‹ Les chasses du globeChapitre 21 sur 206 · LE GLOUTON ARCTIQUE · texte numérisé non relu

LE GLOUTON ARCTIQUE

ou BORÉAL

Cet animal a de 0™80 à 1"00 de long, y compris la queue de 0"13 ; sa hauteur au garot varie de O^M à 0"50. La couleur de sa robe est d'un brun noir, plus ou moins foncé par places.

Si, comme le croient tous les naturalistes modernes, le wolvérène de l'Amérique du nord n'est qu'une simple variété du glouton d'Europe et d'Asie, ce mammifère habiterait toutes les contrées septentrionales du globe, depuis le sud de la Norwège par la Laponie, et depuis la Finlande par la Sibérie, et le nord de FAmériquo, jusqu'au Groenland.

Le glouton ne se tient que dans les régions montagneuses ; il préfère les cimes plus ou moins nues aux forêts sombres et basses, et, du reste, il n'a point de demeure fixe.

Animal plutôt nocturne que diurne, il sort cependant le jour et rôde selon son caprice. Force lui est bien d'ailleurs de se montrer au soleil, puisqu'à certaines époques plus ou moins longues cet astre ne quitte point l'horizon dans ses diverses patries.

Bien qu'il soit lourd et maladroit, grâce à sa patience et à sa ténacité il atteint presque toujours sa proie. On lui a

fait une réputation de gloutonnerie quMl ne mérite pas; la vérité est que, ne dédaignant aucune nourriture et n*ayant point d*appétit extraordinaire, il n'est jamais affamé.

Ses mouvements sont curieux à étudier, sa marche à terre surtout : il roule en décrivant de grands circuits, sautant et faisant des culbutes. Cette manière d*opérer lui est surtout utile lorsque la neige gêne la fuite de sa proie.

Grimpant sur les arbres peu élevés, il se couche à plat le long d*une forte branche et guette le gibier au passage. Il s*élance sur lui d*un bond vigoureux, enfonce ses ongles dans la nuque, coupe les carotides et attend, pour s*attabler, que la bête expire. Il attaque ainsi les rennes, les élans, les chevaux, les vaches et les moutons; mais néanmoins les souris, les lemmings surtout, composent sa principale nourriture. Entre temps, il saisit les lagopèdes cachés dans la neige, mange les appâts des pièges ou les animaux pris, dévalise les caches à gibier et dévore tout ce qu'il trouve dans les campements, exposant ainsi les trappeurs à mourir parfois de faim.

Lorsque la proie saisie par le glouton est petite, il Tavale tout de suite ; si elle est grande, il enfouit oe quUl n*a pu manger et y revient à plusieurs reprises. Les Samoyèdes Taccusen t de déterrer les cadavres humains pour s*en nourrir.

Son odorat est très développé ; il a une vue perçante et Touïe extrêmement fine.

Le rut commence à la fin de Tautomne et, après quatre mois de gestation, la femelle met bas deux ou trois, rarement quatre petits.

Le glouton, pris jeune, s'apprivoise aisément et suit même alors son maitre comme un chien. Pareille réussite est bien difficile avec un adulte.

La fourrure de cet animal, à la fois très chaude et très légère, est fort estimée ; elle ne le cède guère en finesse et en éclat aux dépouilles des plus belles martes.

Page 1