‹ Les chasses du globeChapitre 51 sur 206 · CHASSE DE L'ÉLAN A CRINIÈRE · texte numérisé non relu

CHASSE DE L'ÉLAN A CRINIÈRE

L*élan a pour ennemis le loup, Tours, le lynx et le glouton. Le loup le chasse en hiver par les grandes neiges et le force; Fours ne s*en prend qu'aux animaux isolés et les attaque de front, mais jamais il ne se lance sur une harde. Contre eux, cet animal peut assez efficacement se défendre avec son bois, sans compter ses sabots de devant, dont une seule atteinte suffit pour tuer un loup^. S*il vient à être saisi à la gorge, son unique ressource pour se débarrasser du carnassier, c*est de l'entraîner dans les fourrés les plus épais et de lui faire Iflcher prise en le pressant contre les arbres. Mais ces moyens de salut ne peuvent lui réussir avec le lynx et le glouton qui, du haut d'une grosse branche sur laquelle ils sont tapis, le guettent au passage, tombent sur son dos, se cramponnent à son cou et lui^ coupent les carotides. Ces deux carnassiers, contre lesquels il est réellement sans armes, sont dès lors ses ennemis les plus dangereux.

Après ces animaux vient l'homme, qui est encore bien plus terrible, et qui depuis longtemps aurait détruit jusqu'au dernier ce surperbe cervidé en Prusse, en Norwège et même en Russie, sans les mesures énergiques qui ont été prises pour sa conservation;

Ce bel animal se tire à l'affût et se chasse au traque. Moins craintif que le cerf, lorsqu'on le manque il court seulement quelque pas et s'arrête; blessé, il attaque l'homme ; celui-ci doit, s'il est à pied, user d'une extrême prudence et chercher vivement un abri derrière un arbre,

le bois de Télan étant une arme terrible et ses sabots des plus dangereux.

On peut à la rigueur, par les fortes neiges, chasser et forcer cet animal avec des chiens courants, mais il faut alors que les chasseurs, pour pouvoir suivre, soient munis de souliers déneige qui les empêchent d'enfoncer. Dans le Nord, les chasseurs, équipés de la sorte, le poursuivent et cherchent à le pousser sur la glace, où ils s'en rendent facilement maitres, parce qu'il ne peut s'y mouvoir sans glisser et tomber, et qu'il est tout-à-fait incapable alors de se remettre debout.

On dit enfin que les Lapons le prennent dans des filets. Il va de soi qu'on n'emploie jamais que la balle franche pour tuer l'élan à crinière.

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LE RENNE RANGIFER

une sauvage est un puissant animal. Il a de l'*70 à long ; la queue mesure (fU et sa hauteur au garot I-IS. Son corps ne diffère de celui du cerf que par grande largeur du train de derrière ; mais le cou te sont plus lourds, plus disgracieux; les jambes urtes, les sabots plus laids. Le bois qui orne sa tête ins grand et moins beau, et celui de la femelle est plus petit et plus divisé. Enfin le renne surtout n'a tort fier du cerf.

ne les élans et pourla même raison d'utilité, ces IX ont des sabots grands, larges, profondément , et leurs ongles rudimentaires touchent le sol. urd'hui l'extrême nord de l'ancien et du nouveau mt est la patrie du renne. On le rencontre à auvage dans les Alpes Scandinaves, la Laponie, la je, le nord de la Sil}érie, le Groenland, et les montais plus septentrionales du continent Américain. Il au Spitzberg, en Islande, et on le trouve aussi en ?e.

mne est, comme le chamois, un véritable enfant des irs. On ne le rencontre que sur ces larges crêtes antagnes du Nord, dégarnies d'arbres, où ne pous- 18 quelques plantes alpines et que l'on désigne sous de Fjelds. Jamais il ne descend jusqu'aux forèls,

qu'il évite soigneusement, même lorsqu'il est contraint de passer d*une cime à une autre. Toutefois, on a cru remarquer qu'il semblait chercher dans les bois un abri contre les graïids froids.

Ces animaux sont très sociables. Ils forment des troupeaux bien plus nombreux que les autres cervidés, et même, à la fin de mai, lors de leur émigration régulière, toutes les bandes se réunissant, c'est par milliers qu'on les voit passer dans le nord de la Sibérie. Quelques rennes néanmoins vivent solitaires ; mais il paraît prouvé que cette exception, fort rare du reste, ne se remarque que chez de vieux mftles bannis du troupeau à cause de leur intraitable caractère.

Les rennes sont admirablement appropriés à l'habitat des pays du nord ; ils y trouvent des marais en été, des champs de neige en hiver, et les larges sabots, dont la nature les a pourvus, leur permettent de courir sur ces surfaces sans trop enfoncer, comme aussi de grimper sur les flancs des montagnes.

