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L'AIX DE LA CAROLINE

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« I/aix ou canard de la Caroline est un des plus beaux oiseaux qui existent. H a le haut de la tête et les joues, entre l'œil et le bec, d'un vert foncé brillant; les cotés de la tête et une grande tache sur les côtés du cou d'un vertpourpre à reflets bleuâtres; les plumes de la huppe d'un vert doré, marquées de deux bandes blanches, étroites, se prolongeant en avant, l'une au-dessus, l'autre au-dessous de l'œil ; les côtés du haut du cou et du haut de la poitrine d'un brun-châtain vif, parsemés de petites taches blanches; les scapulaires, les rémiges primaires et les rectrices, à reflets bleu-pourpre, passant au. vert et noir de velours; les plumes interscapulaires, celles du bas du dos et les couvertures supérieures de la queue d*un Vertnoir ; quelques-unes des couvertures latérales de la queue, étroites, allongées, d'un orangé rougeâtre; tes sous-caudales brunes ; la gorge, le menton, une bande qui entoure le haut du cou, le milieu de la poitrine et du ventre blancs; les flancs, d*un gris jaunâtre, finement moirés de noir; quelques plutnes, plus longues que les autres, noires

(1) Bien que la, cimsse de ce canard soit cxacteraciit scmblu- Me à celle de ses congénères, nous ne pouvons résister à l'envie de dire quelques mots sur ce magnifique oiseau, qui mérite saus conteste le prix de la beauté.

el burdttrs duu lai*ge liseré blanc; l'œil rouge vif; les paupières rouge-orange ; le bec jaunâtre au milieu, d'un rouge brunâtre foncé à la base, noir à la pointe ; les pattes d'un jaune rougeâtre. •

Le nmie a 0"i8 de long, 0*76 d'envergure, 0-i4 d'aile et (ril de queue. La femelle, un peu plus petite, ne porte pas de buppe, et les couleurs de son plumage apparaissent bien moins vives.

Cet oiseau habite tous les Etats-Unis, depuis la Nouvelle- Ecosse, au nord. Dans ses migrations, il arrive régulièrement dans TAmérique centrale et dans les Indes occidentales. En thèse absolue, on le voit rester toute Tannée sur les points où les eaux sont libres l'hiver.

Ses allures sont gracieuses; il marche et nage aussi rapidement que le canard. Son vol, sauf de nombreuses variations, se montre autant soutenu. En cas de danger, il plonge bien, et, vers le soir, on le voit glisser comme une flèche dans la cime des arbres.

Sa voix est un pi piii très harmonieux, doux, traînant; le cri d'avertissement du mâle est un houie houic assez S(.Miore.

Au point de vue de la finesse des sens, le canard de la r^n^line est.égal ou supérieur à tous les autres anatidés.

Il se nourrit de graines, de jeunes pousses de plantes aqualique^, de céréales, de vers, de mollusques, d'insectes qu'il happe dans l'air ou qu'il trouve parmi les feuilles jonchant le sol. II mange encore de petits reptiles et d'auti^es menus vertébrés, de sorte que son régime est tout aussi varié que celui du canard sauvage.

(Test un peu avant et pendant la saison des amours que Taix déploie toute sa beauté, toute sa grâce. Vers le mois de mars, les familles se séparent, et chaque couple se met en quête d'un endroit convenable pour nicher. Cette iXYherohe sur les arbres aboutit à la prise de possession (lu nid d'un grand pic inqKTial ou d'un écuaniil, voir même

cViine simple crevasse de rocher ;el celle demeure sert plusieurs années. Ce n'est point du reste aux environs des nids que se livrent les combats amoureux, mais bien sur Teau.

La ponte varie de sept à douze œufs, et la durée de Fincubation est de vingt-cinq à vingt-six jours. Dès que la femelle commence à couver, le mâle Tabandonne, se joint à ses semblables, erre avec eux et se rend vers quelque pièce d*eau pour y passer le temps delà mue. Il résulte de là que tous les soins de Télevage incombent à la cane.

Quand le nid est situé au-dessus du Teau ou d'un épais t^pis de gazon, les jeunes sautent en bas d'eux-mêmes, n'ayant guère à espérer d'être soutenus par la cane dans leur périlleuse descente. Un fois à terre, ils passent leur première jeunesse comme les halbrans chez nous, mais en plus ils ont à redouter les gros serpents, les alligators et même les grandes tortues. A la fin d'octobre, ils muent, puis rejoignent leur père qui vient de revêtir son plumage de noces.

