OURS JONGLEUR
I^e prochile aux grandes lèvres est connu dans sa patrie ousle nom dea8wat/;on ne l'avu vivant en Europe qu'au »mmencementdu dix-neuvième siècle.
Il a de l^es à l^SO de long, y compris la queue de ©"lO. ta hauteur au garot est de 0°^0 environ. II possède comme me espèce de trompe, et ses longs poils du dos le font >araitre bossu.
Cet animal habite le sud du continent asiatique, le Banale et l'Ile de Ceylan. Il est surtout commun dans les nontagnes duTétan et du Népaul. On le voit rarement lans la plaine, à laquelle il préfère les lieux élevés et les brèts les plus solitaires.
Très sensible à la chaleur, il se retire au milieu du jour lans une caverne naturelle ou dans une tanière qu'il s'est Tcusée.
On prétend qu'il se nourrit à peu près exclusivement de fégétaux et de menus animaux invertébrés. Des racines le toute espèce, des larves d'abeilles et du miel, des chelilles, des escargots, des fourmis et tous les fruits compo- «raient sa nourriture habituelle. Gràro àses ongles robuses, longs, recourbés, il fouillerait bien la teri-e, renverseuit avec facilité les solides constructions des termites Jles-mémcs et ravagerait leurs colonies; il grimperait
encore sur les plus liauts arbres à la recliorche des abeilles et des fourmis, et enfin il serait souvent très nuisible dans les plantations de cannes à sucre.
Au sujet de la reproduction de Tours jongleur, les renseignements sont presque nuls ; ils se bornent à faire connaître que la femelle met bas un petit» rarement deux, qu'elle porte au besoin sur son dos, tout comme le paresseux.
On a eu souvent rocca&ioQ d'observer cet animal en captivité. Aux Indes, dans sa patrie, les bateleurs-dompteurs le dressent à toutes sortes de tours qu'ils exhibent lors de leurs tournées. De là son nom d'ours jongleur. En Europe, avec du lait, du pain, des fruits et de la viande on a pu conserver des captifs jusqu'à dix-neuf ans.
€ Pris jeune, le prochile est dompté facilement. Au dire de Brehm, il divertit son maître, malgré sa lourdeur apparente. Il se tourne et se retourne, saute, fait des culbutes, se dresse sur ses pattes de derrière, et se livre aux grimaces les plus drôles quand on lui présente de la nourriture, qu'à l'instar des ruminants il cherche toujours à saisir avec les lèvres. Il est doux, confiant, très patient et ne cherche jamais à mordre; aussi peut-on se fier à lui.
Sa dépouille s'utilise comme celle des autres ours. Quant à sa chair, elle est très estimée par les Anglais. Enfin, purifiée et raffinée avec soin, la graisse de ce plantigrade passe pour préserver mirifiquement de la rouille les armes des Européens et pour fournir aux Indous un remède souverain contre les douleurs de toutes sortes.