‹ Les chasses du globeChapitre 68 sur 206 · CHASSE DU BUFFLE · texte numérisé non relu

CHASSE DU BUFFLE

« Les Africains ne paraissent pas tendre aux baffles des pièges, soit pour amener leur mort, soit pour les captu* rer vivants; mais, d'après Stoltz, il n*enest point de même dans les Indes où, pour prendre les buffles déjà vieux, on entoure un certain espace d'une palissade à laquelle on

ménage une entrée. Cela fait, on dispose à partir de Ten* trée, sur deux lignes formant un angle assez ouvert, des iiommes qui Juchés sur des arbres, tiennent dans la main des faisceaux de bois sec et font grand bruit dès qu un trou^ peau de buffles s'engage au milieu d'eux. Ces animaux, que ce tapage épouvante, pénètrent dans Tenclos, où op les prend avec des lassos. Après leur avoir bandé les yeux et boucl)é les oreilles, on les fait travailler ou combattra avec d€^ tigres, dont ils sont vainqueurs d'ordinaire, f

Slqltz^ dans ce racontage, a oublié de dire qu'il ne s'agit là que de buffles ordinaires, qui vivent dans l'Inde à l'état sauvage. Il nous est donc permis de croire que le bufile Kérabau ne serait pas d'aussi bonne composition, et que ses congénères africains pourraient bien l'être enr core moins.

En Afrique comme aux Indes, on chasse le buffle malgré les dangers que présente l'attaque de ce redoutable animal.

« La piste du buffle, dit le capitaine Drayson, ressemble à celle du bœuf; les sabots d'un vieux sont très écartés; ceux d'un jeune sont au contraire assez serrés. La trace de la femelle se montre plus longue, plus étroite, plus faible que chez le mâle.

o Le chasseur suit ces animaux quand, le soir, ils se rendent en plaine. La nuit, ils errent hors des bois où ils retournent au jour; on peut donc suivre le pas et les approcher de fort près. Dès qu'il voit des pistes toutes récentes, il doit attendre jusqu'à ce que l'animal trahisse sa présence par quelque bruit. Cela ne tarde guère, car il a l'habitude de se tourner et de se retourner longtemps avant de se mettre à la reposée. Si alors le chasseur a bon vent et s'il avance sans le moindre bruit, il peut faire feu en choisissant avec soin l'endroit où sa balle frappera.

f Quoique blessé grièvement, voir même mortellement, un vieux buffle reste rarement sur place. Il faut alors le

suivre à la piste, si on veut l^achever ; mais on doit redoubler de précautions pour l'approcher à nouveau, car cet animal n*est pas seulement méchant et furieux, il se montre encore très rusé. Guettant le chasseur, il essaie de le surprendre, soit par derrière ou par côté et, s'il y parvient, c'est la mort ou tout au moins de terribles blessures.

Pour venir à bout de ce terrible animal si vivace, il faut des armes puissantes et des projectiles très durs.

Un chasseur renommé de Natal, au moment d'achever un de ces animaux, l'entendit pousser un cri de douleur. A ce signal, tout le troupeau déjà en fuite vint au secours, et l'homme dut exécuter une très prompte retraite. Jamais, disait-il au capitaine Drayson, je n'avais vu pareille chose, ^e buffle restant d'habitude silencieux, lors même qu'il est blessé.

Page 1