CHASSE DE L'OURS GRIS
On ne chasse pas l'ours gris ; on l'évite du mieux qu'on peut et on ne lui livre bataille qu'alors qu'il y a nécessité de se défendre contre ses attaques. Un chasseur »eui qui affronterait de gaieté de cœur ce terrible adversaire, si dur à mettre hors de combat du premier coup, serait considéré par tous les habitants de l'Amérique comme atteint de folie.
f Palliser, qui a ét^ assez Aeur^ixpour tuer cinq de ces animaux sans faire connaissance avec leurs dents et leurs griffes, conilrme les récits que font les ladieni de la rage
— sodé cette bêle et donne une description de ces chasses dangereuses, où on finit presque toujours par trouver la mort, parce que l'ours, s'il n'est que blessé, possède une telle résistance vitale et est alors animé d'une telle Turcur que l'instinct de la conservation disparaît pour faire place h l'esprit de vengeance. Il cite entr'autres l'Iiistoire suivante :
■ Un ours gris, blessé à la fois par les coups de feu de six cliasseurs, les accula néanmoins à une rivière, et là, malgré une nouvelle décharge de quatre d'entr'eux, continuant à les poursuivre, il les força de sauter à l'eau d'un escarpement de sept mètres de hauteur, s'élança après eux et s'apprêtait à faire un mauvais parti au plus traînard (les quatre nageurs, lorsque la balle heureuse d'un des deuxrestés sur la rive vint traverser la léle du carnassier. ■
( Les chasseurs, qui se sont mesurés plusieurs fois avec l'ours gris, jouissent de la plus grande considération auprès des blancs aussi bien qu'auprès des Indiens, et le vainqueur y est entouré, au dire de Brehm, d'un respect remarquable. Le Peau-Rouge, qui déleste tant le blanc, devient son ami dès qu'il voit la preuve que le Visage- Pàle est sOT^i viclorieux d'un combat avec ce redoutable animal. >
LE PROCHILE LIPPU