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LE RATEL DU CAP

Ce singulier animal ressemble beaucoup au blaireau ^ comme lui, il a les doigts des pattes de devant armés d*ongles très forts. Son pelage gris de cendre et gris-noir est assez curieux, parce qu'une bande gris-clair sépare nettement ces deux couleurs.

Il a le corps lourd et large ; sa longueur est de 0"»80 ; sa queue de 0"30 et sa hauteur au garot de 0"*25.

On ne le trouve qu'au cap de Bonne-Espérance et dans l'Afrique centrale, où il se creuse des terriers avec une habileté incroyable. Lent, paresseux et maladroit, il n'échappernit Jamais à ses ennemis s'il ne pouvait très rapidement s'ensevelir tout entier.

Plutôt nocturne que diurne, il ne se montre guère que le soir, un peu avant le coucher du soleil. Il rôde surtout la nuit, lentement, cherchant des souris, des rats, des tortues, des oiseaux, déterrant des racines, des tubercules et ramassant des fruits. C'est, au dire des fermiers, un des ennemis les plus dangereux pour leurs poulaillers.

Comme l'ours noir, il a un faible pour le miel des abeilles; mais, ne grimpant point, il ne peut satisfaire cette passion dominante que sur les rayons qui se trouvent en terre. Ceux-là sont bien vite la proie de ce fouisseur émérite, garanti contre les piqûres par sa peau et par son épaisse couche de graisse sous-cutanée. Les Hottentots et

les colons hollandais disent à ce propos que te ratel, un peu avant te coucher du soteit, épie les abeilles qui rentrent alors à la ruche, les suit et découvre de cette manière l'endroit où se trouvent tes rayons qu'il convoite. Le vieux Sparmann répète par oui dire cette assertion, qu'il n'a pas contrôlée (1). La chose est possible, mais, en celte affaire, l'odorat pourrait bien jouer un rôle.

On raconte que le mâle vit avec deux ou trois femelles qu'il ne perd jamais de vue, et qu'au moment du rut il est tellement excité et furieux qu'il attaque même l'homme et lui fait de fortes morsures, sans avoir été provoqué. Ce sérail et cette agression spontanée pourraient bien s'évanouir devant une étude sérieuse.

Pris jeunes, les ratels s'apprivoisent facilement. Ils sont alors assez curieux à observer pour leurs tours et leurs culbutes, qu'ils exécutent toujours avec une très grande lourdeur.

La chair de cet animal déplaît même aux Hottentots, qui ne sont pas cependant difficiles pour leur nourriture. Quant k sa fourrure, it semble qu'on ne l'utilise point.

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