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CHASSE DES IGUANES

« Deux espèces d'ingas en fleur, dit Schoiiiburgk, avaient attiré une foule d'insectes* et par suite un nombre extraordinaire d*iguanes. A chaque coup de rame qui poussait le canot en avant, nous voyions trois ou quatre de ces grands animaux se jeter des arbres dans Tonde, ou bien disparaître dans lepais feuillage des cimes pour y trouver un refuge, qui ne pouvait cependant les mettre h Tabri des regards scrutateurs et des flèches sûres de nos indiens ».

!)ans cette cliasse, comme le fait avec raison remarquer Schomburgk, remploi du fusil ne vaut point celui des fl<H?hes parce que les iguanes, que le plomb ne tue pas raides, disparaissent définitivement dans Feau et sont à |)eu près introuvables, tandis que les traits /ort lo9igsde^ indiens [)ermettent de découvrir aisément la plupart des victimes.

Divers auteurs préconisent un autre mode de capture qui nous semble fort original ; nous ne le signalei*uns que pour ce qu'il vaut. « On s'approche des iguanes en siffljuit, et on doit les charmer ainsi jusqu'à ce qu'ils se laissent flatter avec une baguette ; puis, on leur passe au cou le lacet fixé au bout de celle-ci, et après on les tire vigoineusement à bas de Tarbre.

« Tout d'alx)rd, ils se comportent conmie s'ils étaient afl'olés, chorclient h se délivrer, ouvrent la gueule, soufflent et silllont, sans ménager les coups de queue, tant qu'ils ne sont pas à moitié étranglés.

il

l^iil venu, on les bâillonne el on les ficèlc avec ^uvoir tes emporter sans danger ■.

Isur terre exige l'emploi do ctiiens spécialement dressés; sans eux, il serait très difficile, sinon impossible, de distinguer les iguanes dont la couleur se confond avec les reuilles.

■ Sur la c6te occidentale de l'Amérique centrale, dit Liobmann, on guette le soir ces reptiles quand ils descendent des arbres et on les Fait attaquer par des ctiiens qui, grâce à leur nez, les découvrent facilement.

« Si le gibier est branché, ils donnent de la voix ; s'ils le trouvent sur le sol, ils se mettent à l'arrêt. Quelquesuns alors saisissent sans plus de façon l'iguane par le dos et lui brisent la colonne vertébrale; ces braves-là sont assez rares et d'tiabitude ne se voient guère que parmi Icsanimaux inexpérimentés ou d*unegrani]efori-e, attendu que presque tous redoutent avec raison les coups de queue, les grilTes et tes dents de ces sauriens qui se défendent intrépidement.

■ Quand l'iguane surpris & terre peut encore s'enfuir, il avise tout d'abord un arbre ou, à défaut, une excavation ; mais, dans ces deux cas, il est généralement perdu. On le capture en effet avec facilité en secouant tes basses brandies, en les coupant au hesoin ; et, s'il a trouvé un refuge souterrain, qui la plupart du temps ne cache que la moitié de son corps, on l'en extrait sans peine *.

Dans le Texas, le Guatemala et la Nouvelle-Grenade, au lieu de chiens pour arrêter les iguanes surpris te soir en plaine, on se sert avec succès, à ce qu'il paraît, de meutes de huit à dix racoons, qui se dressent très facilement et qui pour curée se contentent de la tête de ranimai.

■ Un des indiens, qui manœuvraient une pirogue sur le Rio - Goazaacalcos , ayant réussi à s'emparer d'une femelle d'iguane, lui ouvrit le ventre, en retira soigneu-

soMienl le^(TOfs, objeJs de sa convoitise, et, après avoir ixvoiisii la plaie, làclia ranimai dans Tespoir, disaiUil, de !•* retrouver plus tard. Smiiidurast raconte ainsi ce curieui incident dont il a été témoin ».

LE LEZARD OCELLE

Cest le géant de nos lézards d'Kiirope; il peut en etfct arrivera la taille de O'SO,

a Ses couleurs sont de toiilo l>ca(ité; sttr le fond d'ini brun vcrdàtre, Ront conm>e brodées des lignes d'un jaiine citron; des ocelles, d'un bleu cendré, entourées de brunâtre, ornent les fiants; la tête est verUàtre, le dessous du corps d'un blanc jatiniUre. Toutes ces teintes s'entremêlent et, en plein .soleil, l'animal paiiiit tout cliatoyant de vert, de bleu, de brun, s'Iiamionisantcl se fondant de la plus agréable façon ■.

Ce beau lézard, dont l'écaillure est aussi foi't reniarinarqnable, habite le midi de la France, l'Italie, l'Espagne, et l'Algérie. Très commun aux environs de Nice et' de Montpellier, il ne s'étend pas vers le nord plus loin que l'olivier.

■ D'après Dugès, cet animal, lorsqu'il est jeune, se creuse un terrier, le long des fossés, dans les temiins labourables ou sablonneux. Les adultes s'établissent de préférenco dans un sable dur, sur une penle rapide et abrupte, exposée au midi ou au sud -est ; ils aiment aussi les racines des vieilles souches.

