CHASSE DU RENARD BLEU
Les pygargues et les faucons chassent cet animal avec un certain succès, Sleller a vu un aigle saisir un renard entre ses serres. Tenlever à une grande hauteur et puis lo laisser choir sur le sol où il se brisa.
Ces animaux le plus souvent se montrent si voraces qu'on peut d'une main leur tendre un morceau de viande et de l'autre leur asséner un coup de hache. Lorsqu'on creuse un trou, dans lequel on jette de la chair, à peine a-t-on tourné le dos que l'excavation est pleine de renards qu'il est facile d'assommer à coups de bâton.
Les Osfiaques et les Samoyèdes, par les fortes neiges, prennent aisément ces animaux, qui alors se bâtissent d'ordinaire un couloir au fond duquel ils se réfugient. Pour s'assurer de la présence de la bête dans cette cachette, le chasseur indigène met l'oreille à l'entrée, tout en travaillant la neige avec sa forte pelle en bois de renne, et le renard réveillé par le bruit, se décèle alors par des bâillements et des éternuements. On le saisit par la queue et on lui brise la tête contre une pierre, opération qui doit être faite avec adresse et promptitude sous peine de cuisantes dentées.
Il ne semble pas que les lacets et les trappes soient en usage dans les contrées polaires.
LE RENARD CORSAC
Cel animal, qui est une des espèces de renard les plus petites et en même temps les plus sauvages, a une taille intermédiaire entre le renard bleu et le chat domestique. Son corps mesure 0"85 et sa queue 0"33.
Son pelage roux-jaunâtre en été devient brun-jaunàtre ou blanc l'hiver. Dans cette dernière saison sa fourrure est fort recherchée.
Le corsac (kirsa des Mongols) habite toutes les steppes de la Tartarie, du Volga et de la mer Caspienne jusqu'au lac Baïkal.
Il fréquente de préférence les lieux secs et solitaires dans le voisinage des cours d'eau ; passant tout le jour dans des terriers peu profonds et à plusieurs issues qu'il creuse |
lui-même, il n'en sort que la nuit pour vaquer à sa nour- '1
riture et pour faire entendre sa voix, qui, quoique moins ,A
glapissante que celle du chacal, est tout aussi désagréable. ^
On prétend qu'il ne boit jamais. '^
Pour surprendre sa proie, il montre autaiit de finesse, ■]
de ruse et de patience que son congénère d'Europe. Sa ^
nourriture consiste surtout en petits rongeurs, sans préj u - 1
dice des oiseaux qui dorment à terre, des lézards, des grenouilles et des poissons. ^
L'accouplement a lieu vers le mois de mars, et la gestation i
dure de soixante à soixante-cinq jours. En mai ou juin, la
femelle met bas de six à neuf petits qu*elle allaite pendant cinq ou six semaines; après quoi, elle les fait sortir du terrier, leur apporte à manger et, peu à peu, leur apprend à choisir leur nourriture et à chasser.
Il résulte des observations deHablitzel (1) qu*il est assez facile de nourrir un jeune corsac captif, mais qu*on n'arrive jamais à TapprivoisQr.
Tous les ans, de quarante à cinquante mille peaux d*hiver sont mises dans le commerce, sans compter celles que les peuplades Tartares emploient elles-mêmes. La Chine est le principal débouché ; puis vient la Russie.
Les indigènes seuls mangent avec plaisir la ohAii^ du corsac.