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CHASSE DES BENI-ISRAEL

Le léopard est, après l'homme, l'ennemi le plus redoutable des céphalophes. En Abyssinie, ce félien recherche surtout les fourrés qui les abritent^ et comme ils y sont toute la journée en mouvement, le matin et le soir principalement, c'est à ces heures favorables qu'il rôde en silence ou affûte près de leurs retraites.

Dans le sud de l'Afrique, le serval, dans le Soudan, le chat ganté, poursuivent avec ardeur ces timides animaux, sans compter les chacals, renards et chiens sauvages, et même l'aigle.

Les indigènes, dans l'Habesch, ne capturent vivants que les jeunes nouveau-nés. Quant aux adultes, les Caffres les prennent avec des lacets ; comme ils ne veulent que leur venaison, ils recourbent un arbre en y attachant un nœud coulant disposé sur la passée habituelle de l'animal, qui engage son cou, abat la marche et se voit pendu à une hauteur assez grande pour être à l'abri des carnassiers rôdeurs.

Voici venir maintenant les chasseurs au fusil, tous Européens, cela va de soi, et alors il nous faut laisser la parole au capitaine Drayson :

« Au commencement, dit- il, le chasseur européen a de la peine à apercevoir ce petit animal, qui n'est guère plus grand qu'un lièvre; mais, une fois qu'on connaît ses mœurs et ses habitudes, on est sûr de le trouver. Il faut un œil prompt et bien exercé pour découvrir l'antilope nain, tant sa robe se confond avec la teinte du fourré. On voit s'agiter quelques branches et la bête a disparu avant.

« A la longue, Toeil se fait. Quand alors on examine attentivement les buissons, en portant surtout la vue sur les endroits sombres, il est bien rare qu'on ne découvre pas rélégant enfant de la forêt ; car c'est à ces places qu'il s'arrête lorsqu'il est effrayé.

< Ses sens très développés, son odorat subtil, lui permettent de percevoir l'approche de l'homme bien avant d'en être vu. Au moindre bruit, le mâle se lève^ écoute, va vers une place dégarnie, reste immobile et regarde l'ennemi qui avance. La femelle le suit de près et le laisse veiller à la sûreté commune. Le danger semble-t-il se rapprocher, il reste comme pétrifié ; si au contraire le péril vient à s'éloigner, on voit l'animal se coucher, ramper lentement et silencieusement, rentrer sous bois pour sortir à l'opposite, s'élancer dans l'endroit le plus clair semé, décrire un arc de cercle autour de son ennemi et finalement retourner à sa cachette.

< Si le chasseur ne lire pas, si aucun chien ne se montre, le couple levé part au petit trot. Avant de prendre la fuite, le mâle pousse un fort soupir; il en exhale six ou huit si on le manque ou s'il n'est que blessé. Le céphalophe généralement ne fuit pas bien loin ; après quelques bonds énormes qu'il exécute les pattes dede vaut fléchies contre le tronc, celles de derrière et la tête étendues, on ne le voit jamais se sauver vivement à plus de trois ou quatre cents mètres. C'est le moment où l'aspect de cet animal est tellement modifié que Ton croit quelquefois avoir affaire à un lièvre ; mais, avec un peu d'expérience, on ne s'y trompe plus.

« Une fois qu'on connaît bien les allures des Beni-Israèl, il est facile de les chasser avec succès. A deux, on n'a point à se donner beaucoup de mal. L'un suit les fugitifs tandis que l'autre reste auprès de leur gîte. Souvent alors le premier, et toujours le second, trouvent à tirer. Dans ce cas, les chiens sont bien plus nuisibles qu'utiles.

« Lorsque les chasseurs sont assez nombreux pour gar-

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suffisamment un grand demi-cei-cle, ils font battre leE ssons par des traqueurs accompagnés de ctiiens, el ntôt les céplialopties se voient contraints d'essuyer le

des tireurs. Si, dans ces traques, od veut ménagei

femelles, surtout les Temelles pleines, rien n'est plus J ; car le mâle, de taille plus élevée, a un port plus fiei e présente d'ailleurs toujours le premier.

Au début, je me servais de la carabine ; mais je ne [lai pas à lui substituer le fusil à deux, coups, ayani Dnnu bien vite qu'avec du gros plomb il était facile, è ite ou quarante mètres, de rouler le Beni-Israël, alors k balle franche il fallait viser par trop habilement. ■ * capitaine Drayson a poursuivi encore le scopophorc ébi, un antilopidé presque de la taille du chevreuil,

se tient volontiers au voisinage de l'homme et que l'on £se comme le Beni-lsraëlj il recommande expresseat de le tirer toujours à balle franche, parce que les ssés, allant bien moins loin, n'échappent pas à la vue ant que les victimes du gros plomb et sont dès lor£ ins faciles à perdre.

L'OREOTRAGUE SAUTEUR

C'est le sassa des Abyssins, le klippspringer ou riebbok ries colons du Gap ; il ressemble au chamois et plus encore à certaines petites espèces de chèvres.

Sa longueur totale est d'environ 1-00; sa hauteur au garot dépasse rarement 0"65.

11 a le corps ramassé, des jambes basses et lourdes, de grands yeux, des sabots qui s'écartent largement. Le mâle porle des cornes noires, verticalement dressées. La couleur du pelage est semblable à pelle du chevreuil; les poils en sont grossiers, cassants et très serrés.

Cette espèce, que l'on croyait propre au cap de Bonne- Espérance, se trouve aussi en Abyssinie.

lïlle habite les hautes montagnes du pays des Bogos, à une altitude de 600 à 2,000 mètres. Au Cap, elle préfère les montagnes de grès. Dans l'Habesch, on la rencontre à peu près partout, quelquefois même dans les vallées.

Les sassas vivent d'habitude par paires, parfois avec leur petit, et assez souvent deux couples se réunissent. Par le beau temps, on les voit sur (es hauteurs, d'où la pluie seule les fait descendre. Chaque groupe demeure invariablement fidèle à l'endroit où il s'est établi.

Cet animal se nourrit de mimosas, d'herbes, de plantes alpines succulentes, et va au gagnage dans la matinée et l'après-midi. A c«s heures-là, il disparait complètement

au milieu des hautes herbes et des buissons d*euphorbes, où il est impossible de le découvrir, tandis qu^aux autres moments de la journée on peut Tapercevoir sur les rochers élevés, à plus d'une lieue de distance, gt*ftce à la pureté de Fair dans ces réglons. Il circule d'ailleurs à travers les montagnes abruptes avec la même agilité, la même adresse et la même sûreté de pied que le chamois dans les Alpes.

On est à peu près certain qu'il met bas au commence* ment de la saison des pluies, et encore ne le sait-on que par les Abyssins pour l'Habesch.

L'oréotrague vivant n'a pas jusqu'ici été amené en Europe; c'est bien fâcheux, dit Brehm, car il est presque certain qu'il pourrait s'acclimater dans nos montagnes.

On ne trouve pas de sassas captifs dans l'Habesch ; seuls, les Betschuanas, croyant que les cris de cet animal attirent la pluie, tâchent, lorsqu'ils souffrent de la sécheresse, d'en attraper un, et le martyrisent de cruelle façon pour faire tomber de l'eau sur leur sol brûlant.

On le chasse dans l'Habesch, pour se procurer sa viande, quand on a un fusil et qu'on sait s'en servir; quoique un peu sèche, elle est réputée excellente. Au Cap, on utilise sa peau dont on fait des coussins, des selles, etc.

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