CHASSE DU CATOBLÉPAS GNOU
Les Hottentots s'approchent en sournois le plus près possible du gnou et le tuent avec des flèches empoisonnées. Quant aux Cafres, ils le guettent derrière des buissons et, à bout portant, ils lui percent le cœur d*un trait ou d*un coup de lance.
Ce n'est que bien rarement que les indigènes parviennent à prendre des gnous aux collets ou dans des fosses.
Cet animal courant très vite et longtemps, il faut, pour le joindre et le tirer dans de bonnes conditions, que le chasseur ait une monture rapide et fort vigoureuse.
Les gnous pourchassés se comportent comme les taureaux ; à leur instar, ils relèvent la tête, se baissent, ruent avant de s'enfuir et considèrent leur ennemi. Le plus souvent ils ne se dérobent pas, alors même que plusieurs d'en, treeux ont été tués. Un troupeau laisse parfois approcher le chasseur jusqu'à une faible distance sans penser à fuir. Toutefois le bruit de la détonation les effraie beaucoup et leur fait faire les bonds les plus drôles, avant d'effectuer une prompte retraite et même souvent de se diviser.
Poursuivi à outrance et forcé, le gnou se retourne, fond sur le chasseur et cherche à le tuer à coups de pied et de cornes. Les retours offensifs de l'animal aux abois sont en réalité bien plus dangereux pour la monture que pour le cavalier ; celui-ci cependant court alors des risques sérieux, qu'il ne peut éviter que par son adresse, sa prudence et son sang-froid.