La marche de cet animal consista en un pas assez rapide ou en un trot précipité. A l'instar du cerf, il ne fuit que quand une panique saisit le troupeau ou qu'un des leurs a été tué. Aucun obstacle alors ne les arrête, pas même de larges fleuves.

Le renne est très bien doué sous le riipport des sens. Son odorat porte à deux cents mètres au moins de distance ; il a l'ouïe très fine^ la vue réellement perçante, et son toucher très délicat l'avertit dès qu'un insecte se pose sur lui.

Il fait preuve d'une grande prudence et même d'un certain degré de ruse ; il est du reste craintif et méfiant. Sa peur de l'homme, résultat de Texpérience acquise, preuve son intelligence, et ce d'autant plus que, sauf certains carnassiers, tous les autres animaux ne lui inspirent aucune épouvante et qu'il se mêle à eux volontiers.

En été^ le renne, qui parait élre gourmand, se nourrit

de plantes alpines savoureuses, des feuilles et des fleurs de lu renoncule des neiges, d'oseille, de saponaire, etc. En hiver, il découvre avec ses sabots (jamais avec son bois) le lichen dit des rétines, mange les lichens encroûtants qui enveloppent les pierres, et, s'il hante les marais, dévore les bourgeons et les jeunes pousses du bouleau nain. Cest surtout le soir et le matin qu'il vaque à sa nourriture ; pendant le milieu de la journée, il se couche et rumine, de préférence sur la neige ou la glace. On ne sait s'il dort la nuit.

En Norwège, la saison du rut commence à la fin de septembre. Le mâle, dont le bois est alors dans toute sa force, appelle ses rivaux et des batailles longues et acharnées ont lieu; après quoi, le vainqueur satisfait ses feux à l'écart et d'une façon très singulière.

Au printemps, la femelle qui a conçu se sépare du troupeau avec un mâle, qui l'accompagne jusqu'à la mise bas. Elle porte environ trente semaines et n'a jamais qu'un petit, gracieuse créature qu'elle soigne avec tendresse et qu'elle allaite pendant longtemps. C'est alors qu'on rencontre souvent des familles composées d'un mâle, d'une femelle et d'un faon.

Quelques mois après, ces petites fanulles se réunissent en bandes dont les vieux animaux deviennent naturellement les chefs. Chargé de veiller avec soin à la sûreté de la bande, le conducteur, quand tous les autres reposent et ruminent, reste debout, en sentinelle vigilante, et ne quitte jamais sa factit-n sans se faire remplacer. D'autre part, on ne voit point de troupeau paître le long d'une pente se prêtant aux surprises ; toujours il se tient dans des endroits d'où l'on peut découvrir un ennemi de loin.

Pris jeunes, les rennes s'apprivoisent bientôt ; mais ce serait une erreur de les comparer aux autres animaux domestiques, car les descendants mêmes d'animaux, qui sont réduits en captivité depuis un temps immémorial,

sont encore à demi-sauvages, et il faut des bergers et des chiens lapons pour les conduire et diriger.

Lorsqu'on met en présence le renne domestique et le renne sauvage, on a peine à croire que ces animaux des* cendent des mêmes ancêtres, tant le premier semble laid et petit à côté du second ; et cependant, sans le premier, les Lapons, les Finnois, les Sibériens, les Wogoules, les Ostiaques, les Samoïèdes, les Tongouses, les Rorakes, les Tschouktsches, etc., etc., ne pourraient vivre Thiver surtout dans leurs contrées et voyager comme ils sont sou<vent contraints de le faire; les troupeaux de rennes domestiques peuvent seuls en effet leur fournir de la nourriture et des vêtements, et, si ces peuplades en étaient réduites à ne vivre que des produits de leurs chasses, elles risqueraient fort à certains moments de périr de froid et de faim .

Les Indiens, comme les Lapons et autres, tirent un bon parti du renne sauvage : avec les boyaux et les os, ils font des lignes, des cordes, des filets et des hameçons ; ils se servent aussi des os fendus pour enlever la peau, la viande, la graisse et les poils ; ils tannent le cuir, en le fumant avec du bois pourri, pour en confectionner des tentes et se font des habits de la molle dépouille des faons. S*ensevelissant des pieds à la tête dans une peau de renne, ils se couchent sur une autre légèrement tannée qu'ils étendent sur la neige, se recouvrent avec une troisième et résistent ainsi aux froids les plus rigoureux. Pour ne rien perdre de ce précieux animal, ils cuisent le sang et en font de la soupe; ils cuisent également les os après les avoir pilés, mêlent la moelle à de la graisse ou de la viande séchée, ou bien ils s'en frottent le visage et les cheveux.

La venaison du renne vaut celle du cerf et de Télan ; il va de soi que les jeunes sont plus tendres et plus succulents que les vieux.

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