‹ Les chasses du globeChapitre 161 sur 206 · LÉ MARABOUT A SAC · texte numérisé non relu

LÉ MARABOUT A SAC

> Les plus hideux des ciconiidés sont, JU Brelini, les marabouts, ou cigognes à jatml, car leur œsophage s'élargit inférieurement et forme un sac qui remplit l'offlce de jabot. Ils ont le corps robuste, massif; le cou épais, nu ou couverl de quelques plumes duveteuses ; la tête dénudée ; le tMC énorme, très épais, quadrangulaireà [a base, poititu et conique à son elttrémité; les pattes hautes; tes ailes fortes et obtuses ; la queue moyenne. ■

Le marabout à sac, qui est indigène d'Afrique, mesure 1"6S de long, sur lesquels 0"50 appartiennent au boc et 0"34 à la queue; l'envergure est d'environ 3"30 et l'aile de 0-77.

Sa Coloration se compose de vert foncé à reflets métalliques pour le manteau, de blanc pour le reste, de blanc et noir pour les ailes, la queue et les tarses. Le bec est jaune sale et l'œil brun.

I Dans les contrées que j'ai parcourues, dit Brehni, on rencontre le marabout & sac vers le 15° de latitueje nord ; à partir de là, il n'est pas rare le long des deux Nils.

■ Cet oiseau se trouve invariablement au voisinage de toutes les localités où se tiennent des marchés, et de celles où l'on abat régulièrement du bétail k certains jours de la semaine.

• Itens le nord de son aire de dispersion, il arrive en

niai, s*eu va en septembre ou octobre pour nicher dans les forêts situées plus au sud et reparaît en décembre, l'ieuvre de la reproduction étant accomplie.

« Je n*ai jamais trouvé de nid, ajoute Brehm ; les indi* gènes eux-mêmes n*ont rien pu m*apprendre à ce sujet; ils m*ont seulement affirmé que Yabou-sein nichait sur des arbres. Cest à Chartboum que j*ai le plus souvent observé le marabout.

« Cet oiseau frappe tout le monde par son port siugulier; il ressemble à un homme peu civilisé, qui revêt pour la première fois un habit de cérémonie et ne sait pas le porter avec la dignité et Taisance voulues.

c Les allures sont parTaitement en harmonie avec ce port ridicule. Tout en lui respire Tindolence, la tranquillité. Chaque pas, chaque regard, semble mesuré et csl grotesquement compassé.

« A moo arrivée à Charthoum, les marabouts vivaient dans les meilleurs rapports avec les bouchers aux portes de la ville ; ils entraient dans Tabattoir, ramassaient les débris et tourmentaient même les gens avec impudence jusqu*à ce qu*on leur eut donné quelque chose. Les Européens qui habitaient le pays, ignorant la valeur de leurs plumes précieuses, ne les tiraient pas. Dès que nous en eûmes abattu un dans notre première excursion de chasse, ils vinrent bien toujours à Fabattoir, mais ils posèrent avec soin des sentinelles, et ils s'envolaient aussitôt qu'un blanc se montrait au loin. »

Leur vol est superbe, majestueux ; il ressemble beaucoup à celui du vautour. Dans leurs orbes, on les voit rare* ment battre des ailes.

11 n*existe pas d'oiseau aussi vorace que le marabout. On a retiré de Tœsophage des oreilles de bœufs entières, des Ipieds de bœufs avec leurs sabots, des os de dimensions telles^qu'aucun autre oiseau n'aurait pu les déglutir. Bourrés ainsi, ils vont encore pêcher dans les Nils avec

beaucoup d'habileté et prennent souvent de belles pièces, en sus du fretin qui abonde.

Les marabouts sont toujours en lutte avec les chiens et les vautours; mais, arrivés près d'une charogne, ils savent se faire octroyer une place au banquet en distribuant des coups de bec à droite et à gauche.

Ces oiseaux s'apprivoisent très vite, quel que soit leur âge, grâce à leur extrême voracité. On peut sans crainte les mettre dans une grande volière peuplée ; ils conquièrcnt de suite la suprématie près de la mangeoire, mais, une fois gorgés, ils se montrent fort doux et n'attaquent jamais un autre animal, à moins d'en être continuellement harcelés.

Il va sans dire qu on ne mange pas la chair infecte du marabout et qu'on se borne à lui enlever ses précieuses plumes.

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