CHASSE DE L^OURS BLANC
Les Esquimaux, qui enlèvent parfois des oursons à la mamelle, doivent évidemment profiter des courtes absences qu'impose à la mère le soin de sa nourriture, à moins qu'ils n'aient réussi à la tuer en s'embûôquant dans tes guérites en bois où ils attendent d'ordinaire les ours.
ff Ainsi que les Jakoutes et les Samoyèdes, ils se servent, au dire de Seemann, d'une ruse assez ingénieuse. Recourbant en rond un morceau de baleine, de 0^60 de long sur 0^0 de large, ils l'enduisent de graisse de phoque et le laissent geler. Ils cherchent ensuite un ours, lui lancent une flèche, jettent cet appât et se sauvent. Uanimal flaire l'objet, le trouve bon à manger, ravale et, ce faisant, cause
sa mort ; car, la chaleur du corps fondant la graisse gelée, la baleine se rédresse et lui déchire Testomac. >
Les Européens emploient à cette chasse d'autres armes que lej^ indigènes, qui n'ont à leur service que des arcs et des lances ; mais, malgré leurs fusils puissants, ils ne sortent pas toujours victorieux de la lutte.
D'ordinaire, Tours blessé ne s'intimide point ; il marche droit sur son ennemi, avec une résolution sans égale, biendéterminé à se venger. Gomme il a la vie dure et que ni la force ni le courage ne lui manquent, on doit toujours Tatta? quer en nombre afin d'être à même de se prêter secours, même dans l'eau, où sa poursuite est cependant plus iacile.
On a vu dans ces périlleux combats sur terre un ours blessé enlever un de ses adversaires et l'emporter en dépit des efforts de ses compagnons, et on a vu aussi un capitaine de navire, qui poursuivait dans un canot bien monté un animal blessé fuyant à la nage, être saisi et enlevé de son bord par l'ours au moment où il retirait la lance dont il venait de lai porter trois coups dans la poitrine. Il ne fallut rien moins que les efforts réunis et dévoués de tout l'équipage pour le soustraire à une mort certaine.
On ne réussit que bien difficilement à prendre au piège un animal à la fois aussi fort et aussi prudent, et il est même presque permis de dire que sa capture est impossible. Nous ferons en outre remarquer que les jeunes ours polaires se montrent rusés autant que les vieux pour éviter les tra<|uenards et les nœuds coulants.
kki«a