Wilson et d'autres auteurs disent que l'on ne rencontre jamais les aix de la Caroline en grandes bandes, tandis que Audubon affirme en avoir vu des vols de plusieurs centaines d'individus.

C^t oiseau, même pris adulte, s'habitue plus rapidement à la captivité que les autres canards. Il se reproduit sans peine, si on le met dans de bonnes conditions ; pour peupler un parc, il a encore un grand avantage, c'est que rinstinct de migration est chez lui moins développé que chez les autres anatidés.

La chair de cet oiseau passe pour être délicieuse du mois de septembre jusqu'à l'entrée de l'hiver. Aussi, dans cette période, ces canards sont-ils traqués sur tous les points et en voit-on des milliers en vente sur les marchés de l'Amérique, oii on n'a pas encore pensé à domestiquer

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L'jix se c!ia>2« o>niiiie Unis les autres canards. Il se n>:Jn? «fAt*:-nJ n>.>: qs craintif qu'eui Tis4i-visderbomnie; n*a.s. k-nqj'd se ^t>it traqué sans rdâclie, il devient pruilefit, uirÉanL. et pinploie bien nte^ pour assurer son saiùt, le$ ruies vant*es qui sont en usage étiez ses congéiir-r^s.

Le p««inib \e plus petit dont on puisse fructueusement se servir âi «^te ctias^eesl le numém *.

LE CAIRINA MUSQUÉ

Cet oiseau, qui dans sa patrie est à Fétat domestique depuis la plus haute antiquité, a reçu, on ne sait pourquoi, les noms de eatiard musqué, canard turc, canard de Barbarie.

Le mâle a 0"88 de long, 1"*Î9 d'envergure, 0"'40 d*aile et 0*"2i de queue. La femelle est beaucoup plus petite.

Le cairina musqué habite une grande partie de l'Amérique du Sud, depuis le Paraguay jusqu'à la Guyane.

On le trouve à l'embouchure des fleuves, sur leurs parcours h travere les forêts vierges, sur les bancs de sable de la côte, dans les marais des savanes et les marécages dos déserts; on l'a vu enfin aussi à une altitude de cinq cents mètres au-dessus du niveau de la mer.

t Pendant la chaleur du jour, dit Schomburgk, il recherche un endroit ombragé sur la rive ou sur un banc de sable; le matin et le soir, il est en quête des poissons, des mollusques, des algues, des plantes aquatiques, dont il se nourrît. II passe la nuit sur des arbres élevés, et il s'y réfugie de jour lorsqu'on l'effraye.

« Son vol, quoique lourd, est extrêmement rapide; assez fort, il ressemble au bruit des perdrix partant d'effroi.

« La saison des amouTs pousse les mâles à se livrer de violents combats, du moins avons-nous trouvé à cette

opoquc de grandes étendues de terrain couvertes de plumes de ces oiseaux.

« Le nid est installé près de la rive, tantôt dans le creux d'un arbre, tantôt sur des branches. La femelle se montre très soucieuse de ses petits, les fait cacher au moindre danger, et ensuite les rassemble par des cris tout particuliers. Notons en passant qu'on a trouvé des jeunes en mai et même en septembre. »

Au Brésil, cette espèce domestiquée remplace nos canards. En Europe, quelques amateurs en ont, bien qu'ils sachent qu'un hiver rigoureux leur est toujours fatal.

Les mâles en vieillissant deviennent très querelleurs; ils domptent les plus forts dindons et les tueraient même si on n'intervenait pas. Une fois parvenu au paroxysme d'une fureur lente à se développer, cet oiseau, qui siflOe avec rage comme la vipère, se jette non-seulement sur les enfants mais encore sur les grandes personnes, et il faut alors recourir au balai d'écurie pour s'en débarrasser, comme nous avons pu le voir pendant un élevage d*unc dizaine d'années (1853-1863), à Bougie.

Durant cette période, nous avons pratiqué le croisement du cairina avec la cane ordinaire, et les métis obtenus ne laissaient rien à désirer comme délicatesse et goût lorsqu'on les faisait rôtira cinq ou six mois, en ayant bien soin de les étouffer au lieu de les saigner.

Il faut choisir pour ce croisement des canes robustes et des mâles à peine adultes, les vieux fatiguant outre mesure et blessant même presque toujours les femelles par suite de leur trop grande pesanteur et de leur brutalité d*allure.

On doit enfermer avec le plus grand soin la femelle du cairina au moment de la pointe, car alors elle s'évade très volontiers. Nous en avons perdu plusieurs ainsi.

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