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CHASSE DU RATON LAVEUR

Lorsqu'on poursuit cet animal en vue de sa fourrure, on se borne à le prendre dans des pièges de toute sorte aiiior-

- loi -

ces avec un- poisson ou un morceau de viamte. Ce ifiode fie capture est presque toujours employé par les Peaux-Rouges et par les nègres ; mais les Américains, qui le traquent par pur plaisir et avec une véritable passion, opèrent diflëremment

Cette chasse est très simple ; elle se fait de nuit avec plusieurs chiens, à la lueur des torches. On se met en campagne au moment où le raton sorti de son gite glisse silencieux à travers les broussailles, lorsque tout se tait dans la forêt.

Un chien prend bientôt la piste et la meute ralliée s'élance à la poursuite de l'animal, qui grimpe rapidement sur un arbre, se cache dans le feuillage et y reste immobile, pendant que les toutous entourent son refuge aérien et donnent de la voix.

Les chasseurs arrivent, jettent leurs torches en un tas, apportent du bois sec^ des aiguilles de sapin, des pommes de pin, et de ces matières si combustibles jaillit bientôt une flamme qui éclaire tout le paysage d'une lumière fantastique.

A ce moment, un bon grimpeur monte sur Tarbre et poursuit l'animal dans le feuillage. L'homme et le raton courent dans la cime, vont de branche en branche jusqu'à ce qu'enfin ce dernier apparaisse sur un rameau, cherchant à gagner un autre arbre ; l'homme, qui le serre de près, secoue alors la branche avec vigueur, et le raton a beau s'y cramponner de toutes ses forces, il est projeté à terre.

Les chiens saluent sa chute par des aboiements frénétiques, et la chasse recommence, car l'aninial n'est ni blessé, ni même tant soit peu étourdi du choc qu'il a éprouvé sur le sol en tombant d'une hauteur de dix mètres et plus.

Une, deux fois encore, il cherclie son salut sur des arbres; mais, la poursuite restant tenace et les chutes étant inévitables, la pauvre bote, de guerre lasse, devient la pmie des chasseurs.

Àudubon raconte, comme il suit, une cliasse de ce genre, qui s*est terminée dans Teau, et dont il a été témoin :

c La chasse continua. Les chiens et les piqueurs étaient sur les talons de ranimai, et celui-ci se réfugia de désespoir dans un petit étang assez profond pour qu*il n'eut pas pied et qu'il fut forcé de se mettre à la nage.

« La lueur de nos torches lui est insupportable. Son poil est hérissé, sa queue arrondie parait trois frois plus grosse que de coutume, ses yeux brillent comme Témeraude. La gueule écumante, il attend les chiens, prêt à attaquer le premier qui s'approchera.

«Gela dure quelques minutes, Teau devient boueuse, son poil dégoutte et sa queue, traînée dans la fange, flotte à la surface de Feau. Il pousse de rauques grognements, dans Tespoir de rebuter ses ennemis, mais il ne fait par là qu'augmenter encore l'ardeur de la meute qui s'apprête à l'assaillir. Un chien enfin le mord au dos, et est contraint de lâcher prise. Un second l'attaque au flanc et reçoit une forte dentée. Un troisième lui mord la queue ; le raton se voit perdu; il fait entendre des cris plaintifs, et ne lâche plus l'ennemi qu'il a pu saisir, donnant alors au reste delà meute le temps de se jeter sur lui. Enfin, un coup de hache sur la tète l'achève ; il râle, sa poitrine se soulève encore dans un dernier soupir. »

Il résulte clairement de ce récit que le raton laveur est très courageux, qu'il lutte jusqu'à la mort et que deux ou trois chiens seulement ne le réduisent pas facilement.

Les bons grimpeurs et les piqueurs se recrutent exclusivement ou peu s'en faut parmi les nègres, chez lesquels on trouve des instincts de chasse très développés.

LES COATIS

On connaît au moins cinq espèces de coatis, dont les mœurs et le genre de vie ne diffèrent point de ceux du coati sociable ou du coati solitaire. Nous nous bornerons donc à l'étude de ces derniers, qui du reste sont les plus anciennement connus.

