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LE RATON LAVEUR

Cet animal ressemble au blaireau. Il a 0^6 de long, une queue de 0"27 et 0"35 environ de hauteur au garot. Les couleurs de son pelage ne sont pas nettement tranchées et la teinte générale parait, même d*assez près, d*un gris difficile à déterminer, s^harmonisant à la fois avec la couleur de récorce et avec celle d'un sol recouvert d'herbes sèches ou vertes.

L*Amérique septentrionale est sa patrie. On Ty voit dans le sud comme dans le nord, et il s*étend au moins jusqu*à la limite des contrées à pelleteries. Aujourd'hui, il n'est pas commun dans les régions habitées, par suite de la chasse continuelle qu*on lui fait; mais on le trouve en trts grand nombre encore dans l'intérieur du pays, surtout dans les forêts. Les endroits qu'il affectionne sont les bords des ruisseaux, des rivières et des lacs.

D'ordinaire, il ne se met en chasse qu'à partir du crépuscule et, pendant la chaleur du jour, il dort dans le creux d*un arbre ou au plus épais du feuillage. Sur les points déserts, on le voit rôder le jour comme la nuit. Quand on Texamine alors circulant avec nonchalance, la tête penchée, le dos bombé, la queue pendante, la marche lente et oblique, on ne se douterait jamais qu'il est éveillé, élégant, à allures vives et gracieuses; car il ne se montre tel que lorsqu'il tombe sur une piste fraîche ou qu'il aper«

çoit une proie qui joue sans méfiance. C*est là qu*on le voit déployer tous ses moyens, courir, grimper sur les arbres avec Tagilité du singe et rivaliser de ruse avec le renard à terre pour surprendre sa victime.

Le raton laveur est éminemment sociable ; il vit en très bons rapports avec ses pareils, jouant avec eux des heures entières, même lorsqu'il est vieux.

Au point de vue de la nourriture, c'est un véritable ours; frugivore, camivore, piscivore, il se régale en outre d'huttres, de coquillages, dlnsectes et de larves, et probablement de miel. Son habitude constante de tremper dans Feau sa proie en la frottant lui a fait donner le nom spécifique de laveur. Notons ici que cet animal ne chasse jamais que par le beau temps.

(Test au mois de mai que, d'après Audubon, la femelle met bas dans le creux d'un arbre de quatre à six petits.

Pris jeune, le raton laveur s'apprivoise bien vite et est ^lors très intéressant à observer; mais, pour que tout son naturel si curieux se manifeste, pour qu'il soit un compagnon agréable et folâtre, même avec des animaux d*autres espèces, il faut lui donner un espace assez étendu.

Sa chair est estimée à la fois par les blancs, par les nègres et par les Peaux-Rouges, et on recherche sa fourrure. De ses poils soyeux on fait de bons pinceaux; avec le duvet on fabrique des chapeaux, et, avec les queues, on oonfectionne des boas pour les femmes.

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