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LE GRAND SERPENT DE MER

Il y a quelque cinquante ans et plus que le Constitutûmnel. Journal dériint depuis bien des lustres, découvrait et annonçait avec gravité à ses lecteurs, gens peu crédules pour i'épOQiie et peu ménagers du rire, les apparitions plus ou moins Tanlasliques d'ua gigantesqite serpent de nier.

Nous voulons aujourd'liui, bravant les moqueries, essayer de faire revenir surlVau l'inanense Calmar qui a dû, sans nul doute, donner lieu à ces Iiistoires trop légèrement réléguées au rnn(; des fables, et, pour cela, besoin nous est d'attirer l'attention sur des observations, plus ou moins bien laites, datant de 155H et arrivant à l'année 1877. I..es voici relalt-es avec bt-ièvelé mais avec soin dans toutes leurs parties scieiitiliques surtout :

— En 1555, raiiirool est «ijtnali; |mii' OIiiùs Ma};iius sur les

(mMok de Niji'wègo contnie ajaiit 200 pieds de long ;

— En 1746, le capitaine Laurence de Feny (de la marine

norwégicntic), qui ne panint pas à le tuer ii coups de mousquet, ne Hxe aucune de »>e!> dimen- ' sions et se borne à signaler sa tête semblable à celle du clievul, son cou long et les sept ou liult anneaux très ùpais de son corjis;

— Kii 1817, dans le voisinage de Glewcester (Etat"s-Unis),

ranimai, d'une taille de ôO à 100 pieds, progresse sur l'eau, comme le précèdent, par une suite d'ondulations dans le sens veilieal ;

— En 1833, i*oute d'Halifax à Mahone-Bay, à une distance de

150 à 200 yards, un serpent montrait sa tête, son cou, et, pareil à une couleuvre, semblait, an sillage, mesurer 80 pieds de long ;

— En 1845, sur la côte de Molde, pareille apparition au dire

de Lee ;

— En 18^^18, la frégate Dœdafuê, à son retour des Indes occi-

dentales, voit un serpent de mer, à tête longue pointue, nageant très vite à fleur d'eau, qui semble avoir 60 pieds de longueur <1) ;

— En 1877, dans le golfe d'Aden, le navire Citt/ qf BaUimore

voit un corps long, de couleur noire, glissant rapidement dans l'eau et se dirigeant sur lui, lequel par sa tête ressemblait au dragon de la fable , et par son front et l'arcade soumlière offi^ait la face d'un bull-dog (2) ;

— En 1877, cinq ou six mois plus tard, l'équipage du yacht

royal Osborne^ dans les parages du cap Vito en Sicile, voyait apparaître à la surface d'une mer très calme une nageoire profondément dentelée, d'environ 30 pieds do longueur , saillante de 5 à 6 pieds ; puis une tête ayant 6 pieds d'épaisseur, un cou étroit de 4 à 5, et deux nageoires (aux épaules) ayant chacune 15 pieds de long. Bref, la longueur de la tête n'ayant pu être évaluée, on crut pouvoir dire que de son sommet jusqu'à la nageoire la distance était bien de 50 pieds. Le rapport mentionne en outre que les mouvements des nageoires ressemblaient à ceux des tortues marines, que l'animal ne soufflait pas et ne lançait point d'eau (3).

(1) Un croquis joint à la relation semble assez bien indiquer un murénidé de taille gigantesque.

(2) Un croauis donné par Lcc conduit à peu près à la même supposition.

(3) Deux croquis joints à ce rapport officie! ne permettent pas de rapporter à aucun animal connu ce mon'^tre niarii entrevu.

t aux Indes, de très vieux et très grands

,.. , iurraient bien tenir le rôle du fameux

serpent légendaire du Constitutionnel. Pourquoi leur refuser cet emploi f

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