Ces animaux ont le corps mince, allongé presque comme les martes, le cou court, la tête longue et pointue, 'la queue touffue, les pattes courtes, vigoureuses, à pieds larges et àcinq doigts armés d'ongles longs et pointus. Leur museau caractéristique s'allonge en forme de trompe en avant de la gueule et a des bords redressés, à angles saillants. La dentition ressemble à celle des ratons.

Quant au pelage, qui est jaune-brunâtre sur le dos, sa couleur est noire sur toutes les parties nues, face et pattes, à l'exception des côtés du menton, qui sont blancs. Sept anneaux jaune-brunâtre alternent sur la queue avec sept autres d'un brun-noir.

Le coati sociable mesure 1~05 sur lesquels 0™oO appartiennent à la queue. Sa hauteur est de O'^SO. Quant au coati solitaire, qui parait plus grand et plus vigoureux, il n'esl pas plus long, mais un peu plus haut et plus fort.

Ces deux animaux habitant toute la partie chaude de l'Amérique du sud. On les y trouve sur plusieurs points des Gordilières et dans les grandes forêts.

Gomme le nom l'indique déjà, les deuK espèces se distinguent en ce que la première vit en groupes errants de huit à vingt individus, tandis que la seconde vit solitaira, habite un espace délimité et ne se réunit qu*à Tépoque du rut. De plus, le coati solitaire parait avoir plusieurs gites et passer la nuit dans Tun ou Tautre, alors que le coati sociable n'a ni domaine de chasse ni refuges fixes, menant une vie vagabonde, errant tout le jour dans la forêt, se logeant pour la nuit où il se trouve, attendu qu'il ne voit pas dans l'obscurité.

Les coatis sociables marchent dispersés, en faisant entendre des* sons particuliers, moitié grognements et moitié sifflements. Us se livrent avec ardeur à la chasse des vers et, k cet eflfet, ils fouillent le sol, visitent tous les trous, tputes les crevasses, en y fourrant leur museau ; ils font de même avec les souris. Parfois, toute la bande grimpe, sur un arbre,.où elle va dénicher et surprendre les oiseaux ; elle le parcourt rapidement et passe à un autre.

Trop paresseux pour se donner cette peine, le ooati soli* taire reste sur le sol à la recherche de sa nourriture. U marche silencieusement, lentement, examinant tout avec prudence, par la raison qu'en mangeant il doit pourvoir lui-même à sa sûreté, n'ayant pas, comme ses congénères, la ressource de se faire garder par des sentinelles.

Lorsqu'un coati sociable en faction aperçoit un ennemi, il prévient aussitôt la bande par un son fort et sifilaot, grimpe rapidement sur un arbre, et les autres se hâtent de le suivre. L'alerte passée, on les voit descendre la tète la première, contrairement à tous les autres grimpeurs.

Leurs mouvements sur les arbres sont presque aussi lestes que ceux des singes et des chats, mais, à terre, ils sont bien plus lents. Ils marchent au pas, la queue relevée verticalement, ou s'avancent par petits bonds; ils ont cependant un galop rapide. L'eau leur fait peur ; ils nés y jettent qu'à la dernière extrémité, bien qu'ils nagent avec aisance.

L*odorat est le premier de leurs sens ; Toupie vient après. Quant à la vue, au toucher et au goût, ils laissent beaucoup à désirer.

On ne sait rien stir la reproduction du coati solitaire. La femelle du coati social)Ie^ au dire de Rengger, met bas de^ trois à cinq petits, vers le printemps (octobre en Europe), dans un tronc d'arbre creux, dans un terrier, dans un fossé couvert de broussailles. Bile reste là avec eux jusqu'il ce qu'ils puissent raccompagner à la chasse; Ge temps- ne doit pas Aire bien long, car, au milieu des bandes^ on^ rencontre des jeunes qui ont à peine leurs incisives.

Dan» tou» les lieux habités par les coati» on en voit d'apprivoisés. Tant qu'ils sont jeunes, ils restent' doux ; plus tard, il fout se méfier de leur» griffes. Au début, onles ^ève avec du lait et des fruits ; après, on leur donnédela viande de bœuf cuite ou crue.

La chair de ces animaux est trè» estimée parles Indiens ; celle des jeunes seulement peut plaire aux Européens.

