‹ Les chasses du globeChapitre 6 sur 206 · CHASSE DE L'ORANG-OUTANG · texte numérisé non relu

CHASSE DE L'ORANG-OUTANG

Lorsque Torang asiatique se croit en danger ou qu*il est vivement chassé, il cherche un refuge sur la cime des arbres les plus élevés, se dissimulant dans Tépaisseur du feuillage ou derrière une grosse branche. S'il ne s'y trouve point en sûreté, on le voit se sauver de cime en cime, non pas avec une rapidité impétueuse comme beaucoup d'au-

très singes, mais avec une lenteur et une prudence calculées.

Cette tactique qui réussit le plus souvent avec les indigènes, dont les flèches sont presque toujours impuissantes, n'est pas de mise quand les armes à feu interviennent. Et c'est en vain que le blessé pousse de grands cris, casse les branches à sa portée et les lance sur ses ennemis dans l'espoir d'arrêter leur poursuite. Le feu continue, et les Pongos tombent les uns après les autres ; mais tous ne sont pas morts, et il faut se montrer prudent avec les blessés, qui ne succombent point sans se défendre courageusement ; or leurs bras vigoureux sont capables de briser net un membre et leurs dents peuvent faire d'affreuses morsures. On doit donc les achever au plus vite avec une balle.

Pour prendre vivants les jeunes, on n'abat pas le moins du monde les arbres sur lesquels ils sont juchés; il suffit de savoir se servir de solides lacets convenablement tendus.

Jamais aucun voyageur, aucun naturaliste n'a vu le Pongo se servir d'une branche cassée en guise de massue; cela n'est pas plus vrai que les rapts de femmes dont on l'a accusé.

LE

CYNOCEPHALE HAMADRYAS

ou TARTARIN

Ce singe, qui occupe le premier rang des animaux sur les monuments égyptiens, qui porte le nom d'une nymphe grecque, qui a symbolisé la Justice ou le Destin et qui a été fort vénéré jadis, est trop nuisible pour que l'homme le respecte.

Indépendamment de leur forte taille, les mâles adultes se distinguent aussi par le camail, qui couvre les parties supérieures de leurs corps et qui est composé de poils gris-verdàtres longs de 0"30. C'est là une véritable crinière qui, chez la femelle, se montre toujours un peu moins touffue.

L'hamadryas habite toutes les montagnes de l'Abyssinie et de la Nubie méridionale; il préfère du reste cdles qui sont, le plus couvertes déplantes et recherche, vers le Nord, la région des pluies; l'eau est d'ailleurs une nécessité pour lui.

Ces animaux, essentiellement sociables, descendent parfois des montagnes sur les collines du Samchara et du désert qui longe la côte. On les y voit alors en bandes de quinze à vingt individus seulement, tandis que dans les

lieux élevés leurs groupes ordinaires sont au moins de cent cinquante. Ces derniers, d*habitude, se composent d*une vingtaine et plus de mftles dans toute leur vigueur, véritables monstres de grande taille munis de dents beaucoup plus fortes et plus longues que celles du léopard ; d*une soixantaine de femelles et de singes plus ou moins âgés.

A Taube ou au moment de la pluie, on trouve toute la bande dans son campement, toujours abrité par des rochers creux ou surplombants. Lorsque le temps est beau, elle s'avance avec lenteur, arrachant par-ci par-là une plante dont la racine est dévorée et retournant toutes les pierres pour manger les insectes, escargots et vers cachés dessous. Si des champs de sorgho se trouvent sur sa route, leur dévastation est certaine, à moins qu'ils ne soient bien gardés. Dans l'après-midi, un peu avant le soir, la bande va s'abreuver à l'eau la plus proche ; après quoi, elle cherche de nouveau sa nourriture jusqu'à ce que l'approche de la nuit l'oblige à regagner quelque bon abri, qu'elle rallie avec fidélité chaque jour, tant qu'on ne l'y trouble pas trop.

Les femelles paraissent n'avoir qu'un petit par an, deux au plus. On ne sait rien du reste sur l'époque du rut et sur la durée de la gestation. On ignore même par quels moyens on peut réussir à capturer des jeunes.

En Egypte et au Caire, on voit souvent des cynocéphales entre les mains des bateleurs. Ils dressent ces animaux, pris en bas âge, à faire des tours grossiers, et surtout à parodier leurs propres obscénités, ce à quoi les dispositions naturelles du singe se prêtent admirablement. Sachant par expérience qu'avec l'âge les mâles deviennent méchants et dangereux, ces jongleurs n'emploient jamais que des femelles.

On tue l'hamadryas à cause de ses dévastations, mais non point pour sa chair dont les nègres eux-mêmes ne veulent pas goûter.

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