<■ Le dernier de nos lézards à sortir au printemps, l'ocellé devient paresseux au moindre abaissement de

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lomp<^ralure ; même en piein été, sa journée est courte, et il se hâte de regagner son gife dès que le soleil se rapproche de riiorizon ».

Sa nourriture habituelle ne se compose que de vers et d*insecles; mais, grâce à sa taille et à sa force, il peut souvent y ajouter des petits manmiifères, de jeunes oiseaux et lézards.

« Lorsqu*il observe une proie, dit Schinz, il Tépie avec des yeux brillants fixement dirigés sur elle, puis se jette dessus avec une extrême vélocité, la saisit entre ses mâchoires et ravale après l'avoir secouée plusieurs fois ».

A rapproche de Thomme, ce lézard fuit avec rapidité vers son terrier. Lui coupe4-on la reiraite, vite il grimpe à Taide de ses griffes acérées sur l'arbre le plus proche et s y tient aux aguets; veut-on le saisir, il se défend avec courage et mord parfois assez cruellen)en t.

La femelle pond de 7 à 8 œufs oblongs, de couleur blanchâtre. Il est k présumer qu'ils demeurent abandonnés à l'action vivifiante du soleil dans des trous secs et peu profonds.

Aucun auteur ne parle de la chair de l'ocellé; c'est là une petite lacune que nous pouvons combler. Lors d'une inspection d'armes, en 1856, dans la province de Constantine, nous avons, à trois reprises différentes, mangé de ce lézard grillé sur des charl)ons. Avec force condiments, la chair un peu sèche du mâle se consomme à la rigueur, mais la venaison de la femelle se montre en revanche très tendre et réellement savoureuse. Il va de soi que ces animaux doivent être dépouillés avant la cuisson.

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L'HELODERME

I/héloderme au Mexique est nommé Acastelopon par les Indigènes et Escorpim par les créoles espagnols.

« Sa forme générale le rapproche un peu des varans ; il est cependant, dilBrehm, beaucoup plus lourd, plus massif, bien que sa taille parfois dépasse un mètre.

c La tête, large et tronquée en avant» est recouverte de tubercules plus grands que c.eux qui protègent les autres parties du corps; le museau est épais. Les dents offrent au bord interne de leur face intérieure un sillon très net, comme celui que l'on voit chez certains serpents venimeux. Les parties supérieures de ranimai sont teintées d'un brun marron relevé de petites taches d'un beau jaune; des anneaux d'un jaune d'or se voient sur les membres et sur la queue; la face inférieure présente des taches jaunâtres se détachant sur le fond qui est d'un brun de corne ».

D'après Sumichrast qui a pu l'observer à l'état libre, ce saurien habite exclusivement la zone chaude qui s'étend du revers occidental de la Cordillère jusqu'aux rivages de Tocéan Pacifique ; il n'a jamais été rencontré sur la côte du golfe Mexicain. Du reste, ses conditions d'existence le confinent dans des localités sèches et chaudes, telles que les contours de Jamiltepec, Zuchitan, Tehuantepec, etc.

< Il est d'autant plus difficile d'étudier les mœurs de

riiolthletine qu'il est à moitié nocturne et que les indigènes, croyant sa morsure mortelle, en ont une frayeur extrême, bien que ses allures soient excessivement lentes et même embarrassées par suite de sa conformation et du manque de flexibilité de ses articulations ».

Cest un animal terrestre dans toute l'acception du mot; il ne peut ni nager, ni grimper aux arbres. Lors delà saison siHuUeOMvembre à mai)^ on le rencontre très rarement, tandis qu*il se montre volontiers par les temps de pluie.

Ije jour, il se cache dans un trou creusé habituellement au pied d'un arbre, s*y tient immobile, enroulé sur luimême, et n'en sort guère que le soir pour chasser.

Sa nourriture se compose d'insectes, de lombrias, de myriapodes, de petits batraciens; mais, le cas échéant, il ne dédaigne point les matièi*es en putréfaction.

« Le corps dec^ reptile exhale une odeur forte et nauséabonde. Si on l'irrite, une bave gluante et blanchàtr^e s'échappe de sa gueule; le frappe-t-on alors, il finit par se renverser sur le dos, et cette manœuvre est chaque fois accompagnée de sifflements profonds, aspirés avec force du gosier et toujours suivis d'une sécrétion abondante de bave».

Voulant se rendre compte de la nocuité prétendue de l'animal, Sumichrast a fait mordre sous l'aile une poule qui est morte au bout de 12 heures, et puis un gros chat, qui devint très malade, mais finit par se rétablir etc. Borsch et son aide, mordus aux doigts, souffrirent beaucoup de ces blessures, assez rapidement guéries du reste.

Ces intéressantes expériences ont été reprises, contrôlées avec soin et confirmées en fin de compte par la Société zoologique de Londres, qui a reconnu que l'héloderme était parfaitement venimeux. Comme c'est le seul et unique saurien jusqu'à ce jour dont la nocuité soit dès lors bien établie, nous avons cru devoir signaler ici cet animal, bien que sa chasse soit eomplèlement insignifiante.

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