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L'ONDATRA MUSQUÉ

(FIBER ZIBETICUS)

« Ces animaux, dit Brehm, semblent constituer une transition des arvicolidés aux castors ; il n*en existe qu'une seule espèce, qui est vulgairement connue sous le nom de rat musqué du Canada, le musquaseh des Anglo-Américains, et qui, d'après Richardson, offre trois variétés, une noire, une tachetée et une blanche. »

L'ondatra mâle adulte a 0'"60 de longueur, y compris 0"27 pour la queue. Il présente beaucoup de rapports de forme avec le campagnole amphibie. Son pelage épais, couché, mou et brillant ressemble à celui du castor.

Cest un habitant de TAmérique du Nord, du Canada surtout. Il fréquente les prairies au bord des grands lacs, des larges fleuves à cours lent, des marais et des ruisseaux, mais il préfère les étangs peu vastes recouverts de roseaux et de plantes aquatiques.

Gomme le castor, il est éminemment sociable, puisqu'il forme, une grande partie de l'année, des colonies considérables qui, à son exemple, se construisent des habitations faisant saillie sur le sol et communiquant avec Tonde par un ou deux couloirs souterrains.

Tant que l'eau n'est pas gelée jusqu'au fond, l'animal

vit tranquille dans sa cliaude demeure recouverte de neige ; mais, si le froid augmente, si la glace ferme toutes les issues, la colonie dépérit et meurt en grande partie faute d'air.

L*ondatra musqué se nourrit principalement de végétaux aquatiques ; on a cependunt trouvé dans ses huttes des restes de coquillages, l^es plantations voisines sont souvent saccagées par ces animaux, qui détruisent en fouillant la terre bien plu^-qu'ils-ne peuvent consommer.

Audubon et Bachmann donnent une description des mœurs des ondatras, que nous ne pouvons mieux faire que de copier :

c Les ratS'Caslûrs, disent-ils, sont des animaux vifs, enjoués, lorsqu'ils se trouvent dans leur élément, c'est-àdire dans Teau. Par une belle nuit, on peut les voir dans les étangs des moulins, dans les pièces d'eau profondes et tranquilles; ils jouent, ils nagent de tous côtés, laissant sur l'onde des sillons brillants ; ils s'arrAtent près des touffes d'herbes, sur les pierres d'où ils peuvent atteindre les objets qui flottent ; ils s'asseyent sar ht rive, et de là ils sautent à l'eau, l'un après l'autre^ comme des grenouilles. De temps en temps on en voit un couché, immobile, à la surface liquide; il donne par moments un léger coup avec sa queue, comme le fait le castor, puis il disparait subitement pour reparaître à dix où vingt mètres de là et recommencer le même jeu ou se joindre à ses camarades. D'autres, sur la rive, ramassent des herbes, déterrent des racines et les transportent ensuite dans l'endroit le plus tranquille. On dirait que ces animaux forment une petite communauté pacifique et ne demandent pas autre chose, pour être heureux, que le repos et la tranquillité. >

On ne sait que très peu dechosesur la reproduction dit rat^castor. C'est en mars-avril, lorqu'il a quitté sa demeure d*biver, que l'accouplement s'effectue. La femelle met bas

>tsàsix petits, soHdans eahiittc, soit dans un t«rrier e a creusé dans tes liautes terres, où ces animaux litude passent la beik saison. Quelques naturalistes lenl qu'elle n'a qu'une portée par an, mais d'autres innent qu'elle en a trois ou quatre. On ignore comie temps les jeunes restent avec la mère et combien dure leur croissance.

s jeunes, les ondatras s'apprivoisent facilement et se rent très doux ; les vieux animaux, par contre, sont anls et moPdent volontiers. Comme ils peuvent, dans :ce (l'une nuit, percer une épaisse planche de bois dur aire un trou suftlsant pour s'échapper, on ne saurait irder que dans des caisses doublées en métal. 1 Indiens mangent avec plaisir la chair de Fondatra ; il n'en est pas de mênne des Européens, qui reculent il son goât musqué. Quanta la fourrure, elle est assez ée, bien que sa forte odeur de civette ne plaise pas à e .monde.

:HASSE de L'ONDATRA MUSQUÉ

n que ces animaux paient un assez fort tribut aux visons, martes et rapaces ailés, il n'en est pas moins |uc l'homme est encore leur plus grand ennemi. chasse généralement les ondatras moins à cAusc des s qu'ils font que pour les profits qu'on en ix'tire. affûts de jour et de nuit avecl'armeà feu donnent

de si Aiaigres résultats qu*on a du eiitièi'einent y renoncer. L*emploi des chiens n*a pas mieux réussi.

On prend d^habitude ces animaux dans des pièges amorcés avec des pommes, dans des trappes tendues près de burs demeures et disposées de manière à tomber dans l'eau où le prisonnier se noie ; mais il faut fréquemment visiter les pièges, attendu que les captifs, morts ou non, sont immédiatement déchirés et dévorés par les individus libres.

I^s Indiens, qui savent très bien reconnaître si une hutte est habitée, s'en approchent silencieusement, enfoncent leur lance à travers ses parois et embrochent presque toujours ranimai qui s'y trouve. Ils i*etirent leur victime en découvrant alors le dôme.

On capture encore les rats-castors en les enfumant avec des mèches soufrées. Enfin, on opère avec succès la destruction des huttes lorsqu'à l'aide de solides filets munis de poches toute communication avec l'eau a été habilement interceptée.

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LE MYOPOTAME COYPOU

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