La peau est employée par le» sauvages à foire de petites boupses; ils ne semblent point* tirer partfdbspofl», desdents et des griffes.

CHASSE DES COATIS

Les Indiens sauvages chassent les coatis avec ardeur pour en avoir la peau et la chair.

Ils les tuent généralement à coups de flèches, lorsque leurs chiens les ont contraints à se brancher. Seulement, si les arbres sont trop élevés ou le feuillage trop épais pour

la réussite de leur tir, ils donnent aux troncs de violents coups de hache, et alors chaque animal effrayé court au bout de sa branche, se laisse choir à terre, tout prêt à s*enfuir ; mais les nombreux chiens veillent et, aidés par les lances des chasseurs, ils étranglent les coatis.

Un chien seul n*est pas en état de réduire le coati sociable; il en faut une demi -douzaine. Quant au coati solitaire, qui est plus vigoureux, qui sait mieux se servir de ses dents, qui fait face avec résolution, qui mord tout autour de lui avec rage, il ne tombejamais sans avoir mis hors de combat cinq à six chiens.

Dans TAmérique du sud et au Mexique, les blancs ne chassent ces animaux que pour le plaisir. Ils opèrent comme les Indiens, sur lesquels ils ont Tavantage de posséder des armes à feu et des chiens plus forts et plus mordants.

Malgré cela, on serait dans Terreur si on croyait facile le tir de ces animaux branchés ; car, si on veut avoir sa victime, il faut bien viser, la bête blessée se tapissant instinctivement à la bifurcation de deux branches, ce qui la préserve du coup mortel.

LE

THYLACINE CYNOCÉPHALE

(CHIEN ou LOUP A BOURSE, LOUP ZÉBRÉ)

Cet animal, qui est le plus grand et le plus remarquable des marsupiaux carnassiers, à première vue ressemble à un chien; mais ses jambes sont plus courtes et sa dentition diffère de celle des canidés.

Il mesure environ 1°'04 de long et 0^80 de haut ; sa queue a 0'"50. On admet toutefois que des mâles très vieux peuvent atteindre une longueur totale de deux mètres.

Lethylacine, qu*onne trouve plus que dans laTasmanie ou terre de Yan Diémen à une altitude de mille mètres au-dessus du niveau de la mer, reste le jour dans des crevassés de rochers, dans des gorges sombres, des cavernes ou des terriers, fuyant la lumière avec plus de soin que lé hibou, par suite de la contraction continuelle de sa pupille tant que le soleil donne.

Vieùne la nuit, et on a devant soi un tout autre animal, qui est éveillé, vif, sauvage et même dangereux, et qui cause autant de dégâts dans sa patrie que le loup en Europe.

Sa nourriture consiste en petits animaux de toute espèce : vertébrés, insectes, mollusques et même annélides. Là où

les montagnes arrivent jusqu'au boni de la mer et où les Européens n'ont pas encore mis le pied, il recherche la nuit sur le riva((e les animaux amenés par les flots; un phoque, un poisson à moitié pourri sont de bonnes aubaines sans lesquelles force lui est de se contenter de coquillages ; mai^, bientôt las de cette alimentation insutBsante, il entreprend des chasses plus pénibles, et on le voit poursuivre les Kanguroos dans les prairies et les forêts, ainsi que les ornithorhynques sur les rivières et les marais. Lorsqu'il est affamé, tout lui est bon ; il ne se laisse même pas arrêter par les piquants de l'échidné, puisqu'on en trouve dans son estomac.

On sait très peu de chose sur la vie de cet animal en captivité, bien que la Société Zoologique de Londres ait possédé, vers 1850, trois thylacines, dont une femelle, et les ait conservés plusieurs aonéest en les nourrissant avec de la viande de mouton, qu'ils préfèrent à toute autre.

CHASSE DU THYLACINE

Lorsqu'on chasse cet animal avec des chiens qui le gagnent de vitesse^ là meute n'en vient pas souvent à bout ; il se défend avec un telle férocité et une telle rage et combat si vigoureusement jusqu'à la mort que parfois il mbt ses adverslairès en déroute; les diasseurs doivent donc toujours se hftter d'intervenir pour clore le drame, sctt à oonpfide lance, soit à coups de fusil'.

