‹ Les chasses du globeChapitre 18 sur 206 · CHASSE DU RENARD CORSAC · texte numérisé non relu

CHASSE DU RENARD CORSAC

La fourrure d*hiver du corsac très douce, très épaisse, très chaude et très belle, est fort recherchée; aussi cet animal, en vue du lucre, est-il chassé avec ardeur par les Khirghises, les Karakalplaques, les Truchmènes et les autres tribus nomades de l'est de TOural.

(1) Comment concilier Topinion st nette do Hablit2el avec le fait curieux cité par A.-E. Brehm, dont voici textuellement le paragraphe : < Cet animal, si peu connu en France, a été néanmoins commun à Paris, sous le règne de Charles IX, parce qu'il était de mode, chez les dames de la cour, d'en avoir au lieu de petits chiens ; elles le désignaient sous le nom d'adiré et le faisaient venir d'Asie à grands frai^^.

Tous les moyens pour le prendre sont mis en usage ; ils disposent des lacets et des pièges à l'entrée de son terrier après que les chiens l'y ont conduit. En pareil cas, lesKirghises s'en emparent avec un double et gros tire-bourre fixé au bout d'une perche. Ils enfoncent ce redoutable instrument dans une des bouches, et, quand ils sentent l'animal, à l'aide d'un bâton en croix, ils font tourner le tire-bouchon qui s'enfonce dans le corps delà pauvre bête qu'ils ramènent ensuite aisément. Nous avons vu en France extraire ainsi quelques renards vivants, et nous avons pu constater que ces animaux, tremblant de tous leurs membres, ne faisaient pas une seule tentative pour s'enfuir.

« I^s Tartares, au dire de Brehm, ont un autre mode de chasse qui est encore plus dangereux pour le corsac ; ils dressent dans ce but des aigles et des faucons auxquels l'animal ne peut échapper. » Ce vol ne pouvant se faire que de jour, il faut forcer alors le corsac à sortir de son terrier et à courir à découvert en pleine steppe.

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LE CHIEN-HYENE

(LYCAON ou CINHYÈNE TACHETÉ)

Cet animal, seul de son espèce jusqu^à présent, porle une tête de hyène sur un corps de chien. Elancé et vigoureux, il a la taille d'un grand loup, et mesure l'^OT de long; sa queue est de 0"44 et sa hauteur au garot 0*"60. Quant à sa robe, on ne trouve pas deux individus qui soient tachetés exactement de même.

Répandu dans une grande partie de TAfrique, il n*on habite que les steppes, dont il porte le cachet, la rol)e bigarrée et Tesprit actif.

Par ses mœurs, il se rapproche beaucoup du chien, auquel du reste il ressemble singulièrement de port, d*allurc et de physionomie. C'est un animal à la fois diurne et nocturne, vivant en sociétés de trente à quarante individus au moins.

Munis d'un excellent odorat, les lycaons chassent en meute et forcent très bien les antilopes ; ils ne craignent pas d'attaquer les bêtes féroces, mais semblent toutefois respecter l'homme. Sans nul souci des chiens domestiques, ils dévastent les troupeaux de moutons, en tuant à chaque fois de soixante à cent, dont ils se bornent à manger les intestins. D'ordinaire, Usse tiennent près des fontaines à rafTût des animaux que la soif y attire.

Malgré tout leur courage, ce n*est qu*avec une grande prudence qu*ils s*approchent d*un buffle, d*un lion, d*un zèbre; mais, s*lls les sentent blessés, il ne les quittent jamais, attendant avec patience Tinstant favorable pour en faire curée.

On leur connaît trois cris différents : pour signaler un danger, ils aboient ferme et haut ; la nuit, ils poussent un son analogue à la voix d* un homme auquel le froid fait claquer les dents, et leur signal de ralliement offre à peu près le timbre du second cri du coucou.

Les femelles élèvent leurs petits au fond de grands terriers creusés dans la plaine par leurs soins avant la mise bas. Elles ne défendent jamais leur progéniture contre l'homme.

On a souvent prétendu que le lycaon s'accouplait avec la chienne domestique et que les produits constituaient de merveilleux forceurs. Rien n'est moins prouvé, et il convient de s'abstenir de toute opinion là-dessus jusqu'à nouvel ordre.

Toutes les tentatives faites pour apprivoiser cet animal sont restées infructueuses. On a pu amener des individus pris jeunes à perdre leur sauvagerie, à vivre en bons termes avec d'autres mammifères, même avec le lion qu'ils détestent ou l'hyène qu'ils méprisent ; jamais cependant on n'est parvenu à en faire de véritables animaux domestiques.

Nous ignorons si on mange la chair des chiens-hyènes et si on utilise leur peau. Nous n'en savons également pas plus sur la chasse, que doivent tout au moins leur faire les possesseurs de troupeaux de moutons, bien que nous nous soyons livré à de nombreuses recherches à ce sujet.

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