CHASSE DU CÉPHALOPHE RASEUR
c De tous les antilopidés qui, dans le sud et Test de l'Afrique, au Gap et dans rAbesch, habitent la lisière des forêts, le raseur est le plus commun, quoiqu'on ne le rencontre jamais qu'isolé.
c A l'approche de Thomme ou d'un autre ennemi, il reste au gîte, immobile comme une statue, jusqu'à ce qu'il croie avoir été aperçu ; alors il s'élance, fait quelques crochets, franchit les buissons, s'y glisse, rase le sol, et, quand il pense avoir échappé aux regards, il rampe silencieusement dans les broussailles ou dans les hautes herbes. On croirait qu'il a complètement disparu, qu'il s'est tapi quelque part et on se tromperait, car il continue son chemin sous les feuilles pour se procurer une certaine avance et fuir après au plus vite.
« Le chasseur le plus habile, le chien le plus rusé, s*y laissent prendre souvent ; mais si on a pu suivre ses allures et découvrir l'endroit où il s'est réfugié, il devient facile alors de l'approcher en se tenant à bon vent.
« Il faut toutefois bien tirer le raseur pour l'avoir; quelque petit qu'il soit, il supporte une forte charge de plomb. L'emploi de la balle franche est bien difficile, à cause de ses crochets rapides et irréguliers qui déroutent le chasseur.
€ Souvent, après avoir essuyé un coup de feu, l'animal s'enfuit rapidement comme s'il n'avait pas été atteint; mais bientôt il s'arrête subitement, ce qui fait reconnaître qu'il a été touché. On a vu du reste des antilopes blessés
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mortellement courir un certain temps comme si de rien n'était.
■ Un chien ordinaire peut atteindre le céphalophe raseur à la course. Bien des fois, dit le capitaine Drayson (1), un vieux chien d'arrêt, mon compagnon habituel de chasse, m'en prenait et les maintenait jusqu'à mon arrivée. »
(1) Les amateurs de plus amples d<^tails peuvent lire av fruit Le» Chasses dans Icsud de l'Afrique. Cet ouvrage du c pitaiiiG Dray.-ion a été imprimé en Aiigleteri-c.
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:ÉPHALOPHE DE HEMPRICH
Sn décrivant les mœurs et la chasse de cet animal, nous ons du même coup l'histoire des trois autres espèces, Inès comme lui, savoir : l'antilope des buissons, l'anti- « nain des colons hollandais du Cap, et une espèce qui en Guinée. Ces charmantes petites bêtes ne diffèrent tr'elles que par les cornes.
I Le céphalophe de Hemprich, leBeni-Israël ou Atro des abes, est, au dire de Brehm, un des ruminants les plus gants qui existent.»
Le mâle a de petites cornes moins longues que les oreil- ;; leurs pointes recourbées en avant sont cachées parla ppe très fournie. Le corps est assez ramassé, les jambes longueur moyenne, la queue réduite à un moignon. La be ressemble à celle du renard; enfin les cornes, les bots, les fossettes lacrymales sont noirs, ainsi que le urtour des oreilles.
Ces animaux se trouvent dans toute l'Abyssinie, depuis côte jusqu'à une altitude de 2,000 à 2,300 mètres ; comme i espèces de ce genre, ils tiabitent les buissons si abonnis en Afrique. Bien qu'ils préfèrent les vallées aux >ntagnes, on les voit rechercher surtout les bois qui rdent les torrents, où les massifs d'euphorbes et de
mimosas épineuses sont reliés par un lacis serré de lianes. Ils y trouvent une retraite commode et sûre, ainsi que des feuilles en abondance. Du reste, là où poussent des herbes vertes et succulentes, il est bien rare de ne pas les rencontrer.
Le Beni-Israêl vit avec sa femelle, parfois avec un petit, jamais en troupe. Chaque paire semble rivée à Fendroit qu'elle a choisi pour demeure ; elle y revient toujours après une poursuite.
La principale nourriture de tous les céphalophes doit être fournie par les mimosas, dont ils dévorent les petites feuilles, les bourgeons et les jeunes pousses. Pour peu du reste que les troncs soient inclinés, ces agiles créatures les escaladent sans peine.
On n*a pas encore de données bien précises sur la reproduction de ces animaux ; tout ce que Ton sait se borne à pouvoir affirmer que vers la fin de mars on ne tue que des femelles pleines, qu*en avril on voit des jeunes avec les parents, et enfin qu'à l'époque du rut le mâle et la femelle, qui sont inséparables, combattent ensemble tout galant qui se présente.
En Europe, il est bien rare de voir des céphalophes vivants ; ce n'est qu'au Cap ou dans d'autres parties de l'Afrique qu'on peut conserver ces enfants du soleil. Pris jeunes, ils s'apprivoisent très vite, mais ils ne dépouillent jamais leur timidité naturelle. On les nourrit facilement avec du pain, des carottes, des pommes de terre, du fourrage ; ils ne détestent ni les fruits ni les fleurs et aiment le sel ; quant à l'eau, elle leur est indispensable.
La chair du Beni-Israël ne manque pas de goût, mais elle est un peu dure et vaut mieux bouillie que rôtie. Le capitaine Drayson recommande le foie comme le meilleur morceau ; c'est, dit-il, un régal délicieux.