On prend le thylacine au lacet ou dans des pièges;

Voilà tes âeiils renseignements 4ùe nous a^ons* pii r€i(aieillir iw la ctiassa de ce singulier marsupiau !

LE SARCOPHILE URSIEN

•On ne eonnait jusqu'à ce jour qu'une seule espèce, qui ^ propre à la Tasmanie.

Ge sarcophUe est intermédiaire par ses formes généraleè à un ursidé et à un mustétidé; H a oreo de long, et sa queue 0»30.

Son corps est ramassé comme celui d'un ours et sa tête <xmrte et large possède une solide mâchoire armée de canines très fortes.

De l'aveu de tous les observateurs, on ne peut voir un animal plus méchant, plu&4n6enfié, plus furieux; jamais il ne cesse d'être en colère ou de mauvaise humeur; la moindre cause l'irrite, et ce n'est que par rage qu'il montre de l'activité. De là lui est venu le surnom de diable.

Ses habitudes sont complét^noent noûturiies; il.cj^aint la lumière du jour peut-être plus encore que les hiboux. Aussi, tout le temps que le soleil est à l'horizon, se cachet-il dans les endroits les plus sombres qu'il peut décou* vrir. Mais, dès que la nuit s'est faite, il sort du gtte et rôde à la raeliercbe <te sa nourtittipe; il se montra alors Mpide dans ses mouvementSt Marchant comme Tours, il appuie toute la pinte du pied sur le sol ; à Tinstar du cbi^i^ tt s-asfttod|{«r son derrière, et porte ses aliments à U booqhe avo6i60»^Miea de devant.

Il se précipite avec rage sur tous le& animaux dont il lui

If

— no —

est possible de s*emparer, et en fait sa proie ; qulls soient vertébrés ou invertébrés, peu lui importe, sa voracité n'ayant pas de t)ornes. S*il manque sa victime du premier bondt il la poursuit en donnant de la voix ; son cri alors tient le milieu entre un aboiement et un grognement.

La femelle met bas de trois à cinq petits. On croit qu*elle les porte longtemps sur son dos, mais il n'y a rien de bien certain à ce sujet.

En captivité, le diable, même après plusieurs années, reste aussi furieux que le Jour où on Ta pris. Il se jette avec rage sur tout ce qui rapproche, et son gardien est toujours traité par lui comme un étranger. Il ne souffre aucun animal dans sa cage. On peut néanmoins facilement le nourrir à la viande crue et même, plusieurs jours de suite, ne lui donner que des os dont il vient à bout avec ses bonnes dents.

Les colons se régalent avec sa chair, la déclarant très bonne et presque semblable à celle du veau. On ignore s*ils tirent quelque parti de sa dépouille.

CHASSE DU SARCOPHILE URSIEN

« Dans les premières années de leur établissement, les colons de la tarre de Van Diémen eurent, dit Brehm, beaucoup à souffrir des ravages que cet animal, alors très répandu, commettait dans les basses-cours. Gomme les martes, il se glissait la nuit dans les poulaillers, égorgeant tout. Aussi ne tardèrent*ils point à le poursuivre avec

acharnement, et môme à le manger par esprit de vengeance.

c lies mille pièges qu'ils lui tendirent alors, les chasses qu'ils organisèrent en grand contre lui, eurent pour résultat de refouler cette espèce pillarde dans les forêts les plus impénétrables des montagnes. Aujourd'hui, même sur les points où il est encore commun, on ne le voit que très rarement aux alentours des fermes. >

Ce qui a facilité grandement l'œuvre de destruction de cet animal, c'est qu'il est très vorace, qu'il mord à toutes les amorces, viande, poisson ou mollusque, et tombe par suite dans tous les traquenards tendus à son intention.

Sa chasse, la nuit, à l'aide des chiens, est plus difficile ; il lutte contre eux avec une rage incroyable et une ténacité qui dure jusqu'à la mort. Jamais un chien seul ne parviendrait à le réduire ; et même les chasseurs, éclairés par des torches, feraient bien de venir le plutôt possible au secours de la meute, que cet animal maltraite toujours avec ses dents terribles et sa puissante mâchoire.

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