CHASSE DE L'ANTHROPOÏDE DEMOISELLE
Cet oiseau est si prudent qu'on n'arrive presque Jamais à faire feu à bonne portée. Il ctioisit d'abord pour son lieu de repos un endroit d'oîi il découvre un vaste ttorizon ; puis, pour peu qu'on l'ait déjà traqué, il manque rarement de poser des sentinelles ; enfin, avant de prendre pied sur le sol, des éclaireurs ont toujours bien exploré le terrain.
« On ne lue guère d'anlhropoïdes, dit Brehm, que la nuit, dans leurs retraites habituelles, et, bien qu'ils n'aiment pas à les quitter, ils les abandonnent invariablement dès qu'on les y a chassés. »
Radde cite encore un fait qui prouve leur excessive méfiance. " Je disposai, dit-il, quelques collets -dans un champ et je les amorçai avec du froment ; Je parvins ainsi à prendre une demoiselle ; mais les autres en devinrent tellement craintives et méfiantes que, dans la suite, elles évitèrent constamment ce champ et que je ne pus plus les approcher, o
D'après Pallas, les Kirghises chassent avec ardeur les anthropoïdes pour orner leur coiffure de deux cornes provenant des plumes noires de la gorge de deux de cesoiseaux.
Aux Indes, on les chasse au faucon, plus pour s'amuser que pour leur chair. Un pareil vol dure longtemps, parce que la demoiselle, ainsi poursuivie, franchit toujours plusieurs kilomètres avant que le rapace puisse s'en emparer. Il faut qu'il parvienne à la saisir par le dos ; car, s'il la prend au cou, bien qu'elle ne se défende pas avec le bec, il peut être grièvement blessé à coups d'ongles. Il arrive parfois que les compagnes de l'oiseau ainsi attaqué viennent à son secours .et forcent alors le faucon à battre en retraite.
LA BALÉARIQUE PAVONINE
Cet oiseau, vulgairement dit grue des Baléares ou gruepaon, a l'"04 de longueur, 1"98 d'envergure, 0"54 d'aile et 0"*23 de queue.
< Il est noir. Il a la couronne de plumes filiformes mêlée de jaune d'or et de noir; les couvertures des ailes entièrement blanches; les rémiges secondaires d'un brun-roux, les primaires et les rectrices noires ; l'œil blanc ; la peau nue des tempes blanche, celle des joues d'un rouge vif; le bec noir; les tarses noirâtres. »
C'est un oiseau de l'Afrique centrale, où on le trouve au sud du i7* de latitude nord. Dans le sud de l'Afrique, une espèce voisine le remplace. Il se montre commun dans l'ouest, et on le rencontre dans l'est de ce continent au sud du 15° de latitude.
La baléarique pavonine vit par paires dans la saison des pluies et en bandes de cent individus au moins le reste de l'année. Elle se tient sur les rives des fleuves qui sont couvertes de buissons et dans les forêts clairsemées, venant chaque jour sur les bancs de sable pour boire.
Elle marche le corps relevé, le dos peu recourbé, la couronne droite. D'ordinaire, son allure est lente; mais, si on la poursuit, elle court assez rapidement pour échapper à un homme.
Avant de prendre l'essor, elle s'enlraine les ailes ouver-
k:^- n:i la ^•.•il euiiiile ^oler lenteiiieiiU battant Tair avec i!.e<uiv, eîen Jjnt le cou et rejetant sa couronne en arrière.
•>t oiseau. q:ân«l il est excité, se livre à une sorte de ilinse an^iili^re ; une apfiarition insolite, la venue d'une ^isiVLise, f^'ut-ètre bien des velléités amoureuses, s :S:>ent j^ut le n.etlre en branle. On le voit alors sauter à un n.cîre et pîus du s-?l. les ailes denii-ouvertes, et retom- Wt taiilût sur une patte, tantôt sur les deux. Il est fort à présj.T.er que cette pyrrhique extraordinaire doit être pr»»[reau niâle.
Le cri de la baîcaj'i*|ue pavonine est perçant et porte f. rt l'jîn ; îl est assez bien rendu par son nom arabe
t!le senouiTît presque exclusivement de graines diverses^ Sans nép'Iî^er toutefois les bourjreons, les pousses d'r.erL-os, les fruits, les insectes, peut-être bien les coquillaèvs et les iLeniis puissons.
Le genre de vie journalier de cet oiseau est très réglé; au le^erdu sc»!eil, il quitte son lieu de repos pour la steppe, où il reste en\ iron deux heures à chercher sa nourriture, puis il ga^pe les bancs de sable des fleuves pour boire, faire sa toilette et danser. Bien qu'en général son repas du matin lui suffise, il se livre parfois Taprès-midi à une courte excursion afinientaire. Vers le soir, les bandes se Si^parent en petites troupes, qui regagnent chacune leurs lieux de repos et ^vissent la nuit sur des arbres, où il est à peu pivs certain que ces oiseaux nichent.
IVpuis longtemps, les indigènes de l'ouest de TAfrique, les prenant jeunes, élèvent en captivité les baléarlques, et on eti amène saunent en Europe, oii eHes attirent l'attention des visiteurs par leurs danses dès qu'elles etilefide^il de lit musique.
La chair des jeunes, tendre ef délicate, donne un délicieux riMi ; maii on doit mettre les adultes à feîsander cl mariner avant dVn confectionner d'excellents pâtés froids.