L'ESPADON EPEE
C'est l'espèce la plus ancit'imci lient ainime. Un animal aussi reiiiart|uable par sa taille et surtout par sa conToriiiatiun n'a pti être ignoi-é à aucune époque; aussi Pline, Oppien, OËUen, etc., décrivent-ils le glaive terrible dont son museau est armé, les coups qu'il sait Itabiieinetit porter, les combats acharnés dont il sort le plus souvent vainqueur, l'assaut qu'il livre aux grands et petits navi* res, la chasse qu'on lui fait et les ruses qu'on emploie iK>ur le capturer, lorsqu'un lit leurs relations, on est tenté de reléguer au iioinbrc des fables tous leurs dii^s sur l'espudoii.et cependant la plupart des Taits qu'ils citent ont été bien observés.
Cet animal, qui peut atteindre 7 mèlres de longueur, est un poisson inagnilique, paissant, à la marche rapide. Il tire son nom de sa rorme; sa mâchoire supérieure se prolonge en effet en une lame semblable à un glaive pointu et tranchant, croissant avec l'âge et alleigiiant à la longue plus de 2 mètres (1^
il) I.a nifti^liiiircsup^i-icui'o se [ii-olonge eu un Ituc en torm» Af glaive; le vomer, le maxillairL', Ion os t n ter maxi liai rus concourent à la formation de ce rostre, dont la substance celluleuae se conipose d'une série Je cavîlvs eiitoui-t'cft par une matii-re osseuse li*s solide et Ii-n versées par ijuatie canaux, oui rci;oivent les vaisseaux nourriciers.
Assez commun da\M\ la MédilfiramM', siirtoiilaiix enrirons de Cette et de Nice, il se iiionti'e de temps en leinps dans le goire de Gascogne ol devient très rare an nord à--. la Loire Ce nVsl qu'accidentellement qu'on le voit dans la Nanclte, le Pas-de-Calais, la mer du Nord et la Baltique. On I« rencontre enc»ire sur la côte occidentale d'Afrique et dans l'océan Indien.
■ Grâce k son arme puissante, écrit l^cépède, l'espadon met en fuite ou ronibat avec avantage les jeunes et petits cétacés, dont les téguments t'ont aisément traversés par son glaive osseux qu'il pousse avec violence, qu'il précipite avec rapidité et dont il accroit la puissance de toute celle de sa masse et de sa vitesse. Srul, quoiqu'on en ait dit et bien qu'il puisse blesser plus ou moins grii-veiuent une haleine adulte, il est incapable d'en venir à bout, et néanmoins jamais il n'iiésile k rittlaquer; mais alors il se gare toujours avec adresse et circonspection des coups de queue terribles de l'animal. > C^8 combats du reste, liàtonsnous de le dire, sont extrêmement rares parra que les lutteurs, n'habitant point d'habitude les mêmes mers, ne se wncontrenl presque jamais.
« iJt raison qui pousse l'espadon à cette bataille, dit Gûnther, est inconnue ; cet instinct est chez lui si aveugle qu'il s'attaque aux navires qu'il prend certainement pour des cétacés de grande taille. Il lui arrive parfois de percer ainsi les œuvres vives d'une barque, la mettant en danger; il relire alors très difficilement l'arme engagée, et ellt^ se brise souvent lorsque l'animal fait des efforts pour se dégager. On peut voir au musée Britannique une pièce de bois lie (r54 d'épaisseur, provenant d'un navire baleinier, percée par l'epée d'un espadon, épêe qui est restée dans le bois. Cela explique pourquoi nombre de ces animaux ont le rostre brisé et, en même temps, potirquoi ils percent si facilement les canots des indigènes habitant les iles de la mer du Sud. »
Comme les dents n'existent pas chez lui ou en tout cas «ont fort petites, l'espadon serait incapable de dépecer une l^ieine, voire même un l)«leinc£u :c'est dès lors à des poissons de moindre taille qu'il demande se nourriture ordinaire- Pour s'en emparer, il les perue adroitement avec son (tlaive.
La chair des jeunes espadons est parfailemeni blanche, compacte, lineet d'un excellonl tioùl; celle des adultes, qui rappelle le thon, se montre très Ternie, mais ressemble à la viande du bœuf. Cest le morceau de la queue qui est le plus estimé.