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LE GLANIS

ou SILURE D'EUROPE

Le genre des Silures proprement dits comprend cinq espaces qui habitent les parties tempérées de TAsie et de FEurope. Nous ne nous occuperons ici que du Glanis.

« Ce poisson, d'une longueur de trois mètres au moins et du poids de 350 kilogrammes, est déprimé à la tète, iirrondi à la poitrine, comprimé sur le reste du corps; la tétc aplatie n*est recouverte, comme le restant de ranimai, que d'une peau lisse et molle.

« La mâchoire inférieure avance plus que l'autre ; la bouche occupe toute la largeur du devant de la tête. On voit à chaque mâchoire une large bande de dents, en cardes serrées, et à la mâchoire supérieure une deuxième bande parallèle à la première qui s'insère sur le vomer. Il existe quatre barbillons à la mandibule, deux à la mâchoire supérieure. La dorsale est fort petite, composée de quatre rayons; on compte quatre-vingt-dix rayons à l'anale, douze aux ventrales; la caudale est un peu arrondie.

c La couleur est sur le dos, un brun olivâtre, ou un vert très foncé tirant au noirâtre, qui s'éclaircit sur les côtés et le ventre, où elle prend une teinte jaunâtre ou blanc

j^ale; on voit souvent des marbrures et des pointillés bruns ou noirâtres ; la lèvre inférieure a une teinte rougeàtre; une large tache brune arrondie, entourée d'un cercle pâle, se trouve sur la base de la pectorale; les nageoires alxlominalesét Tanaleont dans leur milieu une bande d*un jaune clair ; les deux barbillons de la mâchoire supérieure sont blanchâtres, ceux de la mandibule ont une couleur rougeàtre. »

I^ Glanis, le seul Sillurolde que nous possédions, habite l'Europe centrale et une partie de TAsie occidentale. Il fait défaut dans le bassin du Weser et manque en France, en Espagne, en Portugal, en Italie, tandis qull se montre surtout commun dans le Bas-Danube.

Ce silure, qui était pai^faitement connu des anciens puisque Aristote, Athénée, Juvenal, Œlien et Ausone en parlent, est un poisson aux allures lentes et paresseuses, il aime les endroits vaseux et même à s*enfoncor dans la boue, se tenant sous les rochers comme sous les troncs d'arbres pour affûter sa proie, dont l'approche lui est signalée par ses barbillons.

Extrêmement vorace, il s'empare des poissons, des grenouilles et même des oiseaux aquatiques ; mais là ne se bornent point ses méfaits comme nous allons bien le voir.

« On peut dire, écrit Gesner, que cet animal est vorace, tellement qu'une fois on a trouvé dans l'un d'eux une tête humaine et une main portant des anneaux d'or. Il dévore tout ce qu'il peut atteindre, oies, canards, n'épargnant pas même le bétail quand on le mène pailre, et le noyant.» Ces faits, tout exagérés qu'ils paraissent, ont été confirmés par nombre d'observateurs; de plus, il nous semble bien qu'il doit y avoir encore d'autres méfaits à mettre sur son compte pour qu'il soit redouté comme il Test par les habitants du Danube et de ses affluents.

Effectivement, si Ton en croit Valencieunes, le glanis

n'épargnerait même pas Tespèce humaine. < En 1700, le 3 juillet, dit-il, un paysan en prit un auprès de Torhn, qui avait un enfant entier dans restomac. On parle en Hongrie de garçons et de jeunes filles dévorés en allant puiser de l'eau, et Ton raconte même que, sur les frontières dQ la Turquie, un pauvre pêctieur prit un silure qui avait dans restomac le corps d*une femme, sa bourse pleine d'or et ses anneaux. »

a Heckel et Kner rapportent également qu'on trouva dans restomac d*un glanis capturé à Presbourg les restes d'un jeune garçon, dans celui d*un autre un eanictie, dans celui d'un troisième une oie que l'animal avait noyée avant de la dévorer, etc. »

Franchement, nous croyons à l'oie et au caniche, un peu moins aux victimes humaines; mais, avec Gmelin, nous admettrons sans hésiter que le glanis est bien capable de secouer à Taide de sa queue, lors des inondations, les arbustes sur lesquels se sont réfugiés des animaux terrestres, de manière à les faire tomber et à s'en emparer.

Quelques pêcheurs prétendent que le silure ne vit que 10 à là ans; cette affirmation est erronée puisque un de ces poissons, pris en 1569 dans TIll, à Strasbourg, a vécu en captivité jusqu'en 1620.

Le moment du frai arrive de mai à juin; les silures se voient alors par couples, déposent leurs œufs sur des roseaux et se tiennent à cette époque en eau peu profonde contrairement à leur habitude. La ponte, d'environ 17.000 œufs, abandonnée par la femelle, serait, au dire d'Aristote, surveillée avec soin et défendue par le mâle.

La chair du silure d'Europe est d'un blanc parfait ; elle a un peu le goût de l'anguille, mais n'est pas aussi délicate.

Cet animal essentiellement nuisible ne multiplie guère parce que les individus jeunes sont la proie de nombreux ennemis, ce qui ne laisse pas que d'être très heureux.

la diasse da glanis ne se frit qu*aiix filète; les gras éehapfMut presque tous. Ne poumil-oD pas les harpoQner?

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