‹ Les chasses du globeChapitre 5 sur 206 · L'ORANG-OUTANG · texte numérisé non relu

L'ORANG-OUTANG

(asiatique)

Les orangs-outangs sont connus depuis la plus haute antiquité. Pline, qui les nomme Satyres, qui leur recon*» naît une face humaine, qui raconte qu'ils marchent debout et à quatre pattes, les déclare très méchants et dit qu'on les trouve sur les montagnes de Tlnde.

Uorang asiatique, appelé ordinairement orang-outang ou PongOy se distingue de Torang africain par la longueur considérable de ses bras, qui descendent jusqu'aux malléoles, et par la forme pyramidale ou conique de sa tête, à museau saillant, qui lui enlève toute conformité avec l'homme, surtout lorsqu'il devient adulte et vieux ; car, tant qu'il est jeune, son crâne ressemble au plus haut degré à celui d'un enfant.

Le mâle atteint l"»33de hauteur; la femelle, toujours plus petite, a environ 1"16.

Il paraît certain qu'on ne trouve plus cet animal que dans l'île de Bornéo, où il hante les grandes forêts solitaires et marécageuses du sud et de l'ouest, recherchant de préférence les vallées du Kabayan, du Sampit, du Mandawej et les bords des autres fleuves. Jamais on ne le rencontre dans la montagne.

L'orang a disparu de toutes les contrées habitées; il ne peut vivre et se multiplier que dans les régions vraiment

;auv&ges où l'homme, son ennemi mortel, ne met autan lire jamais le pied. II résulte de là qu'on n'est que très m parfaitement renseigné sur son genre dévie à l'état ibre.

Les femelles seules avec leurs jeunes vivent ai sociétés, nais ne forment jamus débandes nombreuses, tandis que es mftles adultes sont toujours solitaires. Ceux qu'un flge rès avancé a rendu faibles se trouvent réduits à végéter nisérablement sur le sol.

« Les singes plus jeunes et plus vigoureux, dit Brehm, rirent sur les arbres, leurs longs bras de devant, qui renient leur allure à terre si pénible et si lourde, leur étant iktrs d'un grand secours pour grimper.

« Lorsqu'ils marchent, ils s'appuient surk partie postéieure des pieds tenus fermés et sur le bord extérieur du nétacarpe; niais, comme les autres singes, ils ne peuvent oulenir longtemps la progression verticale.

< Déià, dans leur jeune âge, ils sontcabnes ou du moins >eu pétulants ; puis, avec les années, ils deviennent de )lus en plus paresseux et lourds. Grimpant lentement et prudemment, à l'instar de l'ours, ils saisissent une branitie avec les mains de devant et hissent péniblement leur «rps. Jamais ils ne font de grands sauts audacieux.

• Ces animaux trouvent sur la cime des arbres tout ce |u'tl leur faut pour se nourrir : des fruits, des bourgeons, les fleurs, des feuilles, des graines, des écorces, des inseces et des œufs.

a Leur cri ressemble d'abord au hurlement d'un chien, levient ensuite de plus en flm rude et, k la an, rappelle oul-à-Eait le bruit d'une sciecoupant du bois.

• LesPongos recherchent de préférooce les parties bases des forêts vierges pour y passer la nuit, choisissant oujours les cimes les plus touffues afin d'être bien protégés centre le vent et la pluie. C'est là où ils se construisent fluvenl, ft six o(i sept mètres du sol, une espèce de nid.

qui ressemble à Faire des grands oiseaux (te proie et qui n*est jamais couvert par un toit, »

lis sont très doux et très paisibles. Fort peu timides» Us ne fuient pas devant Thomme, qulls regardent curieuse* ment avec beaucoup de calme.

Attendu qu^il est tout-à*£Giit icf^possible cte ci^pturer vivant un Pongo adulte, on a dû en Europe ^ bori^r h Caire des observations sur des jeunes. Toutes s*accQpdeQ| à les dépeindre comme de bonnes créatures, très frileuc^t un peu lentes et lourdes, imitant très bien ce qu^^les voient faire, aimant à se couvrir même d*un simple ebif^ ion, caressant affectueusement leur gardien.

Par malheur, ces animaux vivent fort peu de temps sous nos climats, où la phthisie les tue invariablement. Aucun n*a pu, malgré toutes les précautions et les soins pris, durer plus de deux années dans les muséums d'Europe.

La chair du Pongo déplaît souverainement aux Européens, mais elle pourrait fort bien être du goût des indigènes.

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