‹ Les chasses du globeChapitre 194 sur 206 · PÊCHE DE L'ARAPAIMA GÉANT · texte numérisé non relu

PÊCHE DE L'ARAPAIMA GÉANT

■ Parmi nos mateloU de couleur, dit-il, se trouvait un muet, péclieur passionné- A peine avions-nous établi noire camp, qu'il saisit sa ligne et se dirigea dans un des bateaux vers un petit banc de sable situé sur la rive opposée. Le camp dormait d'un profond sommeil quand tout à coup il fut mis sur pied par un bruit singulier et etTrayant. Tout d'abord personne ne savait quelle conduite tenir en face de cris terribles jusqu'à ce qu'un des gens s'écria : ce doit être le muet. ■

« Armés de couteaux de chasse et de carabines, nous saiildmnsdansle bateau pour volera son secours; ses cris etTrayants n'indiquaient que trop clairement qu'il en avait besoin.

« Lorsque nous abordâmes sur le banc de sable, nous remarquâmes, autant que nous le permit l'obscurité, que le pécheur était tiraillé k droite et à gauche par une puissance invisible contre laquelle il cherchait à résister de toutes ses forces et en même temps il poussait des cris terribles. Nous fûmes bientôt auprès de lui ; mais nous ne pouvions encore découvrir cette force qui le jetait et le secouait par saccades, lorsqu'cnfin nous remarquâmes qu'il avait enroulé la corde de sa ligne cinq à six fuis autour du poignet.

« Un monstre puissant devait donc être suspendu à l'hameçon. Un arapaima énorme s'était laissé prendre à l'appât, mais immédiatement après, il avait tendu la ligne avec une telle rigidité que les forces du muet étaient

bien loin de suffire pour dérouler sa ligne enlacée autour de sa main ou à tii'er le géant à terre.

« Quelques minutes encore et Thomme épuisé n'aurait pu résister davantage à la force prodigieuse du poissou. Ce fut au milieu de bruyants éclats de rire que tous se jetèrent sur la ligne, et bientôt après le monstre, pesaot plus de 100 kilogrammes, gisait sur le sable.

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