CHASSE DU RATEL
Lorsque par hasard, de jour, un ratel est surpris et que la nature du sol ne lui permet pas de s'enfoncer rapidement dans la terre, il ne songe qu'à fuir, et, si cette ressource lui manque, il vide sa glande anale. L'odeur écœu-
(1) Voyage au cap de Bonnc-Espfrance. Traduit par Letourneur, Paris, 1787. Tomo III, page 57.
ranle du liquide qu'elle sécrète est telle que la poursuite de l'animal devient impossible pendant une heure au moins; grâce à ce répit, il est bientôt en lieu silr.
On ne tue roide le ratel que bien rarement d'un seul coup de plomb, même envoyé de très près, parce que les projectiles, déjà amortis par sa peau fluctuante, ne dépassent guère l'épaisse couche graisseuse qui se trouve dessous. Aussi convient-il mieux de le tirer à balle, comme beaucoup de veneurs en France le font pour le blaireau.
Blessé, il se défend jusqu'à la mort. Tant qu'il donne le moindre signe de vie, on ne doit le toucher qu'avec une extrême prudence ; grâce en effet à la laxité de sa peau, qui lui permet les contorsions et les mouvements les plus étendus, il peut se retourner et mordre même la main qui le tient à la nuque. .
Les Européens affûtent et piègent le ratel; mais les Hottentots, auxquels il n'est pas nuisible et qui ne désirent ni sa chair ni sa fourrure, semblent ne point le chasser du tout.