ne pas se cacher aussitôt et de plus assez rusé pour choisir à temps la meilleure retraite, déployant alors une astuce qui fait honneur à son intelligence. Naumann raconte, à titre d'exemple, comment un blongios, qui habitait un petit étang, rabattu par des chiens et des traqucurs vers une nombreuse société de chasseurs dont il faisait partie, put tromper ces derniers. Après une poursuite de plus de deux heures, ils furent contraints de s'en aller les mains vides. »

Suivfinl lo> «liNlaiices, un emploie du plomb des numéros s. i; ou t.

N«»;i.jlistanl un goùl assez prononcé de poisson, la chair M.iihlje du bluîijjios |»eul se manger; on en fait un salmis s'î|HTiour en t«»ut i^as à celui de la poule d'eau.

LA GRUE CENDREE

Cet oiseau est long de 1"'48, l'envergure de 2"55, l'aile de 0-69, la queue de 0'"22.

< Il a tout le plumage d'un beau gris cendré, avec le front, le dessus des yeux, les lorums d'un noir profond, à reflets d'un bleu verdâtre ; les ciîtés du cou blanchâtres ; les rectrices noires ; l'oeil rouge-brun ; le bec rougeàtre à la base, noir-vert à la pointe ; les tarses noirâtres. »

La grue cendrée a pour patrie le nord de l'ancien continent, depuis la partie orientale de la Sibérie centrale Jusqu'à la Scandinavie. De là, elle émigré d'un côté dans le eenlre, l'ouest et un peu le nord de l'Afrique, de l'autre aux Indes et à Siam en traversant la Cliine.

Ces échassiers, en bandes qui alîectent conslanimenl la disposition triangulaire, suivent, à l'aller comme au retour, une direction invariable qui est la route tracée dans l'air par tous les oiseaux migrateurs, visant au départ l'Egypte, le nord de l'Afrique et les Indes.

La grue cendrée possède des facultés intellectuelles remarquables. C'est un oiseau des plus prudents et des mieux doués. Il marche d'un pas gracieux, léger, mesuré, tranquille et digne, ne courant que s'il y est forcé. A certains moments toutefois, on le voit se départir de sa gravité solennelle pour se livrer à divers exciTices réeréalifs:

il saule (le joie, prend les postures les plus singulières, ouvre les ailes et danse, ou bien il s'envole et décrit des cercles superbes.

Bien qu'ordinairement il vive en bon rapports avec les espèces les plus voisines, parfois, en dehors de l'époque des amours, on voit des batailles assez sérieuses dans les bandes pour que un ou deux oiseaux se trouvent hors d'état de suivre leur compagnie. '

Kn cMé, la grue se nourrit surtout de matières végétales, sans cependant négliger les petits animaux, vers, insectes, coléoptères, sauterelles, grillons, libellules, grenouilles et menus reptiles. En hiver, elle ne vit autant dire que de graines.

A peine arrivé dans le pays de reproduction, chaque couple prend possession de Tétang où il veut nicher et ne tolère dans un certain rayon la présence d'aucune autre paire. 11 se met de suite a construire son nid, dont la base, établie sur un petit ilôt de gazon ou sur un buisson peu élevé, consiste en branches sèches qu'il recouvre, sans art, de Teuilles, d'herbes, de joncs, tout en excavant légèrement le milieu de ce grossier amas. La femelle y dépose deux œufs que les parents couvent à tour de rôle. Ils défendent leur progéniture avec le plus grand courage contre tous les ennemis, mais ils fuient toujours devant l'homme.

Malgré leurs lourdes pattes, les jeunes grues courant très vite et savent à merveille se cacher dans les hautes herbes ou dans les joncs. Les père et mère, qui ne trahissent jamais la présence de leurs petits, s'empressent, à la moindre apparence de péril, de les emmener au loin. Sont-ils captifs dans le voisinage, ils vont les visiter.

En captivité, la grue accepte tous les régimes ; mais on peut la conserver plusieurs années en ne lui donnant que dos graines, pois et fèves, au liou de céréales. Le pain est pour elle une friandise ; elle mange avec plaisir des poni-

mes (Je terra cuites, des raves coupées, des choux, des fruits; enfin, elle ne dédaigne pas un morceau de viande fraîche et ne perd aucune occasion de prendre une souris ou un insecte.

La chair des grues est de haut mais agréable goût. Les jeunes fournissent un rôti tendre et des plus délicals.

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