CHASSE DE L'ADDAX A NEZ TACHÉ
Parmi les nombreux ennemis de l'addax, sans compter rhomme, figurent au premier rang les lycaons ou cin-hyènés tachetées qui attaquent les adultes; quant au chacal, il n'est dangereux que pour les jeunes.
Les Aschiachs, ou chefs des Bédouins, regardent l'addax comme un des plus nobles gibiers. Ils le chassent pour sa venaison, pour mettre à l'épreuve la rapidité de leurs chevaux et de leurs lévriers, pour s'emparer des jeunes qu*ils élèvent en captivité.
Les nobles seuls, qui s'intitulent chevaliers, sont montés, et leurs serviteurs suivent sur des chameaux. Ces grands seigneurs, réunis au nombre de douze k quinze, installent d^abord les femmes et les enfants à peu de distance des
terrains fréquentés par les addax, et viennent ensuite les rejoindre avec leurs tentes, les serviteurs nécessaires, les lévriers, et môme avec leurs faucons.
Le campement établi, on part à la découverte. Les chas« seurs aperçoivent-ils une troupe d*addax, ils cherchent à f ftpproetier sans être vus. Arrivés à une certaine distance, les domestiques sautent à bas des chanr)eaux et tiennent les lévriers par la gtieule pour les empèoher d*aboyer. Ils leur montrent ensuite le gibier et les lâchent.
Aussitôt ces nobles bêtes partent comme des flèches; les cavaliers suivent en les excitant et les acclamant ou les gourmandant, selon qu'ils gagnent ou perdent du terrain sur les antilopes. Un bon lévrier atteint ranimai après un parcours de douze à seize kilomètres, tandis qu'un mauvais ne peut y parvenir qu'au bout de huit à dix lieues. Aussi faut-il voir avec quelle satisfaction enthousiaste le chien le plus vite est acclamé par son maitre !
c Dès que cet animal a rojoint le troupeau, la chasse devient des plus attrayantes. Le lévrier saute sur la plus belle pièce, non pas aveuglément, mais avec prudence et légèreté. L'addax cherche à échapper, fait des crochets, bondit par dessus le chien, retourne en arrière. liC lévrier lui coupe toujours la retraite et approche de plus en plus.
€ L'addax s'arrête ; il baisse les cornes, mais en vain ; à ce moment même le lévrier Ta saisi à la nuque et jeté bas; alors, en quelques coups de dents, il lui ouvre les carotides.
ff Les Arabes se précipitent en poussant des cris de joie, mettent pied à terre et coupent la gorge de l'animal pour que le sang s'écoule conformément aux prescriptions du Koran. Sans cela, aucun d'eux n'oserait manger de la victime.
« Ces chasses, dans lesquelles on s'empare toujours de quelques jeunes, durent souvent plusieurs semaines. On campe où l'on peut, près de l'eau ; les chameliers prévenus
apportent les prises qu*on rôtit en plein air, sans ménager le sel et les épices ; mais, avant de festoyer, les chevaliers ont eu, chaque jour, la galanterie d*envoyer à leurs femmes et à leurs enfants un chameau chargé d'un addax.
« C'est la saison des pluies qui est la plus favorable pour cette chasse^ par la raison que, le sol étant humide, Tanti'lope ne peut courir aussi vite et aussi longtemps, à cause de la terre qui s'attache à ses sabots. »
PORTAX NILGAU
loignt des antilopidés pour ressembler aux } seul esl pourvu de cornes courtes, aiigunneaux, attachées à la crête frontale, un m avant, offrant à la base un petit prolon- ,eux qui simule un commencement d'anifle est ample et les larmiers sont protspèce connue jusqu'à ce jour est le Nilgau. jI a plus de S'-OO de long et I^SO de liau- :st remarquable autant par son port que gris-brun foncé à reflets bleuâtres; il le sorte la transition entre le bœuf et le
ides orientales et le Kasclmiir, surtout le et Lahore. Rare sur les c6tes, il est plus intérieur des terres.
: peu de chose des mœurs du nilgau. Il vit U)uplessur la lisière des jungles, au milieu '. se hasarde point à cause du tigre. Les le trop doivent mener une existence solil'époque du rut, ils livrent de si furieux rivaux, pour la possession des femelles, is en perdent la vie.
mis de cet animal sont très singuliers, me, il marche comme tous les autres anti-
lopidés; mais, s*il est excité, on le voit courber Téchine, rentrer le cou et s'avancer avec lenteur en louchant, jetant des regards sombres et méchants, tenant la queue entre les jambes, tandis qu'en pleinç fuite il la porte relevée et a un air fort noble.
Ce n'est que de bon matin ou après le coucher du soleil qu*il vaque à sa nourriture. Il est très détesté dans les plantations, non pas pour c^e qu'il y mange, mais pour les dégâts qu'il fait, par suite des soins ruineux qu'il apporte dans le choix des choses qu'il veut absorber.
Dans l'Inde, le rut a lieu en mars-avril, et la femelle met bas en décembre, après huit mois de gestation.
Pris jeune, le nilgau s'élève facilement. Aujourd'hui on le trouve dans presque tous les jardins zoologiques, où il se reproduit si bien qu'on a déjà pensé à l'acclimater dans les forêts d'Europe.
CHASSE DU PORTAX NILGAU
Le nilgau est le plus rageur, le plus méchant et le plus résolu des antilopidés. Lorsqu'on le poursuit. Use retourne furieux contre le cavalier, s'avance en criant de colère, se précipite sur lui et cherche à le tuer d'un coup de corne. Les blessures qu'il fait alors, parfois mortelles, sont toujours extrêmement graves.
Cestavec une très grande passion que sa chasse se pratique dans rinde. Les seigneurs du pays lèvent à cet effet de véritables armées (plusieurs milliers aThommes), qui parcourent les terrains propices et qui leur rabattent ce
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beau gibier, ce qui fournit à ces nobles indigènes, non sans risques toutefois, l'occasion d'accomplir en toute commodité des actions d'éclat que célèbrent les poètes et les flatteurs officiels.
Il est bien rare que, dans ces traques grandioses, on ne constate pas quelques victimes parmi les rabatteurs à pied, sans compter les chevaux que blesse ou tue l'animal en fureur ; mais aucun de ces divers accidents, qui du reste sont prévus à l'avance et admis, n'est capable d'occasionner la moindre interruption dans la poursuite enfiévrée des nilgaus. Nous ne savons même point si la blessure grave d'un des grands chefs ferait suspendre la chasse, au moins pour quelques minutes.
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