LE CATOBLEPAS GNOU
■ A la Un de la riche famille des antilopid^s, on trouve un des ruminanls les plus curieux: un mélange d'antilope, de bœuf, de clieval, une vraie caricature de tous ces animaux si gracieux et si nobles ; c'est le gnou, dont on a Tait, avec juste raison, le type d'un genre particulier. Quand on voit, dit Brelim, pour la première fois cet animal, on se demande quelle bête ce peut bien être : on dirait un cheval à sabot fendu et à tête de taureau, et ses habitudes sont aussi singulière que ses formes. Il ne saurait du reste élre cité comme un bel animal, quelque élégantes qu'en soient les diverses parties envisagées s('parérnent. •
Le gnou {wiidebeesl des Hollandais), de la taille d'un poulain d'un an, a environ 2"'00 de longueur, non compris la queue mesurant nue O^oO et avec ses poils terminaux 0"66àO-98.Sa hauteur au garol est de 1"'15. La femelle est plus petite. Les cornes, cliez les deux sexes, sont aplaties, recourbées d'abord en bas, puis en dehors, toujours plus fortes du reste cliez le mâle. Les nouveau-nés en sont dépourvus, mais ils ont déjà la crinièi'eet la touife du cou.
Tous ces animnux habitent le sud de l'Afrique, jusque vei-s l'équateur. Très communs jadis au Cap, ils en ont presque disparu ; on les trouve en nomtjre aux pays des Hotlentots.
Par suite du manque de nourriture, des émigrations ont lieu chaque année sur certains cantons moins brûlés par le soleil.
Les gnous sont très agiles et admirablement doués pour vivre dans les grandes plaines. On ne peut les dire timides, car ils sentent leur force et ne manquent certes pas de courage; on devrait plutôt les prendre pour des fous; ils en ont le regard, et leur intelligence laisse fort à désirer. En revanche, la vue, l'ouïe et l'odorat semblent remarquables.
Les mouvements de cet être à aspect fantastique sont vraiment curieux. II va d'ordinaire à l'amble, même lorsqu'il galope. Ses allures sont toujours rapides. Il se montre en même temps gai, enclin à jouer et à lutter avec courtoisie, plus que nul autre ruminant. Si un combat sérieux vient à s'engager, la femelle fait preuve d'autant de courage que le mâle.
On ne sait rien au sujet de sa reproduction, pas même si la femelle a un ou deux petits par portée.
Les vieux catoblépas se comportent en captivité comme des fous; les jeunes perdent un peu de leur sauvagerie, mais demeurent indifférents aux caresses de leurs maîtres. Ce serait peine perdue que de faire des essais d'acclimatation de ces animaux dans n'importe quel pays.
On mange avec plaisir la chair du gnou, qui est tendre et succulente. De sa peau, on fait du bon cuir, et de ses cornes on fabrique des manches de couteaux ainsi que divers autres objets utiles.