‹ Les chasses du globeChapitre 190 sur 206 · CHASSE DE L'ESPADON ÉPÉE · texte numérisé non relu

CHASSE DE L'ESPADON ÉPÉE

". I homme en vigie sur un mât ou sur un ixwlier du voisinage avertit de l'approche do l'animal. On est oblige parfois de le poursuivre en silence des heures entières avant de l'atteindre. On l'attaque avec un petit harpon relié à une longue ligne, et souvent il faut le frapper de fort loin. Bref, c'est exactement en petit la chasse de la baleine.

Les pécheurs aux filets ne prennent jamais que les jeunes espadons.

LA BAUDROIE COMMUNE

On en connait quatre espèces: la baudroie eouunune et la baudroie budegasse, habitant les cotes de Fran<*^; une autre, se tenant dans les mers de la Chine et du Japon; enfin celle qui est confinée dans les parages des lies de rAniirauté.

< Ces animaux, à mœurs identiques, sont des plus singuliers. I^ur tète est extrêmement large et déprimée; ajoutez à cela que la gueule horizontale est très largement fendue; que la partie postérieure du corps est grêle, de 8orte que la tête semble faire la plus grande partie de ce corps ; que Taninjal est nu, couvert d*une peau molle et vi^ueuse, ce qui achève de lui imprimer un aspect tout à la fois étrange et repoussant. Il n'a que trois épines à la dorsale, et ces épines sont isolées. En avant des yeux se trouvent plusieurs filaments dont Fantérieur se termine en lambeaux; de nombreuses franges se voient sur la tête et sur divers points du corps. Les os de la tête sont épineux- La dorsale molle et l'anale sont courtes. •

Ces quatre espèces sont connues des marins sous les noms de Diables de meTj Poissons-pécheurs, Poissons-grenouilles, Crapauds de^ner. La plus grande et la seule qui va nous occuper, la baudroie commune, atteint une longueur de 2 mètres suivant Brehm, de 2"34 suivant PontQppidan et de 3 mèti*es au moins d*après Duhamel.

« Sa boiiclio, dit A. GùnUier, est énorme et s étend sur toute la circonrérence antérieure de la tête. Chaque mâchoire se montre armée de bandes de longues dents crochues qui, dirigées en dedans et disposées de façon à laisser parfaitement entrer les animaux qui cheminent vers Testomac, s opposent at)soiument à leur sortie. I^es nageoires pectorales et ventrales par leur disposition vieiment en aide au rôle des dents ; grâce à elles, le poisson peut marcher (plutôt qu*il ne nage) au fond de la mer, où il se tient de préférence, à demi caché par le sable et blotti dans les herbes marines.

c Tout autour de la tète, comme partout sur le corps, sont des appendices frangés qui ressemblent à des petites feuilles de plantes marines; ce qui, joint à la faculté extraordinaire qu'a ce poisson de s'acconmioder à la couleur du milieu qu'il habite, lui pcnnot d'otœ presque invisible et par suite de s'emparer plus facilement de sa

pnûe.

« F*our que les baudroies soient encore plus sùi'emenl des animaux |iécheui*s, toutes ont trois longs filauients attachés sur le milieu de la longueur de la tête, filaments qui sont en réalité des épines détachées de la première nageoire dorsale, et dont le premier, le plus long, terminé par une lanière déchiquetée et mobile dans tous les sens, est certainement le plus utile au point de vue de la

pèche.

€ Il n'est nullement douteux que la grenouille marine, comme d'autres poif sons ayant des filaments semblables, ne se serve de ce filament en guise d'appât pour attirer sa proie, laquelle est facilement engloutie grâce à l'amplitude de la bouche, .\joutons que l'estomac de la baudroie est extraordinaimnent dilatable et qu'on en a plusieurs fois retiiv des animaux de tailles égales à la sienne. >

n Ce poisson, dit Gesner, est cxti^êmement vorace; il ii^urgito des chiens de mer (miux marina) qui ont de

i"50 à 1""80 de longueur; il poursuit même Thomnie, guette les nageurs, les saisit, les noie et les dévore. »

Pour le coup, point ne nous est possible de croire que les phoques et les hommes noyés entrent si facilen^ent dans Testomac de ce hideux crapaud de mer; mais nous admettrons sans trop chicaner que ranimai est bien capable, une fois qu'ils sont moits, de les manger en détail.

I^ baudroie conmiune, malgré sa grande taille, n'ayant ni armes défensives dans ses téguments, ni force dans ses membres, ni célérité dans ses alhn*es, est selon nous condamnée à employer la ruse et les embuscades pour subvenir aux impérieux et continuels l)esoins de son estomac. Force lui est dès lors de s'enfoncer dans la vase, de se couvrir de plantes marines, de se ciiclier sous les pierres et les saillies des rochers, et là, invisible et ne montrant que ses perfides filaments agités par le flot, d'affûter avec patience les poissons qui nagent au-dessus d'elle, bien heureuse quand ils descendent assez pour devenir sa proie !

Elle pond beaucoup d'oeufs entourés d'une enveloppe dure; jetés en masse sous la forme d'un mucus flottant très étendu, la plupart sont dévorés par divers animaux.

Vient-elle à se prendre dans des filets, on la voit avaler sans souci tous ses compagnons de captivité.

C'est là tout ce que l'on sait aujourd'ui sur ce curieux animal.

LA GRANDE BECUNE

Avec des animaux qui, comme les Sphyrènes, tiennent d'aussi près à la Tamille des Perches proprement dites, il faut s*attendi*e, sous la zone torride, à leur voir de grandes dimensions, une excessive voracité et une dentitio:i fort dangereuse.

Le géant de ces dix-sept espèces, la grande Bécune, qui ne se trouve qu*aux Antilles, vient donner un corps k nos prévisions. Sa taille, de 2*70 à 3 mèli*es au moins, n*a fait qu*accroitre ses appétits féroces.

« Dans son liisloire des Antilles, Rocliefort la range ne effet parmi les monstres avides de chair humaine et dit qu'elle s*élance avec furie, sans provocation aucune, sur les baigneurs auxquels elle fait souvent des blessures mortelles. » Dutertre se montre aussi de la même opinion; il ajoute même qu*elle est plus redoutable que le requin.

Voilà donc un poisson excessivement dangereux pourles amateurs des bains de mer ! Mais ce n'est pas tout ; car, après sa mort, il trouve encore moyen de compromettre très gravement la santé de ceux qui savourent son excellente chair... à certaines époques de Tannée. « Catesby affirme, et il n'est pa$ le seul, que son usage alors peut occasionner de violents maux de tête, des vomissements, puis la chute des cheveux, des ongles, etc. Cet empoison-

f*ol. par bonlirar. rst rerenmtl mortel; nmix h* idts nairés s'm rfMpnlenl utvz looglraips ■ I bit mnarquaMp, c'est que la bécunp. »tfe depiii ifucf jovps smlPHient, m Oduae ^aiinû de pareil litn. P'oà on poumil se emin fondé ft dire qtir I lario anoibile OH neulralîM d'une façon comi^le ) lo si viulenl de cfI tniiitai-

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