L'ENHYDRE MARINE
LOUTRE DE MER (i)
L^enhydre, nommée aussi grande loutre marine, a l'^oO '^
de long, sans compter sa queue de O'^âO. Son poids est de %
35 à 40 kilogrammes. Sa fourrure d'un brun-noir oiïre des mouchetures blanches. Le noir, au dire de Steller, surpasse en brillant le plus beau velours. Souvent les poils soyeux finissent par des pointes blanches, et la robe alors a une teinte argentée. |
felie habile les lies et les côtes du grand Océan, entre ^
TAinérique du nord et TAsie. Sur la côte américaine on la trouve plus au sud que sur la cote asiatique.
On Ta regardée jadis comme un castor et on Ta ensuite appelée phoque de Kamlsehalka ; mais il a bien fallu reconnaître que c'était une loutre, ne différant de celle des rivières que par son habitat marin, sa taille plus grande et son pelage plus beau.
c Cet animal est sociable; il vit en Faniilles composées
(1) C'est à Steller que nous devons l'histoire la plus complète qui Ait paru sur cet animal. Aucun naturaliste, aucun chasseur n'y a rien ajouté après lui, parce que, depuis une centaine d'années, l'espèce va en diminuant si vite que les occasions de ),
l'observer deviennent excessivement rares, presque nulles en un mot.
(lu couple, de jeunes à demi-adultes et de petits encore à la mamelle. Le mâle, avec ses pattes de devant dont il se sert comme de mains, caresse la femelle, qui, d'autre part, joue avec ses petits comme la plus tendre mère. Los parents aiment beaucoup leur progéniture; ils s'exposent pour elle à tous les dangers, et, quand on la leur enlève, ils pleurent et gémissent presque comme un enfant.
c La femelle n'a qu'un petit par portée et met bas à terre. Elle le porte dans sa gueule et, arrivée à la mer, elle se couche sur le dos, et le tient dans ses pattes de devant à la façon d'une nourrice, joue avec lui, Tembrasse, le lance en l'air et le rattrape comme une balle, le jette à l'eau pour lui apprendre à nager et le reprend lorsqu'il est las. Une femelle, qui nourrit et que l'on poursuit, se sauve avec son jeune dans la gueule et ne l'abandonne qu'en mourant, non sans avoir auparavant grondé et sifflé comme un chat en colère.
« Les mouvements delà loutre de mer sont très gracieux et très rapides. Elle nage à merveille et court fort vite. C'est chose remarquable que plus l'animal est gai, éveillé, rusé, plus sa fourrure est belle et brillante. En dormant sur la terre, elles s'enroulent comme les chiens, et, en sortant de l'eau, elles se secouent et se frottent avec les pattes de devant.
« Cet animal se nourrit de crabes, de mollusques, de petits poissons, mais très peu d'herbes marines.
« En captivité, les adultes comme les jeunes se montrent bien tôt charmants, agréables, trèscaressantset fort enclins à jouer.
« La chair de l'enhydre, qui fit presque forcément pendant six mois, ajoute Steller, notre seule nourriture à l'Ile de Behring et qui guérit nos scorbutiques, est excellente. »