LE KANGUROO GEANT
Ce Kangiiroo, le boomer des calons, e&l à la fois le plus grand de la famille et celui qui a été le mieux étudié.
Un mâle adulte, lorsqu'il est assis, a la hauteur d*un homme ; sa longueur totale, y compris 0^90 pour la queue, dépasse deux mètres; son poids varie de 75 à 110 kilogrammes. La femelle est toujours d*un tiers environ plus petite.
Cet animal diurne, découvert en 1770 par Cook, sur les côtes de la Nouvelle-Galles du Sud, vit dans les vastes pâturages ou dans les cantons couverts de buissons touffus, si abondants en Australie, et c'est dans ces buissons qu'il se retire l'été pour se mettre à Tabri dos rayons brûlants du soleil.
K Quoiqu'on le rencontre par petites troupes, il est cependant moins sociable qu'on ne l'a cru jadis. On en voit d'ordinaire trois ou quatre réunis, mais aucun ne s'inquiète des autres. La haute stature des mâles semblait les désigner aux fonctions de chef des groupes ; cette croyance a été reconnue erronée.
« Leur allure, telle qu'on la voit quand ils sont à paitre, est un saut lourd et nmiadroit. L'animal, dit Brehm, applique toute la main sur le sol et place ses pattes de derrière près de celles de devant, et ménje entre eyes; il. s'appuie
en moine temps sur sa qneue ; mais cette position fatigante ne peut durer qu*un instant.
« Lorsqu'il veut arracher les plantes avec ses pattes de devant (espèces de mains terminées par cinq doigts annés d'o9igles arrondis), il s'assied sur la queue et les pattes de derrière, en laissant retomber ses membres antérieurs, et, lorsqu'il en a pris une, il se redresse pour la manger. Son corps paraît alors reposer sur un trépied dont les branches seraient formées par les membres de derrière et la queue.
« Quand il est à demi rassasié, il se couche sur le sol ; s'il lui prend alors fantaisie de manger, il se borne à se soulever un peu et à s'appuyer sur ses courtes pattes de devant.
c Au moindre bruit, le kanguroo,flâtré comme un lièvre au gUe , se lève , surtout le mâle adulte , et regarde autour de lui, en se dressant sur la pointe des pieds. Aperçx)it-il quelque chose de suspect, il se hâte de fuir. Ramassant ses jambes de devant contre sa poitrine, il fléchit, puis, étendant brusquement avec toute la force des muscles fémoraux ses membres postérieurs longs et grêles, il file par sauts dans l'air comme une flèche. Un bond suit l'autre immédiatement, et chacun d'eux varie, en cas de vive poursuite, de six à dix mètres, sans que jamais les pattes de devant touchent la terre. »
Cet animal se nourrit d'herbes, de feuilles, de racines, d'écorces d'arbres, de bourgeons, de fruits, et n'est pas ruminant comme on l'a cru à tort. L'ouie est son sens le plus parfait; la vue semble faible et l'odorat assez obtus. Quant à l'intelligence, elle est peu développée.
f Le rut a des saisons déterminées, du moins si l'on en iuge par les individus captifs. Quand, k cette époque, deux mâles poursuivent la même femelle, ils sautent l'un sur l'autre et cherchent à se saisir; s'ils y parviennent, on les voit alors se soulever sur leur queue et se donner avec
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leur pattes de derriôro, fleveniies libres, des coups terribles qui portent particulièrement sur le ventre, sans compter que les pattes de devant et même, dit-on, les queues prennent part à la bataille.
< Le Kanguroo a rarement plus d'un petit, et, malgré sa haute taille, la femelle ne porte que trente-neuf jours. La mère, dès qu'il nait, le prend dans sa bouche, ouvre sa bourse avec ses pattes de devant et greffe le petit être à un de ses mamelons. Douze heure après sa venue au monde, il n*a que trente-deux millimètœs de long; c'est une masse molle, transparente, vermiforme, avec des yeux fermés; le nez et les oreilles sont à peine indiqués et les membres presque informes. Appendu à la tétine comme un corps inerte, il est même incapable alors de téter, et le lait, par suite d'une disposition organique particulière, lui est versé directement dans la bouche par le mamelon ; ce n'est que plus tard qu'il exercera lui même la succion.
c II reste ainsi huitmoisà se nourrir du lait de la mèi^e ; de temps en temps, il montre la tète, mais il n'est pas encore capable de se mouvoir tout seul. Ce n'est qu'arrivé à une certaine taille et qu'après la pousse des poils qu'il s'accroit rapidement et commence à manger. La mère, qui le soigne avec tendresse, se montre alors moins craintive pour lui et permet au mâle curieux de voir son rejeton. Si elle veut se déplacer, elle force son jeune à gagner les profondeurs de la bourse, en lui donnant de légers coups avec ses mains.
€ Peu de temps après, le petit abandonne la poche marsupiale et saute autour de sa mère ; mais, au moindre indice de danger, il arrive en toute hâte et se précipile dans sa cachette; rassuré, il regarde au dehors avec une expression comique (1). »
(1 ) La plupart de coa observations n'ont pu étro faites que sur des animaux captif» , le kanguroo, à l'état sauvage, étant par trop craintif f>our être étudié avec fruit.
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On dit que, dans lo danger, la femelle cherche k sauver son petit en le cachant à terre, surtout lorsqu'elle est blessée; elle y parvient souvent parce que le chasseur, qui ne voit que la mère, passe à côté du jeune sans le remarquer.
Les kanguroos-géants supportent facilement la captivité. Plusieurs ont vécu de dix à quinze années en Europe, sans qu'il fut besoin Thiver de leur donner une écurie très chaude. Lorsqu'on les soigne bien, ils se multiplient rapidement, mais jamais ils ne dépouillent leur timidité native, et jamais ils ne s'apprivoisent assez pour montrer de l'affection à leurs gardiens. Leur naturel est toujours si craintif que des oiseaux même peuvent leur causer un effroi mortel.
Ils doivent être en somme considérés comme des animaux plutôt utiles que nuisibles.
La chair de toutes les espèces de kanguroos est estimée et entre dans l'alimentation.